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retraité, passionnée de vie associative, ex administratrice de l'admd, ex déléguée de l'admd Hérault et Creuse,
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Billet de blog 8 mars 2014

quelle différence entre aavivre et les assoc déjà existantes militant pour une fin de vie choisie ?

jacqueline salenson
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On me pose la question : quelle différence entre aavivre et les assoc déjà existantes militant pour une fin de vie choisie ?

 MON analyse (7 ans d'admd, déléguée 6 ans en 34 et 23 et administratrice  de 2009 à 2013), critiquable évidemment !

L’admd, loin des propositions initiales de sa création,  prend désormais pour Bible (terme employé par un délégué) la proposition de loi de l’admd votée en AG il y a bientôt 4 ans, qui suit la loi Leonetti en parlant seulement de cas de maladie grave et incurable et ajoute seulement cas de dignité non respectée (trop vague, le mot dignité est employé avec des sens différents pour les fanas de la distinction humain/animal et ceux qui pensent l'être humain un animal parmi d'autres), 

Cette proposition oublie les vieux et surtout les vieilles (en grand nombre pourtant dans les plus mauvaises fins de vie), ceux ou celles qui ont plusieurs maladies incurables mais pas mortelles séparément (ce que comprennent les médecins par “grave”) dont seule l’accumulation rend la vie insupportable pour certains. 

L'admd persiste à entretenir la guerre entre pro et anti euthanasie alors que les “anti” ne donnent pas le même sens au mot euthanasie que nous: dialogue de sourds et agressivité dérangeante pour obtenir satisfaction (politique du président)

euthanasie :

  • pour nous

le sens grec de mort douce et très rapide, choisie par l'intéressé-e ou accidentelle (quelques heures maximum),

  • pour eux :

un meurtre qui, même sous prétexte de compassion, reste un meurtre, mort décidée par le médecin, qui ne peut évidemment pas accepter çà.

Ils acceptent à la rigueur les sédations pourvu qu'elles ne puissent pas être confondues avec l'intention de tuer (meurtre pour la loi française, code pénal), donc qu'elles durent assez longtemps (de 24h à 6 semaines environ, voire plus)

Elle dit s'occuper de ceux qui veulent décider de leur mort (suicide en quelque sorte), mais (contradiction) soutient la loi Leonetti qui sert de base à ses directives anticipées modèle, qu’elle demande désormais à tout nouveau adhérent de remplir immédiatement (pour faire nombre) , sans précision personnelle nécessitant de la réflexion et du temps, et rendant seule ces directives libres, alors que le simple modèle admd rempli n’est évidemment pas le papier libre demandé par la loi.

Faut-il écrire dans nos directives qu'on demande l’application de la loi? ... ou donner nos idées sur notre façon de voir notre vie? les techniques médicales qu’on accepte ou pas, alors qu’on est “foutu”? À chacun de décider.

Elle dit garantir à ses adhérents le respect de ses directives, ce qui est faux car impossible, la loi donnant la décision de tout acte au médecin responsable. On peut tout juste essayer de convaincre...

ultime liberté” se veut complémentaire à l’admd et s’occupe principalement des demandes d’aide au suicide, travaille avec la Suisse.  De même pour le “mouvement libre choix”, plus confidentiel et parisien.

AAVIVRE … sa fin de vie

Nous avons fait le choix de nous occuper de toutes les fins de vie, de débattre avec tous les acteurs de santé, pour de nouvelles lois de santé respectant le citoyen, la citoyenne, que ce soit

  • pour ceux qui souhaitent des prolongations que nous trouvons déraisonnables, que la loi exclut! (en théorie... , la pratique est trop souvent contraire!), et qu’on pourrait payer collectivement sous la condition que la personne accepte d’être cobaye pour la Science (ce que sont le plus souvent les états végétatifs, pour lequel l’autorisation donnée est absente actuellement, en général! ce qui est scandaleux pour moi)

  • pour ceux qui veulent seulement mourir sans souffrir et sans prolongations inutiles (loi Leonetti), chez eux ou à l’hôpital, pas particulièrement pressés, ni ne voulant décider de la date de leur mort ou

  • pour ceux qui veulent pouvoir décider qu’ils quitteront la vie lundi à 12h (c’est un exemple) avec leurs amis ou famille autour d’eux (ou pas): suicide accompagné, assisté ou pas, par un médecin ou une autre personne, avant donc de perdre leur conscience, et à défaut, s'ils ont perdu leur conscience, d'être aidé à mourir selon leurs vœux clairement exprimés précédemment par une mort-délivrance très rapide provoquée et accompagnée.

Nous faisons le choix -difficile- de vouloir RÉUNIR les points de vue opposés:

pour cela il suffit de rendre les directives anticipées opposables aux médecins, donc de suivre la volonté du citoyen sur sa vie (proposition du Pr Sicard).

Les médecins n’ont aucune raison de croire que leurs intentions sont meilleures que celles de l’intéressé(e) pour lui-même, ni de penser que toute personne âgée ne sait plus ce qu’elle dit. Même avec des pertes de mémoire, la conscience peut demeurer.

Condition évidente: que la personne ait écrit précédemment ses volontés (et nommé son mandataire, personne de confiance), nécessaire dès 18 ans (âge de la majorité légale) : on meurt malheureusement à tout âge... donc

Nécessité d’éduquer la population à exprimer ses voeux par rapport à une fin de vie en relation presque obligatoire avec le système de santé et d’éduquer les médecins à encourager cette expression, que leurs clients aient ou non la même opinion qu’eux, il est évident que toutes les opinions doivent être admises.

Nécessité d’éduquer les médecins à appréhender la mort et ce qui la précède, à avoir accès aux médicaments utiles, pour que tout généraliste puisse accompagner son client jusqu’à la mort, avec soins palliatifs chez lui (ou ailleurs), que les soins palliatifs ne soient pas une spécialité mais un savoir de tous les médecins : culture palliative.  

Evidence aussi : un médecin ne pourra jamais aider à la mort de quelqu’un pour lequel la vie a encore une certaine qualité: communication sensée, parlée, mouvement... ceux dont on dit parfois qu’ils veulent se suicider en bonne santé... je n’en ai jamais rencontré ! et pourtant j’ai une grande expérience - 60 ans- des fins de vie.

On sait que certains dépressifs souhaitent le suicide, c'est une maladie, reste à voir s’ils sont guérissables ou incurables? c’est du ressort des médecins, chaque cas est différent. 

On confond encore santé et maladies à tort, on peut être en mauvaise santé sans maladie-s au sens strict médical, qui exclut tout ce que la Science n’explique pas: cause, effets.

Le gouvernement a inventé les ARS agences régionales de santé, des politiques de « santé » depuis déjà pas mal d'années... santé et non pas maladies ... la santé venant non seulement de la médecine officielle, mais avant tout des conditions environnementales sociales et familiales, conditions de travail, pollutions et habitudes alimentaires, de la génétique, de l'hygiène, avant tout soin pour maladie déclarée et même prévention par analyses et vaccins.

Restons dans cette optique de SANTÉ et non plus de maladies graves ou pas...

"la santé est un état de complet bien être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité".

Définition de l'OMS en 1946, relayée par la convention européenne des droits de l'homme.

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