La NPA est mort, vive l'anticapitalisme vivant !

Le congrès du NPA a donc donné ce qu'il promettait : une carcasse ivre que les sectes dévorantes vont se disputer et se disputent déjà dans la presse en tentant de faire une OPA sur le ventre mou d'une des grosses minorités faite d'un vieux gauchisme frileux mi LO mi revival de la Ligue des années 1973.

Le congrès du NPA a donc donné ce qu'il promettait : une carcasse ivre que les sectes dévorantes vont se disputer et se disputent déjà dans la presse en tentant de faire une OPA sur le ventre mou d'une des grosses minorités faite d'un vieux gauchisme frileux mi LO mi revival de la Ligue des années 1973. (Si ça ne vous dit rien, ce n'est pas grave). Aucune majorité ne s'est dégagée hormis pour claquer la porte à toute unité avec le reste de la gauche de la gauche pour les échéances électorales à venir, sauf LO qui n'a aucune velléité de venir au secours d'un radeau de la Méduse, ou l'AL qui ne veut pas entendre parler d'élection. "Ne pas monter bien haut peut-être mais tout seul" !

Le réalisme règne !

Maintenant que la partie saine du NPA est en minorité, certes la plus forte minorité, mais une minorité, j'espère que les camarades vont commencer à se poser les bonnes questions, faire un retour sur leur tactique (pitoyable) de gestion du parti qui n'en était pas une mais l'illusion qu'on dirige autour d'une ligne souvent floue de rassemblement encore plus flou sans jamais énoncer la sienne clairement pour donner une ligne de force aux attelages majoritaires successifs. Et qui de plus consistait à s'épuiser dans la gestion des contraires assemblés, des petites susceptibiltés de courants ou de caciques, de riposter aux attaques des minorités les laissant dessiner sempiternellement le périmètre du champ de bataille, privant ainsi la majorité d'une réflexion sérieuse sur ses choix, d'un peu d'élaboration sur son avenir, et de dialogue interne constructif. Ainsi que, pour finir, une très médiocre information de celles et ceux, dans le pays, qui avaient soutenu cette majorité, lesquels apprenaient les conflits, les enjeux, les décisions par le biais évidemment biaisés de minorités tout sauf bienveillantes qui, elles étaient organisées pour répandre leur parole, poser leurs enjeux et dénoncer la majorité en tout temps et tous lieux propices.

Bref un embrouillamini jamais géré.

J'espère surtout que libérés de la gestion du parti (mais je vois déjà que ça va les brûler de se précipiter pompiers des feux que les autres allumeront, sous prétexte de préserver le parti) ils se mettront à élaborer une stratégie renouvelée, à produire de la réflexion, à réallumer un utopie anticapitaliste convaincante. J'espère aussi qu'ayant suffisemment vu "leur base" atterrée s'en aller doucement sans rien dire, et s'amenuiser dans le parti agonisant, ils se mettront à s'occuper un peu d'elle, l'informer, discuter, faire un peu le tour des popotes (eh oui, c'est ça aussi construire un parti, pas seulement balancer des textes brillants ni négocier des thèses absconses) et lui donner l'importance qu'elle aurait toujours dû avoir : celle d'un milieu vivant, critique, agissant qui a besoin de réfléchir et de faire le point avec celles et ceux qui sont sensés la représenter et par dessus tout agir en son nom.

Faire de la politique autrement ça consiste déjà par la faire avec ceux qui vous ont mandatés.

J'espère et je leur souhaite de tout cœur, qu'ils iront se renouveler, ne se laisseront pas entraver, ne déprimeront pas mais revitaliseront un projet anticapitaliste à bout de souffle. Qu'ils se donneront enfin une visibilité, une revue, des temps de rencontres, impulseront un réseau actif et pas seulement parisien, qu'ils poseront des actes de rassemblement plus large.

J'espère surtout pour l'anticapitalisme vivant, qu'ils ne vont pas faire le dos rond en se disant que comme ça ils n'effaroucheront pas leur base, en escomptant que les autres se décrédibiliseront tout seuls et qu'eux-mêmes n'auront plus qu'à discrètement compter les points, pointer les absurdités, jusqu'au jour où le fruit tomberait... dans leur escarcelle. (mais je crains)

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