ALLOCUTION LORS de la JOURNEE de la DEPORTATION , DIMANCHE 25 AVRIL 2021

Après une terrible bataille, la France est défaite, à genoux...

Après une terrible bataille, la France est défaite, à genoux.

Les Français assistent impuissants au trépignement du vainqueur insolent au Trocadéro, toisant Paris.

Commence alors une nuit sans fin, une nuit d’épreuves, de douleurs, de sacrifices.

Une nuit où les hurlements des chiens accompagnent les arrestations des patriotes.

Une nuit où les traîtres souillent l’honneur national et prêtent main forte à l’occupant, allant de crimes en crimes.

La France est vaincue, humiliée mais pas domptée.

Les Français ne sont qu’une poignée à avoir entendu l’appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940.

Mais du tréfonds de l’Histoire nationale, de ses entrailles, telle Antigone, les patriotes se lèvent pour dire NON !

Pour dire NON à l’opprobre des exactions raciales.

Pour dine NON et continuer la lutte.

- J’étais une petite fille, on m’a cousu une étoile jaune sur la poitrine,

Pourquoi ? pourquoi ?

Je ressemblais à toutes les petites filles du monde.

- J’étais une vieille femme, on m’a cousu une étoile jaune sur la poitrine.

Pourquoi ? pourquoi ?

J’étais comme toutes les grands-mères du monde.

- Je parlais le français comme toi, mon père était un ancien combattant de 14-18,

Ils m’ont dit, tu n’es pas français,

Pourquoi ? pourquoi ?

Etoile jaune, étoile de David, étoile d’un dieu.

Tu nous as conduit à la mort.

Mais Dieu, où étais-tu ?

Pourquoi ? pourquoi ?

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« Ecoute maman, je vais te raconter,

Ecoute, il faut que tu comprennes, lui et moi on n’a pas supporté,

Alors on s’est battu

Alors on a perdu ...

Demain sans doute ils vont nous tuer,

C’est dur de mourir à vingt ans

Mais sous la neige germe le blé...

Ne pleure pas

Demain, il fera beau »

Gisèle Guillemot 1943 à Fresnes.

« Déshabillez-vous !

Jetez en tas ces derniers restes

D’un lointain passé !

Tête rasée !

Tatouages sur le bras !

Nous n’avons plus de noms,

Nous sommes des numéros ».

Greet Van Amstel – Auschwitz

« Le pire, c’est le pyjama rayé

Pour affronter la nuit polaire

Et tout ce que cette étoffe légère

Peut garder des seaux d’eau printanière...

Le pire, c’est d’être ici

Le pire, c’est d’y penser

Le pire, c’est d’écouter

Le temps qui ne s’écoule pas ».

Maurice Honel – Auschwitz

« Lui le froid

Bleu

S’allonge dans le ciel

Comme un mort

Il m’écrase...

Je le sens sur moi

Dans ma chair

Il entre

Bleu

Et je suis

Rétréci

Rétréci

Sous ce froid

Mort

Et bleu

Qui tombe ».

Jean-Pierre Voidies – Neuengamme

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Raymond Savoyat, soldat français

Chef de peloton, incorporé dans une unité américaine de transports de l’armée de Patton, se dirige vers Nuremberg avec ses camions,

Le 15 avril 1945, il reçoit l’ordre de se dérouter plus au Nord, tout près de Weimar, pour procéder à une évacuation de civils,

Il doit se diriger vers un point au milieu de la forêt d’Etterberg.

Ce point ne figure pas sur les cartes d’Etat-major,

Ce point, c’est le camp de Buchenwald, la forêt de Hêtres.

Raymond Savoyat arrive au portail du camp, où est inscrite une maxime latine de Cicéron qui frappe par son ironie insupportable et tragique.

« Jedem das Seine »

« Suum cuique »

« Chacun reçoit ce qu’il mérite ».

Cicéron parlait de la justice...

Raymond Savoyat pénètre dans le camp.

Une odeur pestilentielle le gagne,

Il voit venir vers lui des loques humaines.

« J’ai pris un homme dans mes bras,

Ses os ont craqué et le gars s’est mis à hurler ».



Les souffrances terribles,

L’agonie des déportés emplissent les siècles à jamais.

L’Holocauste marque le destin du genre humain d’une profonde blessure dans l’âme de la civilisation qui ne se refermera jamais.

Jeunesse de France qui incarne la vie et parcourt le monde dans la joie,

Défend la grandeur de l’esprit humain,

Foule au pied les assassins de la peste noire raciste et xénophobe.

Foule au pied les idéologies mortifères qui rodent revêtues du fanatisme islamiste.

Ecoute la prophétie du poète Fosty à Buchenwald.

« A quoi peut-on penser

Si ce n’est à la mort

Car penser à la mort c’est

Penser à la vie. »

Souviens-toi Jeunesse

Des fusiliers de Chateaubriant.

« Tout est simple

La mort surtout est une chose simple

Puisque toute liberté se survit ».

René-Guy Cadou.

Les fusiliers de Châteaubriant.




Gloire à jamais à tous les résistants, à tous les déportés,

. qui se sont levés contre la barbarie,

. qui l’ont payé du sacrifice suprême, sans jamais baisser la tête devant leurs bourreaux.

« Sifflez compagnons

Dans la nuit, la liberté nous écoute. »

Chant des partisans

Vivent nos héros de la Résistance,

Vivent les Innocents de la déportation,

Vive la République,

Vive la France !



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