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Billet de blog 24 janv. 2018

Le français est-il une langue morte?

« Ma patrie, c’est la langue française » disait Albert Camus. La langue est, en effet, un logiciel qui structure non seulement le langage mais la pensée et qui, de siècle en siècle, construit une culture.

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« Ma patrie, c’est la langue française » disait Albert Camus. La langue est, en effet, un logiciel qui structure non seulement le langage mais la pensée et qui, de siècle en siècle, construit une culture.

Nier sa langue, c’est nier sa propre culture, sa propre existence ; en pratiquant systématiquement un idiome étranger, on sert non seulement une influence étrangère mais petit à petit on place sa culture sous le joug d’une culture dominante.

En Afrique, le Président de la République vante les mérites de la langue française auprès de nombreux peuples africains et fait l’éloge de la francophonie comme outil de libération.

Récemment encore, il propose même de faire de Villers-Cotterêts, là où François 1er avait fait adopter l’ordonnance du 5 août 1539 qui consacre la français comme langue officielle dans les tribunaux et administrations, un haut lieu de la francophonie, Pour ma part, j’avais rédigé une proposition de loi le 15 décembre 2009 qui formulait exactement la même idée.

Mais qui peut comprendre que, paradoxalement, ce même Président de la République utilise systématiquement l’idiome du  « globish », incarnation d’une mondialisation débridée, à Versailles ou à Davos pour s’adresser à ces apatrides que sont les multinationales sans rivage ni ancrage. C’est là une faute sans appel.

Le Président de la République peut-il comprendre qu’une langue n’est pas simplement un véhicule pour vendre des cacahuètes mais un portail qui ouvre, pour celui qui la possède et la maîtrise, sur de multiples domaines ? C’est une ouverture sur le monde culturel, économique mais aussi le système juridique d’un peuple qui traduit et illustre son identité collective.

Privilégier une langue, comme le « globish », au détriment des autres est une faute car cet idiome, largement répandu, ne peut être l’unique prisme pour comprendre le monde. Pire, il en donne une interprétation biaisée et réductrice.

En conséquence, défendre, promouvoir, utiliser partout, tant en France que dans les cénacles internationaux, la langue française, c’est défendre, promouvoir un atout économique, politique et diplomatique sans pareil.

Y renoncer et utiliser tels des salonnards à la cervelle lavée, le « globish », c’est donner un coup de poignard à la francophonie, en commettant une faute géostratégique majeure car défendre la francophonie, c’est aussi défendre la diversité culturelle du monde et la pluralité des cultures.

Il ne sert à rien de se mettre en position de vassal pour ne récolter que le mépris amusé du puissant qui foulera au pied notre servitude volontaire, telle une piétaille !

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