Liberté de la presse... mais !

Partout la liberté de la presse est menacée.

Ici elle est en butte à la rancune populaire.

Des éléments pas toujours douteux agressent les journalistes.

Comme souvent un mouvement voudrait une presse qui "informe" de son point de vue.

Que les journalistes réclament le droit de faire leur travail, rien de plus juste.

Voici le "mais".

L'ont-ils réclamé depuis des décennies de leurs patrons libéraux ?

Ne se sont-ils pas laissés enfermer dans le carcan de la pensée libérale ?

Quelle place ont eu dans la presse les journalistes critiques, ceux qui ne croient pas en l'absolutisme libéral ? ceux qui ne veulent pas de l'absolutisme patronal ? Ceux qui voudraient parler de la vie réelle des gens réels et non passer leur temps à faire la prmo directe ou indirecte des patrons du CAC40 ou des derniers produits littéraro-musicalo-esthético lancés par l'industrie du divertissements et des prétendus arts ?

Du TINA ultra libéral de Thatcher ?

Et qui sont leurs principaux hérauts ?

Se souviennent-ils du déferlement d'injonctions arrogantes des principaux media et des journalistes, des éditorialistes lors de la campagne référendaire ? Un mépris qui est resté gravé dans les mémoires en tout cas dans les subconscients.

Et auquel le mépris des startuppeurs macronesques fait un écho assourdissant.

D'Apathie avec ses déficits qu'il faudrait de toute urgence combler sans une référence aux déficits salariaux, à l'inégalité de la répartition des richesses, à l'envolée des distributions de dividendes, sans parler de Seux au libéralisme bas du front, éhonté et omniprésent sur la radio nationale... et ils sont nombreux ceux qui pensent le salaire comme une dépense compressible, le travailler dur pour pas grand chose comme l'alpha et l'oméga de la santé d'une nation, et les retraites des babyboomers comme un privilège indécent et indû.

Que penser d'une presse bien plus attachée à flatter la couche supérieure de la dite "classe moyenne" qu'à parler de la multitude des salariés ? Et si souvent muselée lorsqu'il s'agit d'aller regarder du côté des mœurs économiques sociales et politiques des annonceurs.

Comment ne pas voir l'exaspération devant une presse privée, privatisée dont les sociétés de rédacteurs ne sont souvent que des paravents pour une absence de déontologie bien réelle...

Et que penser d'un journalisme quand même exclusivement recruté dans des couches de la population qui n'ont rien de bien populaire, ce qui n'est pas propre à la presse, qu'on retrouve dans les arts et spectacles avec la prolifération des fils et filles de, dans la politique ainsi de suite.

Oui, la liberté de la presse est en danger, alors que les journalistes aussi la défendent, la révolte des gilets jaunes est l'occasion rêvée non pas d'une mise en accusation de leur hargne anti-media, mais d'une mise en accusation des mains mises sur les média, d'un sursaut de liberté des journalistes !

Pourquoi pas un mouvement des journalistes gilets jaunes ?

 

 

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