Adieu à social libéral ex membre de la Ligue.

Il se lit ici et là des éloges funèbres pour un ex dirigeant de la Ligue devenu un social libéral installé, sénateur, euro député, membre inamovible de la direction. du PS, un notable respecté. Je ne l'ai pas connu, simplement croisé dans ses années rouges.

Il est désolant de voir frapper une fois de plus le sinistre virus et qu'un homme en décède alors qu'il aurait pu jouir d'un grand âge (nous avons le même) avec et parmi les siens, ses passions, ses amis.Ce qui, au passage montre combien la retraite, celle que nous devions à Mitterrand- Maurois est précieuse, malgré les coups que lui portent les libéraux, sociaux ou pas...

Foutu virus dont au passage, est en partie responsable la mondialisation libérale effrénée que les sociaux libéraux ont encouragées depuis les années 80 et très précisément depuis le "tournant vers la rigueur de Fabius", défenseur alors et déjà d'une "dose" de fonds de pension dans la réforme des retraites et d'une "responsabilisation" des assurés sociaux. Tournant vers la rigueur autrement dit dans l'austérité libérale anti-sociale, que les sociaux libéraux ont accompagnée quand ce n'est pas précédée, avec constance, contre, voire violemment contre le peuple, lacrymo, LBD etc à l'appui, jusqu'à ce que leur parti en explose ignominieusement en vol et en cendres ! RIP le PS à la rose.

Ce ne serait pas intéressant de s'y arrêter si certains dans la gauche de la gauche ne trouvaient pas moyen de saluer en "l'homme" le pondéré, sage, ouvert, tolérant, cultivé et (sic) fidèle... homme de gauche qu'il serait (resic) resté. Homme qui avait d'ailleurs justifié son abandon des perspectives révolutionnaires par les "dangers" qu'il y aurait dans les convulsions politico-sociales (réels les dangers), comme si la catastrophe libérale avec ses cortèges d'inégalité, de précarisation, de paupérisation, d'exclusion, de destruction éco-sociale, ne présentait comme danger... mineur donc que de plonger par exemple 7 millions de personnes dans ce pays dans la pauvreté sociale, morale et sanitaire (cf...), d'avoir opéré un transfert inouï de richesse du travail vers le capital, ainsi de suite.

La pondération, la sagesse, l'ouverture, la tolérance, la culture se payent, par d'autres, au prix fort à ce compte.

Nous avons été quelques-uns à ne pas faire de notre militantisme une carrière, à demeurer politiquement excités ou affutés, comme on voudra, excessifs ou lucides comme on voudra, indignés voire révoltés, des barricadiers épisodiques et pas de fauteuils sénatoriaux...  ainsi de suite.

Je me suis toujours dit à propos de notre génération dite de "Mai soixante huit" que certains parmi nous souvent talentueux, ont pu croire que le chemin entre eux et la réussite passait par la révolution. Une fois le pronostic démenti par la contre offensive libérale, ils sont allés chercher la réussite ailleurs.

Désolé Henri.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.