Nouvelle génération LGBT/ C Girard

Je ne connais pas C. Girard, croisé une fois sur un trottoir de Paris, ni les élues vertes de Paris qui sont à l'offensive dans cette affaire. Mais sans préjuger du fond, quoique..., elle me réjouit.

Le scène LGBT parisienne dont nationale, a été squattée dès les années 90 par une génération très marquée par le PS. Incarner la revendication LGBT, se hisser à la direction d'une association dédiée voire de lutte contre le SIDA, est devenu un enjeu y compris promotionnel personnel.

Le plus court chemin entre soi et "la réussite".

Sans doute le retournement politique avec les années Reagan Tchatcher, et le tournant Mitterrandien qui a fait basculer la gauche dans le suivisme libéral, le retournement social qui a vu les luttes devenir des luttes défensives sans horizon émancipateur, la défaite de Mai 68 dans le monde etc... ont été autant de facteurs de la défaite des aspirations collectives, égalitaires, émancipatrices, de justice sociale des décennies précédentes.

Il s'est créé avec l'installation de la "communauté" LGBT dans le paysage social, de ses "porte-parole" parfois autoproclamés dans le paysage politique souvent lors de luttes de pouvoir associatives intenses, avec la mise au pas de la contestation homosexuelle derrière une logique d'intégration juridique, idéologique, mercantile à l'ordre hétérosexuel, ... une véritable caste.

On faisait carrière avec l'étendard LGBT (PS, Mairie de Paris, Media), on entrait dans des réseaux, on pratiquait les antichambres ministérielles ou de la mairie de Paris, de grandes entreprises sponsors, de grands "mécènes" dictatoriaux... de certains media...

Bref tout un entre-soi ponctué à l'occasion par les cris d'orfraie de tel ou telle qui le dénonçait parce qu'il ou elle voulait y avoir sa place et qu'on la lui mégotait.

Là dedans les vrais intérêts des LGBT c'est-à-dire la mise en cause de l'ordre hétérosexuel et non l'intégration à celui-ci, ses institutions (mariage, parentalité nucléaire, transidentité néonormative etc) ont sombré. Une sorte de capitulation devant l'hétérosexisme, les normes genrées, la famille etc... s'était opérée, orchestrée par de jeunes et ambitieux sociaux-libéraux... patronnés voire financés par de plus anciens...

Avec toutes les connivences qu'on peut imaginer.

Je ne sais pas ce qu'il en est des deux élues parisiennes, lesbiennes, écologistes, mais leur entêtement à coller des coups de pieds dans la fourmilière m'apparaît sacrément salutaire. Elles sont peut-être le signe d'émergence d'une génération prête à remettre en cause l'apathie néo-normative et connivente dont l'esprit "communautariste" LGBT a accouché. 

Peut-être un printemps subversif de notre contestation ?

NB.

Guy Hocquenghem en est une victime collatérale, car, ce serait l'objet d'un autre billet, ses écrits déjà contestés à l'époque ouvrant la porte à justifier la "pédophilie" (pédopathie plutôt !) devraient être relus dans un contexte où les positions des homosexuels renvoyaient à leur propre enfance : leur désarroi d'enfants opprimés par l'hétérosexisme, à l'orientation niée, à la liberté de devenir soi rendue impossible... et donc la défense d'une sexualité des enfants... de là à glisser vers le droit d'adultes à y interférer ou en profiter...

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.