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Billet de blog 5 juil. 2021

le bal des gauches

Jacques Fortin
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Entre pleureuses (reurs?) et cris d'orfraie, la division de « la gauche » désespère le « peuple de gauche ». D'un certain point de vue, moi aussi, face aux périls de l'extrême droite le pénienne fascistoïde, et du libéralisme ultra et autoritaire macroniste, sans parler des rodomontades droitières de la vieille droite frustrée de ne plus pouvoir faire ses affaires et prête à faire pire que le pire si par hasard elle y arrivait... la perspective d'une gauche au pouvoir serait le moins pire et me procurerait un lâche soulagement.

Car le moins pire se révèle souvent pas si « moins pire » que cela, cf l'équipée Hllande, et n'est jamais qu'un illusoire sursis durant lequel le pire du pire fourbit ses armes.

Donc chacun y va de sa « méthode » du suivez-moi c'est Moi, au la recompo c'est autour de moi, en passant par la grenouille communiste qui ne sait toujours pas qu'elle ne sera plus jamais grosse comme un bœuf (stalinien). Le ridicule ne tue plus.

Du coup des voix désespérée lancent des appels à des trucs « citoyens », bidules et tours de passe-passe supposés pour provoquer le miracle auquel le vieux fond catho gallican de ce pays superstitieux et idolâtre n'a pas fini de vouloir croire.

La réalité dont on sait depuis un bail et Vladi, qu'elle est têtue, est simple : il n'y a pas de gauche, plus de socle de valeurs, ni de consensus délimités pour faire un programme commun.

Les « socialistes » ont depuis longtemps perdu toute créativité programmatique et toute boussole sociale, ils n'ont plus d'autre attache dans leur dérive, que l'Europe.

L'Europe telle quelle mais simplement « plus » :

Plus sociale

Plus écologique

Plus démocratique

Plus souveraine.

« Plus », mais ce sera difficile, hein, parce qu'à vingt-sept...

Les écologistes piaffent aux portes du pouvoir, imaginent-ils, et ont volé aux socialistes le prurit de la domination à gauche.

Puisque le monde brûle et qu'ils l'avaient bien dit, c'est autour d'eux, par eux, à eux que revient de jouer les pompiers en chef.

Ils veulent montrer qu'ils peuvent être de bons gestionnaires de la crise à venir et déjà en cours. Ils l'ont tenté sous Hollande, ils s'y proposent en Allemagne y compris en alliance avec la droite libérale (la gauche l'étant tout autant), Hulot a fait l'idiot (in)utile sous le règne de la start-up nation et en est tout tourneboulé.

Je ne sais plus qui a dit « l'écologie sans révolution ça s'appelle du jardinage ».

Quand j'entends Jadot jadoter je n'entends pas beaucoup de révolution, et même pour le jardinage, pas sûr...

Quant à l'insoumission elle a du plomb dans l'aile à force de se voir tirer des balles dans le pied par son insoumis en Chef. Oui les images sont bizarres mais Insoumis en chef aussi.

Déjà en appeler à la République et à ses supposées valeurs (quelle république ?) quand sa propre formation n'a rien d'une république mais tout du césarisme autour du leader maximo et de sa garde rapprochée... laisse rêveur sur ce que serait leur VI°.

La révolution par les urnes on sait où elle a conduit Allende... et le souverainisme à tout crin a des cocorico dont les lendemains ne sont pas si chantants.

L'appel au peuple c'est toujours l'appel à tout le monde c'est à dire à personne et finit par des compromis avec « nos entrepreneurs », « nos » capitalistes, « nos » banquiers, « notre » économie au détriment des travailleurs qui doivent savoir arrêter une grève, et de l'internationalisme qui s'arrête là où l'intérêt supérieur de la France éternelle commence.

Tout cela vite dit pour constater que la gauche n'existe pas. Ou plus.

Le capitalisme l'a explosée, le stalinisme l'a gangrenée et le social-libéralisme l'a minée.

Il y a des propositions politiques qui n'ont pas grand chose en commun. Peut-être les sociaux-libéraux du PS pourraient-ils s'entendre avec le libéral-écologisme... mais les sociaux libéraux sont d'abord libéraux avant d'être écolo, et les écolos ne veulent pas de quelques piliers du social-libéralisme dont la croissance à tout crin. Enfin la guerre des loosers et la lutte pour la survie les conduisent à s'entredévorer considérant qu'il n'y a pas place pour deux dans un espace politique où leur électorat leur préfère l'abstention quand ce n'est pas la start-up nation !

Donc pas de miracle en vue.

Hulot est cramé, leur reste Taubira ?

Quant à nous l'extrême gauche, ben, on a dû merder, en tout cas quelque part, au moins un peu. Mais on est têtu alors on réessayera.

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