Rendez à César ce qui est à César ! Luc 20, 20-26, le mariage homosexuel.

L'église catholique toujours travaillée par ses vieux démons est aujourd'hui en prière particulière. Le mariage des homosexuel/les est une promesse du pouvoir et le vieux prurit totalitaire du catholicisme romain se réveille. Alors on prie Dieu qui dans sa grande sagesse se préoccupe évidemment, il n'a que ça à faire, des chatouilles et papouilles que deux personnes du même sexe peuvent se prodiguer et de leur envie d'en faire avaliser la pérennité devant Mmes et Mrs les maires. Il y a quelque chose de pitoyable dans cet acharnement bigot qui, de reculs en reculs bien obligés (les homosexuel/les sont désormais quand même devenus des "frères et sœurs" en l'église et non plus de la chair à bûcher) s'arcboute sur ce qu'il peut.

Deux choses sont particulièrement insupportables dans ce comportement. Elles sont liées.

La première c'est que l'Eglise et ses docteurs n'en finissent pas de confondre et de vouloir confondre en quelque sorte Dieu et Mamon, César et le Pape, le droit et le dogme. Les catholiques ont, depuis un concile de Trente, leur mariage. Il est devenu ainsi un sacrement, par la grâce de la Révélation qui n'en finit pas de se dévoiler au gré des lubies papales et écclésiastiques. Ceci mille cinq cents ans après que Paul eut concédé aux croyants de "se marier plutôt que brûler" (rien de sacramentel dans cette injonction charitable qui reconnaisait simplement à la chair le droit de s'enflammer si l'impatience des sens était incapable de tenir jusqu'à la venue du Messie).

Un sacrement c'est quelque chose, du sacré, du dur. Que les catholiques qui y croient s'y plient cela les regarde. Qu'ils se marient entre personnes de sexes opposés ou complémentaires (tiens tiens) cela les regarde, jusqu'à ce que la mort les séparent, pourquoi pas.

La révolution française ôta à la puissance ecclésiale le monopole de l'état civil (duquel était donc exclus les protestants, les juifs, les mécréants en général et les comédien/nes etc) et installa un mariage civil. Dès lors à l'église son mariage consacré, à César le mariage civil. Quel besoin l'église a-t-elle de se mêler du mariage "césarien" ? En quoi la concerne-t-il ? Je ne sais quelle éminence demande que le mariage civil soit déconnecté du mariage religieux que la loi oblige à lui succéder (on ne peut se marier religieusement sans être passé d'abord en mairie). Elle n'a pas tort l'éminence. Enfin un peu de logique dans cet univers de fantasmes.

Bref, que l'église romaine rende à César ce qui est à César, comme l'écrivit l'apôtre Luc, le mariage civil aux décisions du Parlement en l'occurrence,  et à son Dieu l'indissolubilité du mariage hétérosexué, genré, sexiste pour tout dire, daté d'à peine 500 ans d'ailleurs. Et qu'elle ne se mêle pas de ce qui va être légiféré (voir note).

Le deuxième aspect exaspérant cette fois, et inquiétant, c'est le TOTALITARISME dont l'église romaine ne s'est toujours pas départie, radicalemernt opposé (ennemi) aux libertés de conscience et de choix de vie. Celui qui lui fit expulser les protestants des cimetières, de l'état civil, les juifs en leur juiverie et plus généralement qui lui fait vouloir imposer à toutes et tous, rejoignant en cela la Charia, les préceptes moraux qui sont les siens en exigeant qu'ils soient transcrits en textes législatifs opposables à tous. Rien moins.

Imaginons que l'église reprennent du poil de la bête. Vous, moi, nous tous athées, agnostiques, ou adeptes de tel autre courant religieux, ou catholiques de leur temps, nous nous verrions privé/es de l'avortement, du divorce, d'enfanter hors mariage nos enfants redevenants conçus dans le péché autrement dit bâtards, les homosexuel/les prié/es de se tenir à tout le moins discrets, les femmes incitées à la décence (sortir couvertes par exemple, mais si), la recherche médicale strictement cantonnée à ne pas toucher au vivant, la prière dans les écoles, le crucifix un peu partout, les curés dans les classes, la France fille aînée de l'église et ainsi de suite.

L'église catholique romaine (à l'instar de bien d'autres églises) est un corps dictatorial, totalitaire, elle se montre rien moins que décidée toujours à plier l'humanité sous le joug (sensé salvateur) des instructions qu'elle attribue à son dieu, et qu'elle se concocte au gré des aleas historiques et des conjonctures socio-politiques (le mariage devenu sacrement vers la Renaissance).

Son réveil contre le mariage homosexuel en est une preuve de plus. Ce grand corps malade (et malade des corps) reste dangereux. Roma delenda est. Il faut faire taire le totalitarisme catholique.

Quoi qu'on pense par ailleurs du mariage en général, le plus grand mal en ce qui me concerne, et du mariage homosexuel en particulier, une triste mystification à mon sens.

Note : en Tunisie le pouvoir religieux veut changer "l'égalité" homme/femme inscrite dans la constitution, en "complémentarité", nul doute que Rome y souscrirait et applaudirait des deux mains.

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