Entre militaires et aviation civile, une odeur de brûlé qui persiste

Tandis que l'aviation civile s'efforce de faire toute la lumière sur les catastrophes aériennes, on constate que secrets militaires et secrets d'État viennent entraver cette recherche de vérité. Et cela ne date pas d'hier. À parcourir la Toile pour refaire l'historique de ces épisodes troublants, on peut voir comment la vie de centaines de familles brisées peut passer par pertes et profits.

Le 1er septembre 1983, un boeing 747 de la Korean Airlines décolle de l’aéroport de New York pour se rendre à Séoul via Anchorage en Alaska, où il est ravitaillé en carburant. Au départ d’Anchorage, l'avion doit suivre un itinéraire rigoureux qui longe les côtes soviétiques à environ 300km de celles-ci sur les eaux internationales.  Mais passant au large de l’île de Sakhaline, il  est abattu par un chasseur SU-15 de l’armée soviétique, entraînant dans la mort les 269 passagers et membres d’équipage. Dans ce cas, il est clair que la vie de tous ces passagers n'a pas compté vis à vis de l'obsession des militaires pour leurs petits ou grands secrets.
http://enigmeshistoire.e-monsite.com/pages/la-tragedie-du-vol-korean-airlines-007.html

Le 27 juin 1980 vers 20 heures, un DC-9 de la compagnie Itavia quitte Bologne avec  soixante-dix-sept passagers, dont treize enfants et quatre membres d’équipage. Sur son trajet, il emprunte le couloir aérien qui survole la mer Tyrrhénienne pour se rendre à Palerme. Les conditions sont excellentes. Après un peu moins d'une heure de vol, le signal radar disparaît au-dessus de la petite île d’Ustica, située à soixante kilomètres de la Sicile. L'avion se brise en trois morceaux et tombe dans la mer.
La base OTAN de Sigonella n'est pas loin. Une partie de poker menteur s'engage alors entre les parties impliquées dans cet « accident » : Italie, France, États-Unis, Lybie. L'avion de ligne aurait été abattu par erreur en lieu et place de celui du colonel Kadafi qui aurait dû connaître ce soir-là un malencontreux accident « pour raisons inconnues ». Ce serait là le secret de ce que les italiens appellent « le massacre d'Ustica » qui continue d'occulter la vérité sur l’explosion en plein vol d’un avion de ligne et la mort de ses quatre-vingt-un passagers.
http://www.monde-diplomatique.fr/2014/07/PURGATORI/50612
https://www.mediapart.fr/journal/international/260116/crash-aerien-dustica-tragedie-italienne-missile-francais

 Le 17 juillet 2014 en début d'après-midi, le Vol MH 17 de la Malaysia Airlines décolle de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol pour se rendre en Malaisie. C'est un Boeing avec 298 personnes à son bord.  Le vol s'est déroulé normalement jusqu'à son coup d'arrêt après un peu plus d'une heure de vol.
Bien que les Russes renvoient la responsabilité sur l'armée ukrainienne, ils restent montrés du doigt pour l'appui qu'ils ont accordé en Ukraine aux factions pro-russes. L'examen de l'épave a prouvé que l'avion avait été impacté de l'extérieur. Les passagers innocents ont donc été sacrifiés au nom de la gué-guerre de nationalistes nostalgiques.
Très nombreux documents sur le Web
www.lemonde.fr/europe/article/2014/09/09/le-mh-17-qui-s-est-ecrase-en-ukraine-a-bien-ete-abattu_4484256_3214.html

Le 8 mars 2015, Le vol MH370 de la Malaysia Airlines décolle de Kuala Lumpur à 0 h 41, heure locale.C'est un Boeing 777 -220 avec à son bord 227 personnes, essentiellement des Chinois, mais également des Malaisiens et, entre autres nationalités, deux Américains et quatre Français. Tout semble aller pour le mieux avant que le transpondeur de l'avion soit éteint et que le Boeing ne change d'itinéraire. Bien qu'il soit suivi par différents échos radar et signaux transmis par satellite, on ne le retrouvera pas. Cette disparition tragique plonge dans la tourmente de nombreuses familles qui se heurteront à un défaut d'informations des plus inquiétant, et à une troublante opacité des services d'enquête, du gouvernement malaisien, et des différents pays concernés. Des témoignages très convaincants sont délibérément ignorés.
La présence des installations militaires de Diego Garcia n'est peut-être pas étrangère à l'affaire. D'après les témoignages d'habitants du sud des Maldives, on peut penser que l'avion volait à basse altitude vers ce site sensible très surveillé. Il est difficile de croire qu'avec ce niveau de vigilance, les militaires ne sachent pas précisément ce qui s'est passé dans la zone.
« Le matin du 9 mars, peu avant 7 heures, des villageois de cette île sans touristes ont vu passer dans le ciel un avion de grande taille, comme ils n’en avaient jamais vu auparavant. Parmi ces témoins, un pêcheur d’une cinquantaine d’années se trouvait dans l’eau jusqu’à la taille. Il a suivi l’avion depuis son arrivée jusqu’à sa disparition dans le ciel, à une altitude qui lui permettait de voir les hublots : « J’ai vu un avion énorme nous survoler à basse altitude. Il faisait beaucoup de bruit. Il a fait un virage au sud-sud-est et il a continué à la même altitude. J’ai vu des stries rouges et bleues sur une couleur blanche. » Aucun des ­témoins ne savait alors qu’un avion avait disparu. »

« Deux semaines après sa disparition, des adolescents repêchent au large des Maldives un extincteur de Boeing. Aussitôt récupéré par l’armée... »
source :
http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-mystere-du-vol-MH370-2-2-675084


Vol MS804 d’Egyptair :

Le 18 mai 2016, un Airbus A320 décolle de Paris peu après 23 heures avec 56 passagers à bord (dont 15 Français), 7 membres d’équipage et 3 officiers de sécurité, Le crash de cet appareil trois heures et demie plus tard reste toujours un mystère. Défaillance technique ? Attentat ? Aucune de ces hypothèses ne correspond à ce que l'on observe habituellement. Aucun signal de détresse de la part de l'équipage, aucune revendication immédiate de groupes terroristes. Rien.

Jusqu'ici, aucune piste n'est sérieusement suivie par les autorités égyptiennes. C'est presque le silence total. C'est précisément ce silence qui est dérangeant. Car beaucoup de choses se passaient en Méditerranée le jour du crash de l'avion.

Le 17 Mai, débutaient en Méditerranée, et plus précisément au large de la Crète - au large de laquelle le vol  MS804 est passé peu de temps avant sa chute - les exercices Phoenix Express 2016 réunissant plus de 10 pays (Algérie, Croatie, Grèce, Italie, Malte, Mauritanie, Maroc, Espagne, Tunisie, Turquie et les Etats-Unis) [1].

phoenix-1
https://www.dvidshub.net/feature/phoenixexpress2016#.V0yMIJfDgZ9

Le jour de l'accident, il y avait donc beaucoup de monde en Méditerranée. :
au moins 19 bâtiments de guerre, 3 sous-marins, un porte-avion, avec tout le matériel de détection sophistiqué que cela suppose ! Et personne n'a rien vu ?
Plus intriguant encore : ces exercices militaires comprenaient la surveillance des eaux territoriales qui pouvaient éventuellement impliquer des missiles d'interception. Or la modification brutale de trajectoire de l'avion s'est produite juste à la limite des eaux territoriales entre la Grèce et l’Égypte [2].

Bien que rien ne permette encore d'affirmer que l'Airbus ait été abattu à la suite d'une nouvelle bévue militaire, il serait déraisonnable d'écarter cette hypothèse à priori.

Ce qui est frustrant en pareil cas, c'est que les choses restent entourées de mystères et de mauvaise foi, et c'est peut-être à cela qu'on peut les reconnaître.

1 Manœuvres militaires phoenix express 2016 :
   http://www.c6f.navy.mil/news/phoenix-express-2016-concludes
  http://myinforms.com/en-us/a/34292388-phoenix-express-2016-commences/
  http://www.navy.mil/submit/display.asp?story_id=94747     retiré par la navy  
« The file you have requested is not currently available.
We apologize for the inconvenience. »

2  https://willyloman.wordpress.com/2016/05/19/egyptair-flight-ms804-flew-right-through- phoenix-express-2016-naval-exercises/
https://fr.sott.net/article/28273-Le-vol-MS804-d-Egyptair-at-il-fait-une-rencontre-inopinee-dans-le-ciel-Mediterraneen

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