Totalitarisme mélenchonien ? acte 2

J'ai eu droit à quelques réactions acides, et en privé à des admonestations sévères pour avoir osé taxer, même avec un point d'interrogation, le mélenchonisme de totalitarisme en puissance. Le motif serait que Mélenchon serait la cible de grands groupes capitalistes de presse et moi du coup un exécutant de leurs basses œuvres.

Or en priorité Mélenchon s'attaque à qui ?

Le Figaro ? BFM TV ? C8 où sévit Mme Garrido ? Le Parisien où il se répand ? Paris-Match ? Non !

Il s'en prend prioritairement à Mediapart, Radio France, Quotidien et Le Monde .

C'est à dire en gros des média où des journalistes tentent de faire à leur façon qui peut être discutée, du journalisme ici populaire là politique, là plus intellectuel, et tentent à leur façon de sauvegarder tout ou partie de leur indépendance éditoriale.

Intéressant non ?

Les mêmes furieusement attaqués par l'extrême droite, mais ce n'est pas forcément un argument.

Quand les juges sont aussi virulemment méprisés alors qu'en justice quand même lorsqu'il y a mise en examen c'est qu'il existe des indices... c'est bien qu'on ne vise pas à contester les indices en droit, mais à décrédibiliser les juges qui ont déjà bien du mal dans notre pays à faire le travail entre les entraves de la caste (oui) politico-financière et la pauvreté indigne de leurs moyens.

Plus prosaïquement le petit jeu qui consiste à hurler après un policier en faction qui n'en peut mais, puis à venir cauteleusement cinq minutes après, hors camera croit-on, lui assurer qu'on l'aime bien et qu'il ne risque rien... que dire...

Ensuite le refus d'accréditer un organe de presse au regard de ce que devrait être le goût profond de la liberté de la presse de la part d'un mouvement comme celui des Insoumis, est-il sans signification sur celui xqui le pratique et sur la crédibilité de cette insoumission ? Non.

Il revient, dans la sphère où l'on a un petit pouvoir à refuser le débat et surtout refuser l'information, interdire l'information, même celle qui dérange, agresse, interprète, moque, qu'est-ce que cela dit encore une fois du projet politique de l'équipe qui, gazeusement, tient ferme la ligne exclusive et excluante de l'insoumission prétendue ?

Il y a dans le mélenchonisme un mélange de pratiques qui me rappellent furieusement, mais je suis subjectif, ma jeunesse militante (LCR) en butte au totalitarisme stalinien. J'aurais naïvement cru que si les jeunes générations qui l'entourent pouvaient ne pas s'en rendre compte, Mélenchon et un série chenue de ses thuriféraires ne pourraient pas eux, l'ignorer. Or je vois de vieux militants de la gauche alternative oui, alternative ne rien voir, ne rien entendre, ne rien vouloir savoir et applaudir. Serait-ce depuis, coïncidence, qu'ils portent (enfin !) une écharpe d'élu/e ?

Du temps du stalinisme triomphant

Nous ne pouvions diffuser de tracts en certains endroits (sorties usines, quartiers, places) car les gros bras du PCF intervenaient immédiatement.

Nous ne pouvions prendre part à des manifestations syndicales avec nos drapeaux car de gros bras CGT nous en expulsaient (et pas avec des fleurs).

La presse stalinienne refusait purement et simplement tout communiqué émanant de nous.

Si, évidemment, nous étions repérés nous ne pouvions entrer dans les meetings et réunions publiques, encore moins y prendre la parole, ni proposer notre journal à l'entrée.

Au motif qu'il était LE parti des vrais insoumis, pardon des vrais travailleurs et le vrai parti etc... nous ne pouvions et des camarades critiques au sein du PCF ne pouvaient émettre de critiques sans être les... suppôts des (grands groupes de presse) capitalistes, patrons, impérialistes, anticommunistes etc.

Que dire de plus ? Je ne voudrait pas que cela revienne.

Alors insoumis réveillez-vous, Insoumission !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.