Ce post n’est qu’une modeste fable que je dédie à toutes les bonniches, chambrières et domestiques du monde entier dont celles qu’il m’est arrivé de voir courir d’une chambre à l’autre poussant une sorte de gros caddy surchargé de linge sale, elles-mêmes l'étant, de toute évidence, d'urgence et de fatigue.
Je n'en reviens pas de ce que j'apprends.
Vous ignoriez comme moi que les grands hôtels soumis aux strictes lois d’une organisation du travail séquencée tolèrent à leurs salarié/es un peu de temps pour eux/elles au sein de leurs horaires. Entre deux coups de plumeau, un retapage express de literie, un coup sur les fenêtres, une volte d’aspirateur, un frottage vigoureux de salle de bain, les bonniches ont le loisir de s’envoyer en l’air avec les clients sans que le minutage sur la feuille de travail quotidien en pâtisse (vous savez, cette feuille quadrillée, pincée sur une tablette qui les accompagne partout). A moins qu’une case prévue à cet effet ne décompte ce temps de galipette de leur taf ? Vérifions ce point la prochaine fois que l’un d’entre nous prendra une chambre d’hôtel.
Donc la bonniche a le loisir de ce petit à côté.
De même n’êtes-vous pas sans savoir que le sex-appeal d’un sexagénaire au bord de l’obésité, dans l’univers des chambrières, est irrésistible, y compris lorsqu’elles ignorent tout de l’identité prestigieuse de l’obèse en question. Ainsi un magnifique morceau d’humanité chenue, nue et opulente, peut-t-il éveiller chez une chambrière à peine trentenaire, sans coup férir, un irrépressible désir, alors que, prise dans son rythme de travail intense, elle vient par exemple tout juste d’entrer dans une chambre malencontreusement occupée. Avec une présence d'esprit (et de corps) remarquable, il ne lui faut que quelques secondes pour consentir à "se donner" de diverses manières y compris certaines qui, d’ordinaire, requièrent plus de familiarité.
Evidemment le fringant sexagénaire ne peut que jouir de sa bonne fortune, si l’on peut dire, et trousser allègrement (c’est ainsi qu’il semble que ça se dise) la joyeuse bonniche. Entre deux avions.
Il se peut (les versions divergent, hem) que le sexagénaire sollicite un peu l’accorte domestique (il y en a qui parlent encore comme ça, si). Elle entrerait à l’improviste, le plumeau à la main, lui-même exposant une virilité un peu frustrée par tous ces décalages horaires, sortant tout juste de la salle de bain. Sa bonne éducation, c’est un Monsieur, lui ferait obligation d’assumer son état, de n’en rien aller cacher derrière la porte ni une serviette, et devant le regard assurément ébahi de la chambrière, de répondre à cet ébahissement par une réparation érotique immédiate et copieuse. De toutes sortes de manières. Vous et moi ferions pareil en semblable situation, non ?
Il va sans dire que la bonniche ne peut que se sentir flattée puis honorée de l’être ainsi par un client qui, enfin, porterait le regard et le reste sur sa modeste personne d’habitude réduite à la transparence. Honorée, sauf ingratitude.
Il se peut, d’ailleurs, que le Monsieur soit un homme de gauche... justement. Il parait qu'à droite on fait plus de manière et on commence par le pied. Mais, comme dit Musset, "quand on voit le pied le reste se devine et tout le monde sait qu'elle a le pied charmant".
Bref.
Tout ceci n’a bien sûr rien à voir avec une quelconque situation ni de quelconques personnes réelles, et je prie quiconque s’y sentirait visé de bien vouloir accepter mes excuses les plus complètes. Je sais ce qu’il en est des tragédies personnelles, d’ailleurs j’ai en ce moment sur MSN un ami grec qui me prie de lui envoyer quelques euros non pour terminer son mois mais pour le commencer.
En espérant que les mesures actuelles du FMI ne viendront pas dans certains pays que j’aime, jusqu’à tarir la venue de la clientèle et donc priver des chambrières de modestes revenus déjà amputés par celles-ci, je leur dépose cette courte fabulette d'hommage solidaire.