Quand tous les pauvres s'y mettront !

Estàn los viejos cuchillos tiritando bajo el polvo

(F Garcia Llorca)

Oui, oui, je sais, les vieux soixantuitards se réveillent au moindre frémissement des boulevards et voient à leur porte ce dont ils - nous - ont été frustrés durant toute leur vie active.

Oui oui je vois les mencheviks de l'époque en train de ratiociner sur leur éternelle potion magique de l'union des gauches, le mantra des combinaziones présentées comme d'audacieuses leçons de pensées, insoumis pas soumis qui se voient en tête d'un improbable cocktail de partis et mouvements cacochymes, compromis jusqu'à l'os... de Hamon en passant par les écologistes (pudiquement ils n'osent dire EELV), le sépulcre blanchi du stalinisme jusqu'à la "gauche (?) du npa".

Pendant ce temps des foules sortent de nulle part et envahissent les carrefours, les avenues, forcent les portes, voient manifester les femmes, brandissent leurs fins de mois sans fins, et épuisent les polices tout en rendant fou un régime à l'arrogance rare celle des strarteuppeurs aux dents longues et aux courtes idées libérales, spécialistes du moi-je et toi tais-toi, qui ne sait plus comment sauver son projet mortifère.

Et ça vient de loin, ça ira jusqu'où ? Veremos...

Tout est possible, rien n'est improbable, encore faut-il ne pas verrouiller avec de vieilles lunettes et de pauvres recettes apparatchiques ce qui se cherche.

Tout ça est confus, contradictoires, brut de décoffrage, fraternels, ambigu, ça traine aussi les scories d'une époque rancie, certes, alors les professionnels de la déconfusion et du débouché politique se précipitent pour offrir leurs services.

Un jour ils trouvent les gilets trop jaunes le lendemain ils sont fascinés par le plus jaune de ces gilets...

Gardez votre soupe et écoutez, observez, de la confusion peut sortir la raison, les révolutions ne naissent pas des programmes tout cuits tout pensés, qu'ils soient en commun ou de transition, mis en débat selon la formule gnangnan de ceux qui ne savent plus quoi dire, ou générationnels.

Nous sommes entrés dans un temps confus, c'est ainsi, les schémas sont obsolètes, ce qu'on voit a de fortes chances de n'être que prolégomènes, même pas répétition générale.

ça branle dans le manche, c'est tout. c'est énorme.

Tenons-nous en là et scrutons, avec humilité.

Demain sera un autre jour et qui sait ?


Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

 

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