NPA Avant la der des der...

Si j’en crois certaines réactions de militants du NPA, je serais un vieux militant aigri et démoralisé (sic ,!), et on n’aurait le droit de donner son sentiment sur ce qu’est le NPA et son devenir que « du dedans ».


Et puisque mon sentiment n’est pas flatteur, je suis ipso facto diagnostiqué en « détresse militante » (en ces temps épidémiques) : soit un militant « aigri et démoralisé »… ce qui invalide évidemment mes avis.
D’ailleurs comme je suis vieux ce ne serait pas un avis que j’exprimerais, ni un sentiment, ni une opinion encore moins une contribution, non je serais « un vieux qui donne des conseils ». Un truc de vieux de donner des conseils.
Allez, les vieux à l’EPAHD politique et de préférence confinés !

Par dessus le marché, lèse-parti suprême, je me permettrais de le faire « de l’extérieur » ce qui est vraiment un comble, non ? Tant il serait vrai qu’on ne serait habilité à avoir quoi que ce soit à dire que « de l’intérieur ». Sinon, la ferme ! Qu’un petit parti obstiné à défendre les opprimés, les exploités suscite des avis et des débats « à » et « de l’extérieur » hé bien non !
Ce « de l’extérieur » stigmatisé qui postule donc un « de l’intérieur » privilégié donne à penser… surtout quand on se remémore l’esprit du projet NPA et sa méthode ouverte de fondation !

Alors petite mise au point, conseil ou ce qu’on voudra de la part de Pépé :
D’abord le NPA n’appartient pas aux militant/es du NPA, parti politique il se veut, parti politique il est dès lors il est l’affaire de tous ceux qui veulent s’en préoccuper, et bienheureux est-il, que certains veuillent encore s’en préoccuper !
Je ne me revendiquerai pas d’avoir été à sa fondation, ni d’années d’implications militantes, je ne serai qu’un type qui du fin fond de sa cambrousse aurait un avis et naïvement le donnerait, que ce serait très bien, et ce serait même formidable me semble-t-il. Alors je le donne.
Le NPA manque de types qui de l’extérieur lui rappelle qu’il ne doit pas être un ramassis de sectes repliées sur leurs tractations, leurs manœuvres et leur esprit de boutiques, mais un bien commun, discutable, discuté et si possible disputé autrement que pour planquer de tout petits projets derrière son sigle en croche-pattant ceux des autres.
C’est une drôle de conception que cette légitimité excluante du dedans et cette illégitimité de « l’extérieur », alors qu’au contraire il me semble qu’un avis « extérieur » devrait être reçu et comme une marque d’intérêt et comme un apport, même modeste et maladroit au travail politique commun
Je passe sur le fait que venant d’un « vieux militant » il pourrait être reçu aussi avec l’intérêt qu’une forme d’expérience (pas au sens de savoir mais de vécu) pourrait susciter. Mais le vécu n’est plus à la mode, je crois.
Voilà, donc je persiste et signe et j’ai quelques amis qui ont aussi des avis, navrés souvent, sur ce qu’il reste de ce qui fut notre NPA mais pleins d’espoir sur ce qui pourrait advenir, du NPA ou pas, plutôt pas je dois avouer.

Mon avis vaut ce qu’il vaut, mais dans le tohu bohu terrible du monde, dire son mot avec vigueur et optimisme est une question de survie.
À mon âge on aime bien cette idée de survie, héhé.
La bise.

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