Nous sommes nombreux à refuser tout soutien aux deux candidats à la présidence française. Les médias et partis ont beau jeu de fustiger l'embarras du leader de la France insoumise mais comment apporter sa voix au représentant de la finance qui promet de faire encore plus fort en matière de régression sociale que ce qu'il avait osé sous Hollande, en particulier avec la loi travail. D'autre part il est impensable de favoriser, ne serait-ce que par l'abstention, la candidate de l'extrême droite dont l'attitude actuelle vis à vis des journalistes démontre que sa mutation démocratique n'est que de façade et que son élection ouvrirait une période de censure s'ajoutant à son programme xénophobe. Certains proposent de voter blanc ou nul pour ne pas offrir de justification aux méfaits futurs d' Emmanuel Macron, mais l'histoire a montré qu'un élu se revendique toujours de son score par rapport aux voix exprimées plutôt que par rapport au corps électoral. Et ce ni-ni ne défavoriserait en rien Marine Le Pen. Alors, je crois qu'il faut utiliser un outil de décision qu'offre la procédure électorale : s'informer le jour de l'élection du taux de participation. Celle-ci est indiquée heure par heure par les médias, et son niveau est comparé à celui des élections passées. Puisqu'un taux « normal » de participation annoncerait la victoire de Macron, malgré les incertitudes sur la proportion de votes blancs ou nuls, il est possible de ne se faire violence en votant pour le candidat des banques que si la participation est faible en fin de journée du 7 mai. J'ai utilisé ce truc pour éviter de voter Jacques Chirac quand il fut confronté à Jean-Marie Le Pen. Il ne s'agit pas d'un refus de prendre ses responsabilités mais au contraire d'agir de façon responsable en profitant de la seule ouverture qu'offre le système électoral dans sa phase ultime.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.