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Billet de blog 16 février 2013

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MELENCHON, la repentance et le colonialisme

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le "tribun de la gauche de la gauche" institutionnelle a une nouvelle fois perdu l’occasion de se taire et d’éviter d’encourager par ses « sorties » ce qu’il y a de pire dans l’héritage du certaine gauche que le colonialisme ne défrise qu’en partie. Avec ces sorties, il nourrit la rancœur et les errances de courants comme celui des Indigènes, et l’amertume de milliers de vrais anticolonialistes qui espèrent une gauche internationaliste et se désoleront de ne pas la trouver pleinement dans le Front de Gauche.

Mélenchon trouve, à propos de la guerre d’Algérie, qu’il qualifie de « guerre civile » et non de guerre de libération anticoloniale, que « la repentance est une perte de temps ».

La « repentance », calotin et sentimental vocable, n’est pas un concept de gauche. Cela il aurait pu le dire. Bien qu’une partie de la gauche pourrait faire son examen de conscience historique à propos de l’Algérie et des colonies en général. Mais on ne va pas faire payer jusqu’à la xième génération les fautes du passé.

Donc de repentance point, et c’est juste.

De repentance au nom de la France, pas plus. Si du moins, mais là dessus Mélenchon patine dans les contradictions, on ne considère pas LA France comme un tout mais comme partagée (la Rebelle contre la réactionnaire par exemple). Il y a la France de la Commune et celle des Versaillais, c'est lieu commun mais qui, du coup, ne semble plus si "commun" que ça. La France des porteurs de valise et celle des va-t-en-guerre (celle aussi des pacifistes ambigus...). Or on sent chez le franc maçon tribunicien une tendresse pour LA France, une et indivisible (mère des armes, des arts et des lois ?).

On aurait aimé qu'il dise "pas de repentance pour LA France, mais une juste reconnaissance des crimes d’une certaine France, celle des colonisateurs", par contre indispensable. Et à réitérer à chaque fois que nécessaire, opportun, demandé ou tout simplement courtois, ce qui n'est pas perte de temps mais devoir de mémoire. Certains furent colonisateurs "de gauche", dans la lignée de Jules Ferry, et tellement d’autres depuis qui voulaient "la paix en Algérie" (PCF), ou clamèrent que "l’Algérie c’est la France" (Mitterrand, mais était-il de gauche bien qu’il l’ait incarnée ?).

D’autres qui n’ont aucun repentir à manifester étaient pour le soutien sans faille à la revendication d’indépendance, mais ceux-là dont je me sens, ne serait-ce que par fraternité ne manqueront pas de dénoncer tant qu’il le faudra les crimes des gouvernements français colonialistes, et il le faut encore car le peu qui fut dit reste bien timide et en de ça des horreurs commises.

Hélas il n'y a plus patinage mais une triste glissade lorsque Mélenchon parle de « guerre civile » pour désigner les deux guerres en une : la coloniale menée par les gouvernements français, la « de libération nationale » menée par les Algériens.

Une « guerre civile » est interne à une nation ou à un état, alors Mélenchon, l’Algérie c’était la France ou une terre colonisée ?

Une guerre civile opposent des factions qu’on peut pousser à se réconcilier ensuite par exemple, ce qui évite toute « repentance » et surtout toute reconnaissance d’une des "deux guerres" comme la guerre légitime.

Or un des deux protagonistes était bien légitime, non ?

Et sommes-nous d’accord que si la guerre était « civile » elle n’était plus « de Libération ». Problème, non ?

Qu'on ne me dise par que j'ergote, le tribunicien sait fort bien manier et choisir ses mots.

Bref.

J’attends qu’au sein du Front de gauche, les courants anticolonialistes, authentiquement internationalistes, interpellent vigoureusement leur héraut, celui qui  co-président, parle en leur nom, n'est-ce pas ? Je veux être sssuré qu'on va les entendre déplorer publiquement ces ambiguïtés qui sont du chauvinisme.

En cela ils seraient utiles à tous, et au Front de gauche.

Alors ?

NB J'espère simplement que les deux sources différentes par lesquelles m'est venue cette information, font de le désinformation et que Mélenchon va rectifier tout ça avec la vigueur qu'on lui connaît envers les journalistes.

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