Jacques Fortin
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Billet de blog 9 févr. 2011

Congrès NPA

Jacques Fortin
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le résultat du congrès va le montrer. Il y a des moments où quand ça veut pas ça veut pas. L'Histoire ne se fabrique pas comme ça, ni un nouveau parti. De ce côté là c'est l'échec, en tout cas pour le moment. Et c'est trop tôt pour tirer un trait ou même des conclusions.

Si ça piétine en général, est-ce une raison pour abaisser ses prétentions et réduire ses objectifs avec tous les opportunistes ou rabat-révolte de service qui engueulent bien fort DSK pour laisser ouverts les arrangements avec Aubry, Hollande, Ushuaya et consorts ? Est-ce aussi une raison pour vilipender tout ce qui n'est pas soi et s'ériger en donneur de leçon de la vraie résistance jusqu'au bout ?

La résistance elle se vit chaque jour dans nos luttes, elle est partielle, vitale, nécessaire, aléatoire, et nos luttes sont unitaires avec qui veut lutter, jusqu'où on peut tous ensemble. On y trouve du PCF, du PG, du LO, du PS aussi et bien d'autres... Il faut souffler sur cette braise, alimenter cette unité, la solliciter tant et plus. Elle redonne du cœur au ventre et au moins de petites victoires. Mais l'offensive politique pour mettre la gauche en ordre de bataille et lancer l'assaut, ne peut se faire avec des généraux déjà prêts aux armistices. Voilà le problème. Et à se dire qu'on peut quand même, c'est être bien sûr de soi : le compromis secrète une culture du compromis puis devient une orientation.

Alors on retrouve dans le NPA les exaspérés qui faute de pouvoir la faire, veulent décréter la révolution, introniser le NPA parti révolutionnaire, et sommer le reste de la gauche d'avouer sous la torture du discours révolutionnaire qu'elle a choisi le capitalisme. Soit dit en passant il n'y a de parti révolutionnaire qu'un parti ayant fait la révolution, le reste est présomption. Quant au reste de la gauche (je ne parle pas des généraux) son choix est aléatoire, ambigue, hésitant et d'autodéfense. Tout le monde y voudrait qu'un autre monde soit possible, mais y croire est une autre affaire, et pour s'y mettre alors il y faut des circonstances, pas des discours.

On retrouve aussi les désespérés (ou trop espérants) pour qui le malheur des temps pourrait reculer si l'on s'unissait, et le demandent. Ce qui est vrai. Sauf que lorsqu'il s'agit de s'unir il ne faut pas que le contenu de l'unité soit l'unité. Sinon on bascule dans la magie : on laisse à l'unité le pouvoir de faire son contenu en prenant l'ivresse de l'unité pour de la détermination trouvée, puis de la troisième dimension où on planait, on se retrouve un beau matin uni à qui on ne voulait pas, à faire le contraire de ce qu'on avait promis, dans le cambouis sinistre des compromissions. (Et, encore une fois, le compromis secrète une culture du compromis etc...)

ça s'est vu.

Mais il faut bien faire quelque chose, nous somme-t-on !

La désunion est scandaleuse, nous reproche-t-on !

Il y a des temps où on ne peut rien faire d'autre que résister, nourrir la résistance, prendre sa part aux luttes, mûrir des expériences et prendre des coups en tentant en même temps de faire entendre sans arrogance la discordance de ses propositions radicales, les affiner aussi, apprendre. Ascèse compliquée et aride qui rebut...

ça s'est vu !!!

La désunion est un scandale, mais l'union le serait tout autant s'il s'agissait d'aller brader les espoirs populaires sous prétexte de ne pas les désespérer plus. Or finir avec le PS, social libéral comme jamais, ce ne serait pas seulement désespérer mais prendre part à l'agravation des choses. On peut tourner ça dans tous les sens, mais Mélenchon en vient sans en être tout à fait parti (je suis gentil) et le PCF y est toujours.

Ceux qui aujourd'hui chantent les 35h oublient le prix (perte de temps de pause, de "journées" diverses, blocage des salaires, annualisation, recul du droit du travail etc) qu'elles ont été payées. Ceux qui chantent la CMU zappent qu'elle n'a rien d'une sécu universelle, mais d'une sécu de pauvres (humiliation à l'appui) de toutes façons insolvables, qui laisse le champ à la privatisation générale de la sécu ; reste l'abolition de la peine de mort et la semaine de congé payée... assortis des engagements pris par le gouvernement Jospin-Buffet-Voynet (et du ministre Mélenchon) à Barcelonne puis à Lisbonne qui induisaient le démantèlement des retraites auquel s'est livrée la droite, l'intrusion agravée du marché dans l'éducation nationale, la privatisation sournoise de l'assurance maladie, la dislocation des services publics y compris (ironie) la police...On sait tout ça, il faut le redire.

L'unité aurait une dynamique propre, nous dit-on. Mais une dynamique vers quoi ? Question de rapport de force. Or les invocation de "la gagne", "être devant", le "score à deux chiffres" ne sont que méthode coué ou miroir aux alouettes. Surtout, encore une fois, quand cette unité ne comprend pas la ferme intention de tordre le cou aux directions du PS. Et je ne vois pas comment, en étant sérieux, on pourrait zapper cette question en arguant d'un bon programme, le contenu est indissociable de la stratégie, sinon alors, pour le coup, c'est très exactement du témoignage : on (mé)fait avec le PS en criant qu'il faudrait faire autre chose !

ça s'est vu...

Ceux qui ont voulu le tirer à gauche, ont toujours été tirés à droite parce qu'il n'y a pas que l'appareil du PS, il y a avec lui s'il le faut, les institutions, l'union européenne, les lobby économiques, les médias privés et tutti quanti. Deux chiffres n'y suffiront pas tant que... la rue ne sera pas devant. Question de rapport de force !

Donc quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Reste le terrain sûr des résistances où se prépare autre chose, l'autre voie, celle qui au sud, contre les tyrannies, s'expérimente en ce moment et permet, le moment venu que se posent le changement, l'épreuve de force, l'unité avec ce contenu aux fesses, et la révolution à l'horizon des possibles.

Je ne vois pas d'autre solution réaliste, et franchement, je n'en vois pas non plus qui fasse exemple réussi dans le passé, l'Histoire.

Enfin, si en 2012 Sarkozy repasse, à gauche ce sera l'implosion, et nous serons à la fois à la peine et au travail, reste à savoir si ce sera l'effondrement populaire ou le redépart d'une colère.

Si la gauche passait, avec la somme de rage et d'exigences accumulée, on pourrait reparler d'unité sur un contenu avec ceux qui ne l'auraient pas déjà faite... au gouvernement !

Mais d'ici là, qui sait. Ouep.

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