Les chimiothérapies à base de 5-FU sont toxiques en cas de déficience de l'enzyme DPD

Un événement très grave est resté totalement ignoré par les médias. Il s’agit d’une question écrite à la Ministre de la santé, posée le 14 novembre 2017 par Monsieur Jean-Michel Mis, député de la Loire, au sujet des traitements anticancéreux à base de 5-FU. Il sont toxiques en cas de déficience génétique d'une enzyme, la DPD. Cette déficience doit impérativement être testée avant tout traitement.

Un événement très grave est resté totalement ignoré par les médias. Il s’agit d’une question écrite à la Ministre des solidarités et de la santé, posée le 14 novembre 2017 par Monsieur Jean-Michel Mis, député de la Loire, au sujet des effets nocifs des traitements anticancéreux.

Le texte de cette question est le suivant : « Chaque année en France, 200 patients atteints d'un cancer meurent, non pas à cause de leur maladie, mais à cause d'un médicament anticancéreux, le 5-Fluorouracile (5-FU), qui s'est avéré toxique pour eux car ces malades présentaient un déficit enzymatique, déficit en DPD (dihydropyrimidine déshydrogénase). Le 5-Fluorouracile (5-FU) et sa prodrogue, la capécitabine sont des molécules très largement utilisées en cancérologie puisqu'elles entrent dans le traitement de près de la moitié des cancers : colorectal, œsophage, estomac, seins et voies aérodigestives supérieures. Les personnes présentant un déficit en DPD sont à haut risque de présenter des effets indésirables graves, voire mortels, lors d'un traitement par 5-FU. L'intolérance totale ou partielle concerne de 3 % à 5 % de la population caucasienne, et 8% de la population afro-américaine (http://www.joplink.net/prev/200803/07.html). Plusieurs études révèlent que jusqu'à 15 % des usagers subissent des effets indésirables assez invalidants pour forcer leur hospitalisation. À titre d'exemple, dans la Loire, on estime qu'environ 600 nouveaux patients doivent subir une chimiothérapie chaque année. 60 % de ces traitements contiennent du 5-FU. Un test à partir d'une simple prise de sang pré-thérapeutique pourrait éviter ces drames, mais malheureusement, tous les oncologues ne le pratiquent pas automatiquement. C'est pourquoi il lui demande si le Gouvernement envisage de rendre ce test obligatoire et systématique. » A ce jour aucune réponse n’est mentionnée sur le site internet de l’Assemblée Nationale (http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-2878QE.htm).

Un autre député de la Loire, Monsieur Dino Cinieri, a également écrit à la Ministre de la Santé pour demander que le test pré-thérapeutique soit obligatoire : « Il faut savoir que le nombre de morts engendré par l’absence de tests est plus important que celui imputé au Médiatot », « un test à prix raisonnable, à savoir 200 €, pourrait éviter ces drames ». Il attend lui aussi une réponse de Madame Agnès Buzin.

Le Fluorouracile (5-FU) est un dérivé du fluor, mis au point dans les années 1950, qui entre dans le protocole de soins de beaucoup de cancers. Il est la pierre angulaire du cancer du colon avec métastases. Au début il a été utilisé seul, avec un taux de réponse de 10 à 15 % et une survie totale d’environ 10 mois. A la fin des années 1980 il a été associé au LV, offrant alors un meilleur taux de réponse. Aujourd’hui il est utilisé dans de nombreuses combinaisons : Capécitabine-Xéloda, FOLFOX, FOLFIRI, FOLFIRINOX, FOLFOXIRI, IFL, ftorafur-UFT ,

Seules les cellules cancéreuses sont en principe tuées par ces produits, les cellules saines disposant d’une enzyme, la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) qui inactive le 5-FU. Cette enzyme est normalement produite dans toutes nos cellules sous le contrôle du gêne DPYD présent sur le premier de nos chromosomes.

La chimiothérapie 5-FU aggravant l’état de certains malades, voire provoquant leur décès rapide, des recherches ont été menées et, en 1984, elles ont permis d’expliquer la toxicité du 5-FU sur une partie de la population par un déficit en DPD dû à des mutations du gène DPYD, en partie héréditaires. 4 à 5 % de la population souffre de ce déficit, partiellement ou totalement. La toxicité létale et irréversible du 5-FU a également été décrite pour ses formes orales (capécitabine-Xéloda, ftorafur-UFT).

Le déficit en enzyme DPD peut être repéré par des analyses effectuées sur le rapport dihydrouracile/Uracile ou par génotypage. En 2012 un test a été mis au point, avec un coût inférieur à 200 €. Il permet d’évaluer la gravité du déficit en DPD et d’adapter la dose de chimiothérapie en conséquence. Ce protocole adapté permet de faire passer le pourcentage d’effets secondaires graves de 20-25 % à 0,6 %.

Le test nécessite une simple prise de sang 10 jours avant le traitement, il est effectué dans de nombreux laboratoires dans toute la France, mais IL N’EST PAS OBLIGATOIRE, malgré des décès réguliers provoqués par 5-FU sur les personnes déficitaires en DPD. La négligence de nombreux prescripteurs de chimiothérapie conduit chaque année des centaines de malades à une mort rapide. Il est donc urgent d’imposer cette analyse aux praticiens.

Depuis 20 ans lInstitut de Cancérologie de l’Ouest a fait de nombreuses publications sur les études menées sur la toxicité liée au déficit en DPD. Certains praticiens restent encore sourds à ces informations. Le quotidien LE PROGRES a publié en octobre dernier un article dénonçant ce scandale (http://www.leprogres.fr/loire-42-edition-ondaine/2017/10/13/risque-mortel-de-la-chimiotherapie-la-mobilisation-d-un-pere-et-d-une-fille-commence-a-payer). C’est malheureusement encore insuffisant : TOUS LES MÉDIAS ONT LE DEVOIR D’INFORMER D’URGENCE LEURS LECTEURS POUR LEUR SAUVER LA VIE.

En attendant qu’une décision soit prise il est vital d’avertir tout le monde du danger encouru par une prescription aveugle des chimiothérapies à base de 5-FU. Chaque patient a le droit d’exiger une demande de test de dépistage et une chimiothérapie adaptée aux résultats du test.

Les familles de victimes du 5-FU se sont regroupées pour créer l’ASSOCIATION FRANCOPHONE DE DÉFENSE DES VICTIMES DU 5-FU ET ANALOGUES PRÉSENTANT UN DÉFICIT EN DPD. Le site web de cette association (http://www.association-victimes-5-fu.com/) donne une bibliographie complète sur le sujet ainsi que de nombreux témoignages. En août l’association avait lancé une alerte sur MEDIAPART (https://blogs.mediapart.fr/rivo438/blog/060817/pire-que-le-mediator-le-5-fu?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66). Je crois que nous avons tous le devoir de participer à leur campagne d’information par un partage à travers nos réseaux sociaux.

Ceux qui ont des doutes sur les informations données dans cette page peuvent aller consulter le dernier article publié par les chercheurs de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest : http://www.seminoncol.org/article/S0093-7754(17)30015-5/fulltext .

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