Réformisme...

Réformiste... l'insulte suprême dans certains cercles... qui se veulent rouges. Ou à tout le moins l'argument le plus infamant pour décrédibiliser une orientation (voire une personne).

Je suis assez convaincu qu'une grande proportion de nos contemporains aspirent à un changement radical de nos sociétés, rompre avec les inégalités, répartir les richesses, assurer la gratuite des services vitaux, la santé, l'éducation, le logement, le chauffage, la vieillesse etc qu'ils souhaiteraient donc une révolution mais...

Mais d'une part tout nous invite à ne pas la croire réaliste, possible, et l'Histoire regorge de situations qui nous incitent à la redouter. D'ailleurs, voir les printemps arabes, les puissants, les classes dominantes dès qu'elles le peuvent nous font comprendre par le feu et le sang que toute illusion révolutionnaire ne basculera jamais que dans l'horreur.

Les staliniens ont beaucoup fait en ce sens... et leurs dictatures avec. Les sectaires de tout bord n'y aident d'ailleurs pas.

Donc être réformiste somme toute c'est penser être raisonnable, espérer envers et contre tout que des réformes pourront sinon changer radicalement les choses, du moins en atténuer les distorsions et les dégâts. Ce n'est pas renoncer à changer le capitalisme, ni même à le renverser, c'est croire que d'une façon ou d'une autre, peut-être avec beaucoup de patience on pourra cuire le mouton bourgeois sans qu'il s'en aperçoive.

Qui a envie de lancer sa vie, les siens, le peu qu'il a ou espère dans une chaos social et politique ?

C'est pourquoi le romantisme révolutionnaire, son mépris du réformisme me paraissent suspects.

Je ne méprise pas les réformistes, je ne demanderais pas mieux que de l'être mais je pense qu'hélas ils se trompent. Le mouton est en fait un loup et ne se laisse pas cuire sans combattre. Donc je ne les dénonce pas, je réfrène mes éventuelles exaspérations, j'essaie de débattre.

Et j'ai la faiblesse de préférer un/e brave type réformiste aux exaltés sectaires de la révolution, car le premier sous le feu des évènements bougera.

Je n'ai jamais "choisi" la révolution par plaisir mais faute de mieux, par réalisme. Et en guise de boutade j'ai souvent rigolé avec les copains en disant que dès le petit matin suivant le grand soir nous fonderions une association de défense des droits de la personnes humaine et des citoyen/nes.

 

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