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Billet de blog 2 octobre 2014

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LE CONGRES DU NPA EST ANNONCE

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le congrès du NPA est annoncé pour début 2015.

Tout le monde s’en foutra, en gros, et, hélas, compte tenu des débats amphigouriques qui le déchireront sans aucun doute ça se comprend. On entendra

-      les doctrinaires de tout poil installés en coucou dans l’expérience qui fulmineront la doctrine à tour de langue, eux qui n’ont jamais voulu d’un parti (honteusement) anticapitaliste,

-      puis les courants plus ou moins issus de LO (et des JCR pour mémoire) partisans d’un propagandisme avant gardiste radical ouvert mais pas trop, unitaire mais pas trop, révolutionnaire mais pas trop quoique,

-      enfin, issus du meilleur des traditions LCR, les défenseurs d’une orientation à la fois plurielle, indépendante et unitaire, partisans de l’unité d’action à chaque fois qu’utile et possible, rêvant de fédérer toutes les émancipations autour d’un anticapitalisme conséquent.... mais pas toujours très conséquents avec cette aspiration.

Pour tenter d’y voir clair (j’y consacrerai plusieurs post) reprenons le projet politique initial qui était de fonder un nouveau parti anticapitaliste, une sorte de parti/mouvement où les oppositions de gauche à la social démocratie et au post stalinisme d’accord pour le faire et décidées à ne pas s’affronter depuis leurs doctrines, mais à penser dans l’agir ensemble, se seraient retrouvées

-      en résistance à l’intégration des organisations du mouvement ouvrier (et des luttes en conséquences) dans le jeu (et le paradigme) des institutions bourgeoises,

-      en contre offensive à l’égard d’un libéralisme (émancipé du poids de l’URSS et de ses effets induits) lancé à l’assaut des acquis sociaux de tous ordres,

-      et enfin à la rescousse d’une planète (humanité comprise) que l’exploitation effrénée du capitalisme conduit au désastre et à qui manque cruellement en alternative à l’horreur libérale le projet émancipateur et radical d’une société nouvelle, projet sinon nouveau à tout le moins renouvelé.

Ce type de parti était dit « anticapitaliste » c’est à dire décidé à se confronter au capitalisme, à rompre avec ses institutions et à refonder un mode de production dédié à la répartition et à la satisfaction des besoins sociaux. C’est « chemin faisant », dans l’action et par l’action, à travers des expérimentations que stratégie et programme de transition en auraient été élaborés, et non en référence (révérence) à un corps doctrinal.

C’était une rupture avec l’idée d’un parti marxiste révolutionnaire à construire, issu de la tradition communiste bolchévique si l’on veut (projet qui reste celui de LO), celui dont Trotski disait qu’il manquait, en tant que direction, à la révolution mondiale. Cette vision reposait sur le pronostic (erroné) que l’immense essort du communisme mondial suite à la révolution russe constituait un vivier duquel pourrait surgir cette direction autour d’un programme convainquant. A l’inverse, cet immense vivier s’est transformé (en partie par la force, en partie par fidélité) en bouclier du stalinisme et en une vaste toile de contention des révolutions durant un siècle.

Le passage de la social démocratie du côté de la bourgeoisie et le dévoiement du communisme par les partis staliniens ont conduit à la faillite des projets révolutionnaires et à la plus grande confusion quant à l’idée même de révolution. Les expériences révolutionnaires du XX° siècle ont toutes été pour finir des échecs, prises en tenailles entre les impérialismes et la gangrène stalinienne bureaucratique, et aucune stratégie ne fait référence aujourd’hui.

Quant à la révolution russe elle-même, sacralisée par certains courants d’extrême gauche, il peut être discuté de savoir si une autre tactique, moins autoritaire, de la direction bolchévique tout en laissant place à un gouvernement pluriel moins politiquement « pur » et donc au devenir incertain, n’aurait pas évité la catastrophe stalinienne, et n’aurait pas ainsi préservé la référence communiste même si la Russie avait dû connaître alors, suite à l’écrasement de la révolution allemande, une démocratie bourgeoise.

Bref, voilà ce qu’aurait donc dû être le NPA. Et ce parti/mouvement anticapitaliste me semble non seulement rester d’actualité mais une hypothèse de travail confortée aussi bien

-      par les ambiguités qui ont produit l’échec du Front de Gauche en France,

-      par les graves tensions qui travaillent Syrisa en Grèce, prise en étau entre un programme « réaliste » (qu’on peut comprendre au vu des rapports de force européens) et un programme anticapitaliste de remise en cause radicale de la dette, de dénonciation des traités européens et d’expulsion de la Troïka, qui éviterait le naufrage politique.

-      par la passionnante recherche qui est en cours au sein de Podemos dans l’Etat espagnol, elle aussi travaillée de tensions que nous mesurerons bientôt entre la radicalité anticapitaliste et le jeu traditionnel de la politique réellement existante.

Oui, ce qui est à l’ordre du jour c’est bien le rassemblement des anticapitalistes dans un même pari mouvement.

Mais de qui « anticapitalistes » est-il le nom ?

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