LE PRESIDENT SOPHISTE.

Dans La République, Platon rêvait d'un philosophe Roi. Nous avons hérité d'un Président sophiste.

Définition rapide.

Sophiste : « Qui utilise des arguments ou des raisonnements spécieux pour tromper ou faire illusion. Le sophiste développe des raisonnements dont le but est uniquement l'efficacité persuasive et non la vérité. Arguments qui, à ce titre, contiennent souvent des vices logiques, bien qu'ils apparaissent à première vue cohérents. Le sophiste ne s'embarrasse pas de considérations quant à l'éthique, la justice ou la vérité ». (Extrait article Wikipédia).

Citation.

Le Président Emmanuel Macron, répondant à une question de l'assistance :

« Ne parlez pas de répression ou de violences policières. Ces mots sont inacceptables dans un État de Droit ! Vous êtes dans une société où il y a un État de Droit. La Police, elle répond à des lois qui ont été décidées par le Législateur, qui sont sous le contrôle du Législateur. Et donc, partout où en effet il y a de la violence1, j'assume totalement que les forces de l'ordre soient en mesure, d'une part, de se protéger, et, d'autre part, de maintenir l'ordre public. L'ordre public, c'est ce qui permet à chacun d'exercer sa liberté d'opinion librement, d'aller manifester s'il le veut, de pouvoir s'exprimer ».
Extrait du grand débat à Greaux-Les-Bains, 7 mars 2019.

Développement.

Si l'on part donc du principe de base que la France reste un État de Droit, il ne peut y avoir, ipso facto, de violences policières puisque l’État de Droit ne saurait, par définition, les tolérer, encore moins les encourager. Si l’État ne sanctionne pas les violences policières, c'est pour la simple raison qu'elles n'existent pas. Si les violences policières n'existent pas, ce qui devient inacceptable, c'est d'affirmer qu'elles existent. Affirmer que les violences policières existent constitue donc une attaque (inacceptable) contre l’État de Droit, donc une atteinte directe contre notre démocratie.

Applications.

Ne dites plus : « Les policiers visent la tête des manifestants (ou de toute autre personne présente) avec leurs lanceurs de balle de défense (LBD) » car, dans un État de Droit, cela est impossible. En effet, le règlement interdit de viser la tête avec ce type d'arme. Et un État de Droit est là pour faire respecter la loi et le règlement.
Mais si, malencontreusement, un manifestant (ou toute autre personne) se trouve blessée gravement à la tête, c'est donc nécessairement qu'il aura inopinément bougé au dernier instant, ou qu'il se sera dangereusement baissé au moment du tir, surprenant ainsi le tireur. De même, si la distance réglementaire de tir peut sembler non respectée, c'est, qu'en réalité, la personne visée se sera précipitée en direction du tireur, réduisant ainsi elle-même dangereusement la distance de sécurité requise par le règlement.
Si la main d'un manifestant (ou de toute autre personne) se trouve arrachée, ne dites pas : « Les grenades de désencerclement sont très dangereuses », posez-vous plutôt cette simple question guidée par le bon sens : « Que faisait donc cette personne si près d'une grenade de désencerclement qu'elle doit pourtant savoir être très dangereuse ? N'est-ce pas de sa propre responsabilité de s'être trouvé là, à ce moment-là ? »

Enfin, ne dites pas : « Le Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme Michelle Bachelet a demandé à la France une enquête sur les violences policières ».
Dites plutôt : « On croirait que c'est le Conseil de Sécurité de l'ONU qui réclame une enquête sur la police et les gilets jaunes. Renseignement pris, c'est une sous-secrétaire désœuvrée qui s'est exprimée un jour où elle s'ennuyait.
Étonnant, non ? »

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