LE PANIER DE CRABES

EMMANUEL PIERRAT, GABRIEL MATZNEFF ET LEURS COPAINS. Pour information, Emmanuel Pierrat est un des nombreux copains de Matzneff, le philopède, comme il aime s'appeler, et dont on parle beaucoup aujourd'hui.

Qui est Emmanuel Pierrat ?

 

Né en 1968, il est avocat depuis 1993 et a fait plein plein de choses dans sa vie. Outre avoir déjà publié près d'une centaine d'ouvrages (il dort peu, parait-il), fictions, récits, essais, traductions, etc., il est un ancien membre du Conseil de l'Ordre des Avocats, ancien membre du Conseil National des Barreaux. Conservateur du Musée du Barreau de Paris, Président du Pen Club de France. Il est aussi Secrétaire Général du Musée Yves-Saint-Laurent, et franc-maçon1. Il est aussi directeur de la Grande Bibliothèque du Droit... Tout ça pour un seul homme. Il fonde le cabinet portant son nom en 2003 (une dizaine d'avocats). Il a enseigné le droit un peu partout, par exemple à l'université Paris XIII et au CFP (centre de formation et de perfectionnement des journalistes). Il est passé par la politique, commençant par le Mouvement des Citoyens. Autant dire que Pierrat fréquente, par ses nombreuses activités, plein de beau monde, des gens influents qui font la pluie et le beau temps dans l'édition, l'art, le journalisme, la politique... et les prétoires.

 

 

Pierrat et ses copains

 

Il fut, par exemple, le défenseur de Gabriel Matzneff (avec qui il écrivit Le Symbolisme du Phallus) et, récemment, l'avocat de Denis Baupin, accusé de harcèlement sexuel2. L'affaire fut même, sans vergogne, comparée à celle d'Outreau, le mot magique qui permet tout, notamment de dire que les victimes racontent toujours n'importe quoi. Mais, plus anciennement, il fut l'avocat de feu Pierre Bergé., et on change de calibre. C'est sans doute pour cela qu'il s'occupe maintenant du Musée Yves-Saint-Laurent . Avocat de Pierre Bergé, donc proche de lui. C'est sans doute aussi pour cela qu'il sort la première fois son opuscule en 2015 aux éditions de La Martinière. La Martinière, ce sont eux qui avaient publié, à la demande de Pierre Bergé, l'ouvrage sulfureux d'Yves-Saint-Laurent, La Vilaine Lulu, en 2010. Et c'est aussi cette maison d'édition qui avait publié, en 2006, le livre du photographe David Hamilton Erotic Tales. Donc, on est entre copains3. C'est encore La Martinière qui publiera en 2015 Les grands Procès de l'Histoire, de l'affaire Troppmann à l'affaire d'Outreau de Pierrat. Il y relaie complaisamment la version mensongère du fameux procès. Au passage, Pierrat est également Président du jury du prix Sade. Toutes ces choses l'intéressent et, en démocratie, c'est bien son droit. Mais les amitiés de Pierrat ne s'arrêtent pas là, puisqu'elles vont, comme on l'a dit, jusqu'à Gabriel Matzneff, écrivain qui revendique clairement son attirance sexuelle pour les jeunes garçons et les jeunes filles4.

Pierrat défendit également comme avocat (chacun a le droit d'être défendu) la photographe Irina Ionesco, qui photographia durant des années sa petite fille Eva: dès l'age de quatre ans, elle posait nue, ou parfois vêtue seulement de dessous féminins qui s'accordaient mal à son très jeune age, mais plaisaient bien à certains messieurs puisque Matzneff lui-même a décoré son petit salon avec un de ces clichés : la gamine a une douzaine d'années, elle pose nue, debout en porte-jaretelles, jambes écartées. La photo est bonne... La maman artiste prêtait aussi sa fille à d'autres photographes et la petite tourna dans des productions filmées à caractère érotique, comme Spermula (un artiste a bien le droit de faire ce qu'il veut). Elle figura, à onze ans, dans le film de Roman Polanski Le Locataire. On a les relations qu'on peut. La petite fut finalement retirée à sa mère, confiée à la Ddass. Elle tomba dans les bras de la drogue. Plus tard, un procès s'en suivit et Pierrat-comme il se doit- défendit la maman maquerelle.

 

Peut-être est-il opportun ici de rappeler ce qu'écrivait Eugène Enriquez5 à propos de Sade : « Le mélange total, la possibilité hallucinatoire d'être tout dans le même moment, d'occuper toutes les positions dans l'ordre des générations et des sexes, c'est-à-dire en fait, de nier un tel ordre, voilà ce que Sade nous donne à voir […]. Ce mélange est le monde du même : plus d'enfants, de père, de femme, uniquement des objets substituables voués aux plaisir du despote qui n'a pas de plus grande joie que celle provoquée par la mise en pièces de l'objet de sa satisfaction. »

 

Pourquoi, ici, un petit retour à Outreau, l'affaire ?

 

Parce qu'on s'est d'abord toujours entendu dire, notamment de la part des éditeurs, que l'affaire d'Outreau était devenue trop éloignée de nous dans le temps pour que l'on puisse continuer à en parler. Qu'elle n'intéressait donc plus personne.

Mais aussi parce que Maître Emmanuel Pierrat publie en 2015, aux Editions de La Martinière, soit dix ans après, un opuscule intitulé Les Excuses de l'Institution judiciaire. L'affaire d'Outreau, 2004. Et encore et surtout parce que cet opuscule est republié, en poche cette fois-ci, en février 20196.

« Opuscule » est bien le mot, puisque seulement dix petites pages sont consacrées à cette affaire complexe et tentaculaire7. On y retrouve, sans aucune surprise, la version habituelle de l'histoire.

 

A quoi sert donc ce genre de livre, qui n'apporte absolument rien de neuf, sinon un résumé de la chose telle qu'elle fut, maintes et maintes fois, racontée depuis plus de dix années ? Mystère et boules de gomme...Mais pour y revenir encore, concernant l'affaire d'Outreau, Pierrat ne citera dans son tout petit livre qu'un seul avocat : Eric Dupond-Moretti (EDM). Avocat de la défense durant l'affaire, « entre autres », précisera Pierrat : à la défense, ils étaient pourtant dix-neuf... Et, sur dix pages de prose, il lui en consacre une entière : « De nos jours, le grand public connaît bien cet avocat pantagruélique (100 kilos sous la robe, pour 1m888), que l'on surnomme désormais « Acquittator » (il compte à ce jour plus d'une centaine d'acquittements)9. Le « serial plaideur »-son autre surnom- témoigne, dans les prétoires, d'une énergie sans doute liée à son désir de revanche sociale[...]. L'affaire d'Outreau va lui donner une audience nationale car il n'hésite pas à critiquer violemment l'institution judiciaire. Ses imprécations tombent au bon moment ».

Maître Pierrat, un des amis de Matzneff, fréquente-t-il son confrère EDM ? C'est plus que probable. En outre, pour ce dernier, c'est bien pratique de connaître un type qui fut membre du Conseil de l'Ordre des Avocats, et ami du très influent Pierre Bergé, proche des pouvoirs politiques, notamment socialistes, ami de son côté de Jack Lang, Frédéric Mitterand, Bernard-Henry Lévi, Alain Minc, Xavier Niel, Mathieu Pigasse, etc.

Bref, voilà. Tout ce beau petit monde se connaît, se fréquente, s'amuse ensemble : EDM, Pierrat, Pierre Bergé et Yves-Saint-Laurent en leur temps, Jack Lang, Frédéric Mitterand, Gabriel Matzneff, etc. Reviennent alors en mémoire les paroles de Marc Toussaint, ancien gendarme belge : « Une compromission de hautes personnalités ? On sait que si une personnalité tombe, elle est remplacée [...]. Par contre, si c'est tout un système qui évolue de manière illégale et au mépris de la sécurité du citoyen, alors là, c'est plus grave »10. Donc, ça fait système, et voilà tout. Risqué d'y fourrer son nez.

 

Emmanuel a un frère, Jérôme, journaliste spécialisé en criminologie et, particulièrement, dans l'étude des réseaux mafieux, du crime organisé et du grand banditisme11.

 

Pierrat terminera son microscopique ouvrage, qui coûte 3 euros (c'est donné, mais cher la page : 23 pages de texte en tout12) et peu d'efforts à lire, par ces lignes : « Quant au juge Burgaud, le malencontreux héros de ce naufrage judiciaire, il a été sanctionné en 2009 par le Conseil Supérieur de la Magistrature[...]. Ayant manifesté son désir de rester dans la magistrature, il n'a plus le droit d'instruire ; il travaille désormais au sein de la Cour de Cassation, sur l'île de la Cité, au centre de Paris. Il y a pire destin dans les affaires judiciaires ».

Et tout cela est republié en 2019 ! On le voit, ces derniers mots sont lourds de sous-entendus. En tout cas, la boucle se veut définitivement bouclée.

 

Pour un avocat, beaucoup d'erreurs sur Outreau (ou plus grave).

 

Ce petit ouvrage fait en effet apparaître, dans la façon sont les choses sont présentées, comme ça, mine de rien, un certain nombre de partis-pris embêtants:

Page 12 .  A propos des quatre fils de Myriam Badaoui, voici ce qu'affirme Pierrat : « Les assistantes sociales qui s'occupent de ces enfants sont intriguées par les récits troublants que font ceux-ci d'actes qui leur auraient été infligés [nous soulignons] par des adultes de leur entourage . » Remarques : C'est très incomplet, voire tendancieux. Ce sont 15 enfants qui font des déclarations en ce sens et 12 qui seront, au final, reconnus victimes. Pourquoi l'omettre et vouloir faire porter la responsabilité des inculpations sur les quatre seuls enfants Delay-Badaoui ? Pourquoi, d'autre part, utiliser, un conditionnel, qui pouvait se comprendre en 2001, mais qui n'a plus de sens en 2019 puisque la vérité judiciaire a depuis longtemps été dite (2005) sur ce point ? Enfin, laisser entendre que tout repose sur les témoignages des enfants ne correspond à aucune réalité. Voici ce qu'en disait Philippe Muller, ancien substitut au parquet général de Douai13 : « Il y a des mis en examen [adultes donc] qui se sont accusés les uns les autres de façon concordante, alors qu'ils se trouvaient dans des prisons différentes […]. Les avocats de la défense indiquaient que le dossier ne tenait que par les déclarations des enfants. J'ai donc séparé les auditions des mis en examen, celles des victimes, celles des témoins. J'ai mis de côté le tas « enfants » et je n'ai travaillé uniquement que sur le reste pour vérifier. Je me suis rendu compte que le dossier tenait. J'ai ensuite croisé avec les déclarations des enfants et, pour beaucoup, ça se croisait parfaitement . »

Page 13 : « Une rumeur circule sur l'arrestation de '' notables'' ».

Remarque : Il ne s'agit pas d'une « rumeur », mais de la confirmation de l'avancée des investigations. Seul le terme « notables », entouré d'un parfum sensationnel de scandale utilisé à mauvais escient par les médias est discutable car, justement, aucun « notable » au sens strict ne fut inquiété.

Page 13 : « Myriam Badaoui multiplie les accusations, dénonçant jusqu'à une cinquantaine de personnes. »

Remarques : Formulé comme si toute l'instruction reposait, à la fois sur les petites épaules de Badaoui et sur celles de ses propres enfants. C'est totalement inexact. Des adultes accusent d'autres adultes. D'autres enfants que les fils Delay accusent d'autres adultes. Même sans le témoignage de Badaoui, l'instruction tenait la route.

Page 14 : « Le 9 juin, l'un des accusés se suicide dans sa cellule, d'une surdose de médicaments. »

Remarque : Ce n'est absolument pas ce que déclare la sœur du défunt, Lydia Cazin14. Ce n'est pas non plus la conclusion de l'enquête diligentée sur les causes de la mort de François Mourmand. L'enquête officielle conclut bien à une surdose médicamenteuse, mais n'évoque, en rien, la possibilité d'un suicide. Plutôt à une erreur médicale. C'est Dupond-Moretti qui avait parlé à l'époque de suicide, à tort, au début de l'affaire. Or nous sommes maintenant en 2019...

Page 14 : « En mars 2002, la RTBF [Radio Télévision Belge Francophone] diffuse un reportage intitulé « Mirage à Boulogne » qui met en doute l'existence d'un réseau pédophile et s'interroge ouvertement sur la validité de l'enquête policière française ».

Remarques : Il s'agit du reportage de l'inévitable Georges Huercano-Hidalgo, journaliste partisan du « il ne s'est rien passé du tout nulle part », inventeur du faux sex-shop d'Ostende ayant appartenu soi-disant aux deux Legrand, pour brouiller les pistes et discréditer l'enquête belge15. Depuis quand un documentaire de la télévision belge peut-il ruiner durablement une instruction française de cette importance?

Page 15 : « L'audition des enfants va jeter un premier trouble : tous les témoignages apparaissent vagues et contradictoires. Puis des experts s'interrogent sur la crédibilité de ces témoignages. »

Remarque : Curieuse et plutôt insidieuse formulation, qui laisse entendre que les experts doutent. Or, toutes les expertises psychologiques concordent, et font apparaître leur crédibilité, à savoir que les enfants ont été victimes de graves sévices sexuels, mais rien de plus. Les expertises ne peuvent, en aucun cas, se prononcer sur la responsabilité des adultes : c'est à l'enquête de le déterminer. Pierrat confond intentionnellement témoignages et expertises... Jeter, d'autre part, le doute sur les témoignages pourtant concordants des victimes, c'est la méthode bien rodée des négationnistes. Un avocat, ancien membre, de surcroît, du Conseil de l'Ordre, ne peut ignorer tout cela.

Page 16 : A propos de l'expert psychologue Jean-Luc Viaux, qui n'est pas cité nommément : « Il sera radié par le Garde des Sceaux. »

Remarque : C'est faux ! Mais pourquoi donc mentir autant et tout le temps ?L'expert, à la demande du Ministère, sera entendu par l'assemblée générale des magistrats du siège pour l'établissement de la liste des experts judiciaires de la cour d'appel de Rouen, siégeant, le 20 mai 2006, dans sa fonction disciplinaire. Voici ce que cette docte assemblée écrira : « La valeur et le sérieux des expertises diligentées par Monsieur Viaux ne sauraient être discutées lors de cette procédure disciplinaire. » L'auteur, au moment d'écrire des bêtises ne s'est donc pas renseigné plus avant ? Dommage16.

Page 19 : « D'un précédent tabou (on ne devrait pas parler de ces choses avec des enfants), on était tombé dans un autre tabou : tout ce que dit un enfant est forcément vrai. »

Remarque : Bien entendu, aucun professionnel, travailleur social, assistante maternelle, assistante sociale, éducateur, instituteur, parent, policier de la brigade des mineurs ; aucun magistrat, aucun psychologue, aucun professionnel ou non de l'enfance ne pourrait affirmer une telle et énorme ineptie !! C'est une totale absurdité, et c'est prendre les lecteurs pour des imbéciles. Si c'est tout ce qu'il y a à retenir de l'affaire d'Outreau : problème17...

Page 22 : A propos du magistrat Fabrice Burgaud : « Il n'a plus le droit d'instruire. »

Remarque : Ce n'est pas qu'il n'a plus le droit, c'est beaucoup plus simple, et ça évite de dire n'importe quoi et de laisser entendre que le Ministère lui aurait interdit d'instruire... Il n'est, tout bêtement, plus juge d'instruction !

 

Résultat des courses : sur une dizaine de pages, neuf erreurs, ou oublis, ou omissions. Ou encore, formulé autrement : neuf propos tendancieux. Ou même, pour dire juste : neuf mensonges.

 

Alors, pourquoi, aujourd'hui, ce petit livre sans intérêt, sinon pour pouvoir, une fois de plus et encore aujourd'hui, enfoncer ce clou qui ne cesse de ressortir, ce clou d'une histoire officielle qu'on aimerait bien ne plus voir montrer sa petite tête ?... Et tenter de couper l'herbe sous les pieds de celles et de ceux qui contestent, preuves à l'appui, la version mensongère de l'histoire?...

 

D'Outreau à Matzneff en passant par Pierrat, Pierre Bergé, Dupond-Moretti (qui accéda à la notoriété grâce à l'affaire) et tous les autres, quel rapport ?

 

Devinez.

1Il ne s'en cache pas. Il écrira une petite dizaine d'ouvrages sur le sujet, dont Les Francs Maçons et le Pouvoir (2017).

2Denis Baupin, député d'Europe-Ecologie-les-Verts, puis Vice-Président de l'Assemblée nationale. Il fut accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles par huit femmes, en 2006, qui témoignèrent sur France-Inter et Médiapart. Il démissionna et, même si ces accusations furent corroborées, l'affaire fut classée sans suite en raison de la prescription. Sa contre-attaque contre Médiapart se solda par un échec.

3La Martinière publiera également, en 2005, le livre d'Elsa Guiol intitulé Tous Pédophiles ? Version extrêmement partiale et orientée de l'affaire d'Outreau.

4Il l'affirmera à de nombreuse reprises, notamment dans Les moins de seize ans, publié en 1974 : « Ce qui me captive, c'est moins le sexe déterminé que l'extrême jeunesse, celle qui s'étend de la dixième à la seizième année [...], et qui me semble être le véritable troisième sexe ». Matzneff se revendique « pédophile bienveillant ».

5Dans son ouvrage De la Horde à L'Etat.

6Dans la collection Points, au Seuil.

7Comme il faut un peu plus de dix pages pour publier, le reste de l'ouvrage est consacré (quinze pages) à l'affaire Buffet-Bontems, qui date de 1972. Les avocats cités sont Robert Badinter et Thierry Lévy.

8Exagéré. Pourquoi ? Pour en faire un surhomme ?

9Pierrat n' a pas relevé le jeu de mot : acquitte-à-tort.

10 Tous manipulés ? Bernard Gilson éditeur, 2010.

11Yakusa, enquête au cœur de la Mafia japonaise, Flammarion 2005 ; La Mafia des Cités, Denoel 2006. Mafia, gangs et cartels. La criminalité internationale en France, Denoel 2008, etc.

1212 pages sont consacrées, on l'a dit, à l'affaire Buffet-Bontems (Pour remplir?)

13Dans le documentaire de Serge Garde Outreau, l'autre Vérité.

14Cf. L'ouvrage de Trapier et Barret, Innocents, le Calvaire des Accusés d'Outreau.

15Cf. Notre ouvrage Outreau Angles morts (op.cit.), où la chose est expliquée en détails.

16Oui, dommage. Car le lecteur n'a aucune raison de se méfier des affirmations de l'auteur...

17Fort malheureusement, c'est bien cela que le grand public a retenu... Des âneries et des mensonges !

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