Confinement piège à cons !

Comme tout le monde j'ai accepté le confinement, mais tout le monde a-t-il à l'époque, saisi par l'angoisse qu'on nous déversait à grands flots, saisi l'argument majeur qui a motivé cette extraordinaire atteinte à nos droits démocratiques et à notre vie commune ?

L'image qui a été la plus répandue a été celle de la forme en pain de sucre ou en plateau qu'aurait prise l'épidémie, et avec cette image la menace de voir les services hospitaliers débordés.

Cette image vient après une décennie de violentes restrictions subies par la santé en particulier hospitalière, et des mois de grèves des travailleurs des hôpitaux affirmant que que l'hôpital "tait à l'os" autrement dit au bord de l'implosion dans la misère organisationnelle, technique et humaine à laquelle on l'avait restreint.

Donc si le confinement a été décrété, c'est parce que l'hôpital français, le système hospitalier avait été à ce point démuni qu'il aurait été incapable d'assumer le choc d'une épidémie en pain de sucre.

Parce qu'il n'y avait pas de masques, pas de respirateurs, trop de services fermés, trop peu de matériel. Parce que les politiques libérales, sociales-libérales ou libérales pures et dures, sont passées par là.

Si nous avons dû être confinés c'est parce que la faillite du système économique et social que nous subissons a été telle qu'elle a littéralement terrorisé nos dirigeants devenus soudain impuissants devant la machine infernale qu'ils ont inventée.

Sinon avec un bon système de santé, des capacités de production de masques en masse, de production de respirateurs etc..... nous n'aurions pas été obligés de voir restreindre de façon drastique nos libertés et notre vie sociale.

Alors il va falloir se battre, déjà pour empêcher que les lois d'exceptions qu'ils ont prises ne soient pas maintenues. Mais aussi pour que tous ces systèmes de concentration des populations laborieuses qu'il s'agisse du transport, des open-spaces, des ateliers à la chaîne, des hôpitaux, des lieux de loisir et de culture, que tous les espaces de vie  et de travail cessent d'être des univers concentrationnaires ! Quatre mètres carrés par personne, autour de soi, des cloisons, de l'intimité...

De l'air dans nos vies, dans nos circulations, dans notre travail, dans nos loisirs !

Qu'on cesse de nous vendre aussi un entassement dans des campings surpeuplés, sur des plages surchargées, dans des stations de skis bondées, dans des avions à la promiscuité indécente d'inconfort et d'irrespect envers les personnes etc... Il faut casser une industrie du tourisme elle aussi concentrationnaire.

Que les établissements scolaires ne soient pas la préparation par des classes en surnombre, des salles étroites, des couloirs de prisons, des espaces de "récréation" qui ne soient pas de cours de "promenade" pour prisonniers... etc

C'est tout cela qu'il va falloir conquérir.

Mais pour cela il faut redonner la bonne lecture de ce qui vient de se produire : nous n'avons pas été confinés parce qu'il le fallait, mais parce que le système capitaliste libéral avait ruiné les hôpitaux, laisser périr des unités de fabrications de matériels vitaux (bouteilles d'oxygène dernièrement) sans compter la fabrication des médicaments abandonnée à l'autre bout de la planète. 

Et nous allons être déconfinés parce que les capitalistes ont besoin qu'on aille retravailler, "coûte que coûte".

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.