Jacques Cuvillier
Abonné·e de Mediapart

96 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 sept. 2012

Jacques Cuvillier
Abonné·e de Mediapart

L'autorité parentale de Myriam Badaoui et Thiery Delay

Mon précédent billet «  Le scandale caché des enfants d'Outreau exilés puis administrativement bannis » a suscité des commentaires, mais aussi des réactions qui me sont parvenues directement ou indirectement. Je suis donc amené à apporter quelques précisions qui me paraissent indispensables.

Jacques Cuvillier
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Mon précédent billet «  Le scandale caché des enfants d'Outreau exilés puis administrativement bannis » [1] a suscité des commentaires, mais aussi des réactions qui me sont parvenues directement ou indirectement. Je suis donc amené à apporter quelques précisions qui me paraissent indispensables.

Il est bien évident que cet article n'est pas tourné contre les personnes qui, faisant partie des travailleurs sociaux du Conseil Général du Pas-de-Calais, pourraient éventuellement avoir le sentiment d'être mises en cause. Nombre d'entre elles ont fait avec compétence et conscience professionnelle ce qu'elles avaient à faire. Je ne mets en cause que les décideurs qui sont à l'origine des dispositions surprenantes qui ajoutent s'il en était besoin un trouble de plus quant à l'impression qui se dégage de cette affaire, et dont les conséquences sont désastreuses pour les enfants.

Je ne vais donc pas atténuer en quoi que ce soit les propos que j'ai tenus, je vais au contraire ajouter un élément qui me semble révélateur. J'ai évoqué dans cet article une ordonnance interdisant les contacts de Myriam Badaoui avec ses enfants. Ceci laisse penser qu'en raison du comportement monstrueux à leur égard qui les a conduit en prison, les parents des enfants Delay étaient déchus de leur autorité parentale. Or cette déchéance n'avais pas été demandée lors du procès en assises, mais est intervenue deux ans après.

Un communiqué de l'AFP[2] en date du 24 novembre 2006 nous dit ceci :

LILLE (AFP) - Myriam Badaoui et Thierry Delay ont été déchus de leur autorité parentale par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, près de deux ans et demi après leur condamnation dans l'affaire d'Outreau pour des viols sur mineurs, dont leurs quatre enfants, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocat de Mme Badaoui.
"C'est une erreur judiciaire de plus, mais à Boulogne, ce n'est pas la première", a déclaré à l'AFP Me Mehana Mouhou, précisant que sa cliente allait faire appel du jugement rendu jeudi et qu'il allait demander le dépaysement du dossier à Paris. La cour d'assises du Nord à Douai, qui avait condamné en juillet 2004 Mme Badaoui et M. Delay respectivement à 15 et 20 ans de réclusion criminelle, "avait la possibilité de retirer l'autorité parentale, or, que ce soient les parties civiles ou le parquet, personne ne l'a demandé", a-t-il ajouté. Thierry Delay, qui n'avait pas d'avocat, avait déclaré accepter de se voir déchu de son autorité parentale "pour le bien" de ses enfants. La chambre civile du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer a statué à la suite d'une demande du conseil général du Pas-de-Calais, sous l'autorité duquel les enfants étaient placés. Le parquet s'était joint à cette demande.

Pour autant, le Conseil de famille – émanation du Conseil Général - a pris l'initiative d'organiser « pour le bien des enfants » les retrouvailles de ces enfants avec leur mère, c'est à dire de victimes avec leur tortionnaire. Peut-on imaginer qu'il s'agisse d'une tentative de justice réparatrice ? Elle serait funeste quand on sait qu'un rapprochement avec l'agresseur remet la victime sous emprise et peut provoquer des rétractations dont les conséquences sont choquantes en matière de justice, préjudiciables au psychisme des victimes, et terribles pour les professionnels qui les ont aidées et se trouvent injustement discrédités. On peut d'autant plus s'interroger sur la possibilité d'une telle intention qu'elle cadre tout à fait avec la tentative fallacieuse que Dominique Wiel qui dans son livre « que Dieu ait pitié de nous » non seulement ose demander aux enfants Delay de reconnaitre qu'ils ont menti, mais en vient même à prôner l'innocence de leurs parents !

Décidément, je n'étais pas au bout de mes surprises...

1 Article dépublié par Mediapart mais que l'on peut trouver ici :
https://crimecontrelhumanite.wordpress.com/2012/09/17/le-scandale-cache-des-enfants-doutreau-exiles-puis-administrativement-bannis/

http://intimeconviction.over-blog.com/article-4664581.html

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Lula se présente en apaiseur des années Bolsonaro
Dimanche 2 octobre, les Brésiliens choisissent entre Jair Bolsonaro et Lula da Silva. Après un mandat marqué par les violences et une politique favorable aux plus riches, l'ancien chef d’état affirme vouloir réconcilier le pays. Avec l’espoir de l’emporter dès le premier tour.
par François Bougon
Journal — Santé
En ville, à la mer et à la montagne : là où se trouvent les oasis médicaux
Cause sans cesse perdue, la lutte contre les déserts médicaux masque une autre réalité : les médecins libéraux s’installent toujours plus nombreux comme spécialistes dans quelques zones privilégiées. Ils sont aussi toujours plus nombreux à pratiquer des dépassements d’honoraires.
par Caroline Coq-Chodorge et Donatien Huet
Journal — France
Télémédecine : derrière « Sauv Life », le business contestable d’un médecin de l’AP-HP
Pour désengorger les urgences, le ministre de la santé pousse les « unités mobiles de télémédecine », officiellement opérées par une association, Sauv Life, qui envoie, via le 15, des infirmiers dotés de mallettes de télémédecine au chevet des patients. En coulisses, cette expérimentation soulève des questions sur le niveau du service rendu, le coût et les procédures de commande publique. Contre-enquête sur un chouchou des médias.
par Stéphanie Fontaine
Journal
Ce que le gouvernement a fait aux chômeurs
La première réforme de l’assurance-chômage est pleinement entrée en vigueur il y a tout juste un an, et nul ne sait combien de chômeurs elle a pénalisé. Si les chiffres sont invisibles, les conséquences sur la vie des gens sont brutales. Témoignages.
par Cécile Hautefeuille

La sélection du Club

Billet de blog
Les élections au Brésil : changement de cap, ou prélude à un coup d’État ?
Les élections qui se dérouleront au Brésil les 2 et 30 octobre prochain auront un impact énorme pour les Brésiliens, mais aussi pour le reste du monde, tant les programmes des deux principaux candidats s’opposent. Tous les sondages indiquent que Lula sera élu, mais la question qui hante les Brésiliens est de savoir si l’armée acceptera la défaite de Bolsonaro. Par Michel Gevers.
par Carta Academica
Billet de blog
Brésil : lettre ouverte aux membres du Tribunal Supérieur Électoral
En notre qualité d’avocats de Monsieur Lula nous avions interpellé sur l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques à l’origine des poursuites et de la détention arbitraires subies par notre client. Nous dénonçons les attaques ignominieuses de Monsieur Bolsonaro à l’encontre de Monsieur Lula et sa remise en cause systématique de décisions judiciaires l’ayant définitivement mis hors de cause. Par William Bourdon et Amélie Lefebvre.
par w.bourdon
Billet de blog
Billet du Brésil #5 / Dimanche, un coup d’État est-il possible ?
S'accrochant au pouvoir, Jair Bolsonaro laisse planer le doute sur l'éventualité d'un coup d'Etat, en cas de défaite aux élections. Mais les conditions sont-elles vraiment réunies pour garantir son succès ?
par Timotinho
Billet de blog
Élections au Brésil - Décryptage et analyse
Lecteurs et lectrices des pages « International » de la presse francophone savent que le Brésil vit un moment crucial pour son destin des prochaines années. À moins d'une semaine du premier tour des élections présidentielles, le climat est tendu et les résultats imprévisibles sous de nombreux aspects.
par Cha Dafol