Présumé coupable : la mauvaise farce continue

Le film « présumé coupable » de Vincent Garencq et Christophe Rossignon avec Philippe Torreton est à nouveau programmé par France 3. Il l'avait déjà été le 8 septembre 2011, et France 3 n'avait pas hésité à le présenter dans ses programmes comme un documentaire ce qui est une faute de déontologie, voire d'honnêteté. Parce qu'il s'agit en réalité d'une pure fiction fondée sur le livre d'un ancien accusé et qui est très éloignée de la réalité de l'affaire d'Outreau.

Le film « présumé coupable » de Vincent Garencq et Christophe Rossignon avec Philippe Torreton est à nouveau programmé par France 3.

 Il l'avait déjà été le 8 septembre 2011, et France 3 n'avait pas hésité à le présenter dans ses programmes comme un documentaire ce qui est une faute de déontologie, voire d'honnêteté. Parce qu'il s'agit en réalité d'une pure fiction fondée sur le livre d'un ancien accusé et qui est très éloignée de la réalité de l'affaire d'Outreau.

France 3 récidive : rien dans l'annonce du film ne laisse entendre qu'il s'agit d'une fiction. La chaîne se montre donc partisane et fait en sorte d'entretenir le mythe. Dans quel but ?

Ce film est conçu pour révolter et il y parvient. Il n'est que de se souvenir de l'effet qu'il a produit sur Bertrand Tavernier qui a dérapé lors d'une émission « C à vous » de France 5 au cours de laquelle il a déclaré « Quand vous voyez le film, je ne suis pas pour la peine de mort, mais c'est quelqu'un que vous avez envie d'exécuter, le juge d'Outreau ».

Cela lui a valu un procès qu'il a naturellement perdu et il a été condamné à une amende.

Voir le compte-rendu de l'audience sur Village de la Justice

La ligne de défense de Bertrand Tavernier s'articulait sur le fait qu'il aurait eu une réaction à l'encontre d'un personnage de film de fiction et non à l'encontre d'un magistrat bien réel en la personne de Fabrice Burgaud. De leur côté, Vincent Garencq et Christophe Rossignon, la main sur le cœur, ont défendu leur liberté de création et les libertés qu'ils ont prises en vue de cette fiction.

Il reste qu'ils n'ont pas changé le nom du magistrat du film, arrangé pour être le plus odieux possible, et c'est donc bien la personne de Fabrice Burgaud qui est injustement offensée dans l'histoire.

C'est d'autant plus pervers que nombre d'articles présentent le film comme l'histoire véridique de l'huissier de l'affaire d'Outreau, ce qui se fait en toute connaissance de cause – à moins que les auteurs des programmes cinématographiques et télévisuels soient totalement incompétents. Il s'agit dont une fois de plus d'un mensonge qui vient encore alimenter la mauvaise farce que constitue l'histoire de l'affaire d'Outreau telle que le public croit la connaître.

Voir éventuellement les documents de ce dossier pour les chercheurs

ou le blogde Caprouille

Lire aussi (ajout du 07 sept)

Jonathan Delay, victime dans l'affaire d'Outreau, s'insurge contre la diffusion sur France3 du film mensonger «Présumé Coupable»


De Frédéric Vallandré :

Présumé coupable, quand le cinéma réécrit l'affaire d'Outreau

 

et de Marie-Christine Gryson :

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Les conséquences désastreuses du film « Présumé coupable »

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