Le CRIF et la Dépêche du Midi ligués contre Georges Ibrahim Abdallah.

Le CRIF s'acharne depuis des années contre Georges Ibrahim Abdallah retenu en prison depuis 32 années alors qu'il est libérable depuis 2012. Militant marxiste du Front Populaire de Libération de la Palestine, Abdallah, après une instruction et un procès iniques a été condamné à perpétuité pour "complicité d'assassinat" après la mort d'un agent de la CIA et un autre du Mossad en France.

 

 

L’histoire est parfois une engeance qui a de la mémoire. Ce qui est imprimé sur le papier a encore la vie longue. Dans cet esprit, on ne se lasse pas de relire quelques articles parus dans des journaux aussi inoffensifs que « Le Monde » et « Libération ». Par exemple en 2014 au moment de la mort d’Evelyne Baylet, la tsarine toulousaine du quotidien « La dépêche du Midi ». Donc à l’heure de sa « nécro », on pouvait lire dans ces deux feuilles nationales quelques mots  qui nous réjouissent, comme un horloger qui met sa pendule à l’heure. « Libé » tire le premier : « René Bousquet est entré à la Dépêche du Midi en 1962. Evelyne Baylet pouvait difficilement ne rien savoir de son passé de secrétaire général de la police du maréchal Pétain. Jean Baylet avait siégé en 1949 au tribunal qui a puni René Bousquet de cinq ans de privation de droits civiques au motif d'intelligence avec l'ennemi ». Puis « Le Monde » arrive avec son art  raffiné des coups de pieds donnés en vache : « Evelyne-Jean Baylet s’installe rue Bayard à Toulouse dans le bureau de PDG du journal qu’elle dirigera d’une main de fer pendant près de 40 ans. Cette même année 1959, celle qui deviendra pour tous les salariés du journal - journalistes, employés, ouvriers et cadres - « la patronne », appelle à ses côté René Bousquet. L’ancien chef de la police de Vichy, ami de François Mitterrand, devient l’administrateur du journal auquel il imprime une ligne éditoriale très antigaulliste. En 1965, lors de la campagne pour l’élection présidentielle qui oppose le leader socialiste au général de Gaulle, La Dépêche soutiendra sans coup férir le premier ». Ah qu’il est doux de se rafraichir les idées sous cette douche de Bousquet, de savoir par quel chas la liberté de la presse a dû passer pour, enfin triompher dans les colonnes de « La Dépêche »…

Si j’en reviens à ce passé, celui du bourreau français et du journal qu’il a administré, c’est que « La Dépêche du Midi » vient de s’illustrer dans un admirable exercice de repentance. Sans doute pour rattraper les anciens errements d’Evelyne  -qui pour trop avoir servi du velouté aux truffes à un nazi français a fini par le confondre avec Jaurès-  pousse sur le tard à rectifier le tir ; et choisir aujourd’hui de donner corps aux mensonges du CRIF. Saluons ! La repentance est salutaire et l’oxymore figure obligée pour qui veut  rejoindre ce paradis où Hollande et BHL ont déjà étalé leurs serviettes de plage.

Ce rappel à l’histoire est nécessaire puisque nous allons évoquer la dernière saillie du journal de l’amusant Jean-Michel Baylet, fils de sa mère. Un considérable leader qui a quand même obtenu 0,64% des voix en 2011 lors du scrutin qui, à « gauche », a désigné le candidat à la présidence de la République.

Ainsi, le 26 janvier dernier Utopia la chaine fraternelle du cinéma intelligent met sa salle de Toulouse à la disposition d’associations. Le de ces militants est  de projeter le film « Après la guerre c’est toujours la guerre », un documentaire réalisé en 2008. Après le spectacle il est prévu de discuter du sort de George Ibrahim Abdallah, un libanais retenu en prison par la France depuis 32 ans. Dans une démocratie, même engrossée au cassoulet, on pourrait admettre que cette soirée à Utopia est l’expression bien normale de la libre parole… Pas du tout. La veille de la réunion-débat, Utopia est puni, attaqué par des démocrates nocturnes qui vandalisent ses portes. Bilan, 4000 euros de dégâts. Bref, la salle est chaude.

Le 29 janvier le Crif fait enfin entendre la sagesse et ses grandes orgues. Grâce aux colonnes ouvertes et complaisantes de « La Dépêche », les gardiens du communautarisme peuvent faire prospérer leurs mensonges. Selon le Crif,  la projection de ce film « est une manifestation de soutien à un  terroriste qui frôle dangereusement avec l’apologie du terrorisme… Quelles seront les prochaines étapes ? Des manifestations de soutien à M ; Merah, des cagnottes pour Y. Foufan (sic), un film sur le destin tragique des Kouachi ?... Il est intolérable qu’un cinéma d’art et d’essai se fasse le porte-voix de cette idéologie mortifère ».Merci au Crif,  en panne de Télérama on a parfois du mal à distinguer entre les films permis et les interdits. Désormais, pour rester dans les clous, avant de nous plonger dans la pénombre d’une salle de ciné, nous irons consulter Franck Touboul, le patron communautariste de la ville rose. Une chose est claire, Touboul n’aime pas « Après la guerre c’est toujours la guerre », et bien c’est noté. En ces temps où la laïcité est prêchée par les gens convenables, à commencer par la patronne de Publicis Elisabeth Badinter, le Crif, organisation religieuse, n’hésite pourtant pas à imposer son

 goût de Dieu.

La question centrale reste donc celle des sottises et mensonges de nos amis du Crif. En quoi l’organisme qui affirme représenter des croyants, est-il habilité à se prononcer sur le sort d’Abdallah ? Parce que ce dernier a été (injustement nous le verrons plus loin) condamné pour « complicité » d’assassinat contre deux agents secrets (CIA-Mossad) séjournant en France, l’un américain, l’autre israélien.

Pourtant, même si c’est son droit, et qu’il est légitime que la Crif proteste contre la pluie quand les nuages abusent, il n’est pas légitime à se prononcer sur le décès, en France, d’un attaché militaire étranger. Ou alors le Crif doit protester aussi contre tous ces fonctionnaires de l’OLP assassinés dans l’hexagone au cours de l’histoire. A notre connaissance jamais Abdallah n’a été incriminé pour avoir été associé à un crime raciste ? Pourquoi alors, sauf à construire une théorie du complot, comparer le chrétien Abdallah à Merah, à Foufana (sic) ou aux Kouachi ? On ne comprend rien, sauf à épouser les desseins de la politique d’Israël.

Pourquoi  cet activisme pour le compte d’un pays étranger? Nous allons vous le dire. Parce que depuis qu’Abdallah est en prison (1984), il existe une conjuration américano israélienne qui agit de concert, et avec tous ses relais, pour que le marxiste libanais reste en prison. Cette pintade d’Hillary Clinton, Wikileaks nous le montre, a elle-même agi auprès de Valls et de Hollande afin que le natif du pays des cèdres reste à l’ombre. Faut-il ajouter que nos deux gouvernants, sur le sujet parfois plus radicaux que Natanyahou lui-même, n’avaient pas besoin des conseils de la rivale de Monica Lewinski. Un ami magistrat nous a lâché cette remarque : « Dans le passé ce sont les ambassadeurs des USA et d’Israël qui se rendaient dans les ministères, maintenant c’est l’inverse, ils vont aux ordres ».

Et Abdallah dans tout cela, juridiquement libérable depuis 2012 et qui entame pourtant sa sixième année de « rab », quelle est son histoire ?  Elle est simple. En 1982 Ray, agent américain et Barsimentov, agent israélien sont assassinés en France. En 1984, accusé d’être le cerveau de ces crimes revendiqués par les Fraction Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL), George Ibrahim Abdallah est arrêté. En 1986, alors qu’il est à la Santé, Abdallah est illégalement  extrait de sa cellule par des agents de le DST qui le torturent. Le libanais est prié de fournir des informations sur des attentats qui terrorisent les rues de Paris, dans lesquels il ne peut rien avouer puisqu’il ne sait rien de cette vague commandée par l’Iran….

Dans la foulée le SDECE, service secret français parvient à fournir à Abdallah un avocat qui est d’abord l’un de ses agents ! Vive la défense libre. Enfin, et c’est le clou, lors du procès l’accusation se montre fière d’avoir trouvé une valise miraculeuse. Elle contient à la fois l’arme utilisée pour tuer Ray et Barsimentov et une bouteille de Corrector  portant les empreintes d’Abdallah. La cause est entendue. Timide et prude, l’accusation glisse toutefois sur le fait que, dans cette même valise, on trouve aussi l’exemplaire d’un journal qui date d’après l’incarcération du militant révolutionnaire… Visiblement celui qui a fabriqué une fausse preuve a été maladroit. Pas grave, en 87 Abdallah est condamné à la perpétuité. Aujourd’hui le prisonnier de Lannemezan a donc  bien plus le statut d’otage que de détenu.

Tout cela n’est pas très grave. Au pays de l’affaire Calas, avec le temps, on s’est habitué à faire lit commun avec l’erreur.

Pour vous éviter des cauchemars en ces temps difficiles, voici le réconfortant communiqué de citoyens qui, eux, ne se sentent pas représentés par le Crif, ceux de l’Union Juive Française pour la Paix :

« Ainsi, lutter contre l’antisémitisme à Toulouse pour le CRIF et la LICRA, c’est soutenir, de fait, ceux qui confondent délibérément la démarche citoyenne de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions tant qu’Israël ne se conforme pas au droit international) avec l’assassinat d’enfants devant leur école.

L’Union Juive Française pour la Paix est totalement solidaire de l’équipe d’Utopia comme de la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah et remercie Utopia de poursuivre inlassablement son travail d’éducation culturelle et citoyenne ».

Faut-il ajouter que, sans doute médusée par le poids de son passé, « La Dépêche » oublié de donner la parole à toute autre vérité que celle du Crif. Pas un mot de réponse accordé aux associations « pro-palestiniennes » et « pro-Abdallah », celles qui ont convié les toulousains à assister à cette soirée de la liberté. Bien fait.

 

Publié dans Le Grand Soir

 http://www.legrandsoir.info/le-crif-et-la-depeche-du-midi-ligues-contre-georges-ibrahim-abdallah.html

 

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