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Billet de blog 27 novembre 2014

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La putréfaction de la gauche

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Tout a été tenté depuis vingt ans.

L'envolée de LO à la présidentielle de 1995, l'accord LO LCR aux européennes cinq élus, mais l'échec de justesse aux régionales suivantes.

(Depuis droite et PS ont mis bon ordre à ces risques de voir l'extrême gauche démocratiquement représentée en changeant les modes de scrutins. On n'est jamais trop prudent).

Envol de Besancenot en deux présidentielles, tentative de lancement d'un parti anticapitaliste large en dépit des organisations existantes, explosé puis sombré corps et biens entre le retrait de Besancenot et la fuite de la GA vers l'hypothèse Front de Gauche qu'elle estimait être l'hypothèse de la situation et Mélenchon l'homme itou !

Lancement d'un Front de Gauche qui promettait beaucoup et s'est affaissé sous la dispute d'hégémonie entre l'appareil post stalinien attaché à sa seule survie (bien plus qu'à celle de la gauche) et à "l'homme présidentiel" qui n'arrive pas à l'être : n'oublions pas que les 11% "unitaires" de Mélenchon à la présidentielle sont bien en de ça des quasi 15% de scores cumulés dans la division par LCR/PCF/LO/POI à celle d'avant !

L'aggiornamiento libéral ultra du PS couronne le tout en privant cette fois la gauche d'une partie écœurée de son électorat désormais sonné dans l'abstention dure, d'un vote possible au second tour pour la gauche de la gauche, et tout bonnement d'un espoir de lendemains pas trop sévères pour les plus de 8 millions de pauvres de ce pays, et de réformes supportables pour ce qu'on nomme les classes moyennes maintenant dans le colimateur de la rigueur.

Bien sûr ça s'agite dans le PS (plus que ça ne cogite, les recettes sont vieilles et les personnes à bout de souffle), et la fronde reste pusillanime même si la bureaucratie PCF salive à l'espoir d'une union de la gauche retrouvée en compagnie d'écolo pourtant clairement convertis (s'il en était besoin) au libéral socialisme.

Tout ce monde pourrait s'entendre autour d'un front d'opposition à la politique de rigueur, quitte, oui, oui, à ce qu'un soutien critique porte au gouvernement cette étrange coalition rose, rouge, verte, et la soutienne comme la corde soutien le pendu ou plutôt à l'aune des mesures qu'elle saurait prendre, ou pas (gouvernement Front de gauche, EELV et Frondeurs, pourquoi pas).

Maintenant la déliquescence putride atteint la CGT, qu'il s'agisse de dispendieuses absurdités ou de dénonciations occultes manœuvrières, ça en dit long sur la disparition du débat politique. On ne s'engueule pas devant les adhérents sur la ligne à adopter, les signatures infâmes acceptées ou subies sans vraie riposte, la connivence secrète avec la "libéralisation" à marche forcée de la société française contre plus de places, de prébendes, de révérences pour les bureaucraties en place. Non, ce sont, dans l'ombre de conciliabules occultes, des cliques qui s'affrontent et rongent petit à petit le vieil édifice syndical qui apparait encore, à la base, souvent comme le dernier rempart de salariés qu'on malmène sans vergogne.

Voilà où sombre la gauche, où, décidément, tout semble devoir être à reconstruire une fois qu'on aura déblayé les décombres or le déblaiement ça demande du temps, des efforts, des souffrances, des défaites cumulées, des révoltes rentrées. Car il semble malgré les tentatives unitaires les plus osées, qu'il n'y a plus rien de sain là dedans, rien à sauver même pas l'honneur d'une gauche qui s'est dépréciée au point d'être renvoyée dos à dos avec les droites... toutes les droites par le bon peuple !

Alors sommes-nous condamnés par cette pourriture des élites et des appareils de la gauche, à subir un autre "Minuit dans le siècle" selon le mot de Victor Sege désignant la double nuit stalinienne et nazie, cette fois à la sauce sarko-lepéniste ? Avec des soubresauts brutaux, assassins envers des écolos, des jeunes de quartier à la prochaine révolte, de miséreux grondants, des Roms nouveaux juifs errants d'une Europe capitaliste jusqu'au bout des griffes. Et donc contraints à encore et encore et plus encore de "lente impatience" comme disait Daniel Bensaïd ?

A moins que ne se décide, recru de trahison, d'écœurement, à entrer en scène le seul acteur qui puisse vraiment balayer les décombres et reconstruire à vitesse grand V : la question sociale, la population exaspérée, l'inventivité commune, communautaire, communiste comme le fut en son temps La Commune.

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