Le péché originel transfiguré par la grâce du lacanisme

La théorie de Lacan peut s’appliquer à tout comportement humain et à toutes les productions culturelles. Une question essentielle est de savoir si cette application éclaire ou obscurcit. L’exemple ici présenté est la doctrine du péché originel.

Définition du péché originel
Le « dogme » du péché originel
Une version lacanienne du péché originel
1. L’importance du dogme du péché originel selon Panier
2. L’interdiction de manger du fruit de l’arbre
3. Le destin des femmes
4. Le travail des mâles
5. Le péché originel parle de l’énigme de la filiation
6. Conclusion de Panier
Panier a contribué au « renouveau théologique français »
Le Catéchisme de l’Église catholique pour le peuple
Avec le lacanisme le mystère s’épaissit

Définition du péché originel

Depuis l’Antiquité, des hommes élaborent des explications surnaturelles de la souffrance des hommes et de l’inévitabilité de leur mort. Le 1er livre de la Bible a présenté une explication qui aura un impact énorme sur les croyances et la vie d’une multitude d’hommes : vers le VIe siècle avant notre ère, les rédacteurs de La Genèse ont raconté une histoire qui attribue l’essentiel de la responsabilité au Diable (le tentateur, jaloux de la nouvelle créature de Dieu), à Ève (la première à commettre « la » faute) et à Adam (qui s’est laissé séduire par sa femme).

Selon le récit biblique, les premiers êtres humains créés par Dieu sont Adam et Eve. Au départ leur vie était merveilleuse. Ils n’avaient reçu qu’une seule interdiction : « ne pas consommer l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Le Diable, sous la forme d’un serpent, a incité Eve à désobéir. Elle a entraîné son mari à faire de même. Dieu a alors décidé leur expulsion du Paradis, la transmission de leur péché à tous les hommes, la perte de l’immortalité, les souffrances de l’accouchement, la domination de la femme par l’homme, l’obligation de travailler, la honte de la nudité.

adam-expulsion-foster-1897

Charles Foster : Adam et Eve chassés du jardin de l’Eden (1897)

Le récit de la consommation du fruit défendu occupe une place minime dans l’Ancien Testament. Il n’est pas mentionné dans les Évangiles. C’est Paul de Tarse (St Paul) qui a lancé l’idée que le Christ s’est incarné et a subi le supplice de la croix pour que Dieu le Père pardonne le péché commis par Adam et Ève, un péché qui a scellé le sort de l’Humanité entière [1].

Le « dogme » du péché originel

À la fin IVe siècle, Saint Augustin (354-430), un évêque africain obsédé par le problème du mal, invente l’expression « péché originel ». Il est le grand artisan d’une lecture littérale du récit de la Chute. Il organise des conciles à Carthage, qui aboutissent à l’affirmation de la doctrine du péché originel par le pape en 418. Á partir de ce moment, le problème est réglé pour l’Église. Simplement les théologiens consacreront une énergie considérable à comprendre, à expliquer et à justifier une idée qui paraîtra, au fil des siècles, de plus en plus incompréhensible et même scandaleuse : Dieu, tout-puissant et infiniment bon, a condamné sans pitié l’humanité entière à d’injustes souffrances, par la faute de ses deux premières créatures et n’a accepté de pardonner que parce que son Fils bien-aimé a subi un supplice effroyable.

Au XVIe siècle, l’interprétation du récit de la Chute devient une « pomme » de discorde entre catholiques et protestants. C’est alors que l’Église romaine veut en quelque sorte clôturer le procès d’Adam. Aussi le concile de Trente fait-il du péché originel un dogme. Désormais tout catholique qui refuse le caractère historique du récit biblique est hérétique et encourt l’anathème. Autres dogmes du même concile : tous les hommes — à l’exception de la mère du Christ, « l’Immaculée Conception » — héritent du péché originel et doivent être baptisés pour qu’il soit effacé. Les enfants sans baptême ne peuvent aller au ciel. Leur âme va dans un endroit déjà imaginé par Thomas d’Aquin au XIIIe siècle : les limbes.

L’Église s’interdit de revenir sur les dogmes qu’elle a proclamés et ne peut donc faire autrement, aujourd’hui, que de continuer à affirmer, comme « vérités essentielles de la foi », le caractère historique du péché d’Adam et le rachat de ce péché par le supplice du Christ. Ces dogmes sont donc répétés sans modification dans la dernière version du Catéchisme de l’Église catholique, publié par le Vatican en 1997 (éd. française en 1998 aux éd. du Cerf). L’Église reconnaît toutefois le caractère irrationnel de ces explications : « La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère » (Catéchisme, § 395), « La transmission du péché originel est un mystère que nous ne pouvons comprendre pleinement » (§ 404).

Tout au long de l’histoire du christianisme, des auteurs ont imaginé des interprétations symboliques du récit biblique : par exemple Pélage au IVe siècle ou Lamenais au XIXe. Ces conceptions ont été systématiquement refusées par l’Autorité catholique et les protestants fondamentalistes. L’énoncé de ces conceptions valait à leurs auteurs l’excommunication de l’Église et autres sanctions (à commencer par Pélage, qui fut expulsé de Rome et dont les biens furent confisqués).

À partir des années 1960, la question du péché originel a suscité une profusion de spéculations théologiques, rédigées parfois dans un langage incompréhensible pour le commun des croyants. Par exemple pour le philosophe Paul Ricœur, adepte du protestantisme (et de la psychanalyse), le récit du péché original est un mythe qui permet de rendre compte du mal en épargnant Dieu : « On ne dira jamais assez le mal qu’a fait à la chrétienté l’interprétation littérale, il faudrait dire “historiciste”, du mythe adamique ; elle l’a enfoncé dans la profession d’une histoire absurde et dans des spéculations pseudo-rationnelles sur la transmission quasi biologique d’une culpabilité quasi juridique de la faute d’un autre homme, repoussé dans la nuit des temps, quelque part entre le pithécanthrope et l’homme de Néandertal » (Le conflit des interprétations. Seuil, p. 280).

Une version lacanienne du péché originel

panier-peche-originel

Louis Panier, professeur de théologie dogmatique à la faculté théologique de Lyon, a publié en 1996 Le Péché originel. Naissance de l’homme sauvé aux éditions du Cerf (célèbre maison d’édition de livres religieux, fondée en 1929 ; elle a publié notamment La Sainte Bible, dite « de Jérusalem »).

Panier a voulu revisiter le péché originel à la lumière de l’enseignement de Lacan sans modifier le dogme. Il écrit : « Interpréter le péché originel aujourd'hui, ce n'est pas adapter la doctrine (ou ce que nous en avons compris) aux critères actuels, pour trouver de cette notion un équivalent plausible (acceptable) d'allure psychologique ou socio-économique [...]. Interpréter cette tradition, c'est plutôt forger les hypothèses à la fois théologiques et anthropologiques qui soutiennent notre capacité à lire aujourd'hui ces textes comme des textes nous concernant, parlant de nous très précisément comme de sujets humains atteints par l'altérité de Dieu, par la surabondance de la grâce » (p. 135).

L’importance du dogme du péché originel

« Avec Adam se trouve posé non seulement un commencement de l'humanité, un début, mais aussi un point où l'origine fait question, un point où se trouve en question ce qui fonde l’humanité des humains, et ce qui fait référence de cette humanité, dès qu'il y a de l'humain et chaque fois qu'il y a de l'humain » (p. 63).

À propos du décret de Trente qui a fait du péché originel un dogme, Panier note : « Le discours agence des figures qui, certes, pourraient donner lieu à des expansions narratives et descriptives, qui en effet peuvent apparaître comme des citations de constructions théologiques auxquelles elles renvoient, mais en disant ainsi ce qu'il dit, en créant un réseau figuratif particulier, il crée un univers sémantique original, il dessine un horizon propre pour l'interprétation, il s'offre à la lecture » (p. 73).

Voyons comment sont visités — transfigurés — les éléments essentiels du récit biblique.

L’interdiction de manger du fruit de l’arbre

On lit dans la Bible : « Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : “Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement.” » (2 : 16-17)

Traduction en lacanien : « La soustraction porte ici sur les arbres, plus précisément sur l'usage qu'en fait l'homme, c'est-à-dire sur leur fonction d'objet-valeur pour un sujet. L'arbre soustrait, impropre à la consommation, signale, dans sa réserve, la parole adressée qui en a proféré l'interdit. Il représente pour l'homme la séparation qu'introduit la parole entre l'homme et la totalité qui l'entoure, et la définition du sujet à laquelle elle conduit : un sujet humain peut être lié à la valeur des objets qu'il acquiert, mais un sujet peut être lié à la parole adressée qui l'a désigné. […] On pourrait suggérer que le commandement interdit un savoir additionnel du bien et du mal, comme objets de science, pour maintenir une référence éthique fondamentale à la parole adressée et au vide qu'elle ouvre en toute totalisation de l'humain, et que là se trouvent pour un humain des conditions de la distinction entre vie et mort » (p. 85s).

Le destin des femmes

On lit dans la Bible : « À la femme, Yahvé Dieu dit : “Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te pousseras vers ton mari et lui domineras sur toi.” » (3 : 16).

Traduction en lacanien : « Dieu n'établit pas le pouvoir des hommes, il révèle à la femme la faille “insue” où il sera question pour elle d'entendre l'altérité de la parole » (p. 96).

Le travail des mâles

On lit dans la Bible : « À l’homme, Yahvé Dieu dit : “Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol cause de toi ! À force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise” » (3 : 17-19).

Traduction en lacanien : « L'homme trouve difficulté et peine dans son travail ; il peut sans doute y répondre par la technique et le savoir-faire ; mais la sentence de Dieu révèle que les questions techniques sont aussi des questions d'humanité : c'est dans ce travail, dans cette non-immédiateté, que l'homme a affaire à la parole. Pour lui, le rapport au sol s'en trouve changé, il est devenu signifiant » (p. 97).

Le péché originel parle de l’énigme de la filiation

« La doctrine du péché originel affirme qu’il n’y a pas à proprement parler d’“espèce” humaine, mais un “genre” humain (selon la formulation d’Augustin). […] Il n’y a d’humain qu’inscrit dans la génération où il trouve place et où il fait “hiatus” : telle est l’énigme de la filiation. Je fais l’hypothèse que la doctrine du péché originel parle très exactement de cela. Il y a “genre humain” parce qu’à chaque naissance d’humain, l’humanité est mise en cause si la vérité du sujet, en sa singularité inouïe, en appelle à une autre “cause” que la conformité aux traits qui font la définition de la “nature humaine” » (p. 141)

Conclusion de Panier

Manifestement Panier ne se contente pas de l’enseignement de son Église : « Je ne sais pas ce qu'est le péché originel, mais je fais l'hypothèse que, dans ces textes, aussi rébarbatifs et pessimistes qu'ils puissent paraître, il y a une vérité qui me concerne en tant que sujet humain appelé au salut, une vérité qui reste à entendre et que ma lecture doit laisser venir » (p. 131).

La « vérité » que sa lecture a laissé venir est la suivante : « Le péché originel concerne ce qui en chaque homme structure l'humanité, pour autant que pour chaque “un” l'unicité est signifiée, posée sous un signifiant qui se détache dans le réel (dans la chair du monde), ce sur quoi s'établit cette humanité singulière » (p. 146).

Panier a contribué au « renouveau théologique français »

… dixit Roland Sublon, prêtre, docteur en théologie et psychanalyste lacanien, professeur à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg (il en fut doyen en 1985).

Son compte rendu du livre de Panier, publié dans la Revue de Droit canon [2], est manifestement destiné à la crème de l’élite des croyants et de ses frères en lacanie :

« Le livre de Louis Panier scande heureusement la série d'ouvrages qui consacrent le renouveau théologique français. Se démarquant d'une théologie réduite à répéter l'histoire de son histoire, celle de ses significations, de ses traditions, de ses récolements de sens, cette nouvelle théologie trouve, ou retrouve, le chemin qu'elle n'aurait jamais dû abandonner et qui consiste à écrire les conditions mêmes de son élaboration.

Louis Panier, comme Paul Beauchamp, François Martin, Jean Ansaldi, Jacques Joubert, René Heyer, et j'en passe, prend acte de ce qu'il nomme le défi de la “philosophie moderne” marquée par le retour du sujet. Cette théologie, qu'on pourrait appeler “théologie du bord”, résulte d'un rigoureux travail de lecture, qui sait respecter les textes conciliaires, pontificaux, patristiques ou bibliques et les analyser à partir des catégories développées par la sémiotique littéraire ou la psychanalyse. […]

Soucieux de rendre au concept du péché originel une signifiance qu'un “traditionalisme dépassé” avait étouffée, Panier nous fait découvrir, à travers sa lecture de textes choisis (Profession de foi de Paul VI, Gaudium et spes de Vatican II, Enchiridion de S. Augustin, chapitres 2 et 3 de la Genèse et chapitre 5 de l'Épître aux Romains) ce qu'il nomme “la structure profonde du sujet”. Le terme de structure (de l'humain, de l'humanité, du sujet) ponctue l'itinéraire de l'auteur, amené en fin de parcours à poser la “question du sujet” (nous soulignons).

Le travail de Panier ne vise pas, bien sûr, à restaurer quelque substantialisme du sujet, mais à pointer dans l'écriture de chacun des textes étudiés les conditions de l'avènement de celui-là. Le péché originel apparaît ainsi comme l'écriture après coup, après l'événement christique, d'un commencement où la figure d'Adam représente les effets du nouement de la chair et de la parole. La saisie de ce nouement pourtant échappe en tant que telle, et c'est pourquoi le péché originel garde une dimension impossible, renvoyant finalement à l'acte du dire qui ne cesse de décompléter tout énoncé en même temps qu'il en offre les conditions de possibilité.

Panier, heureusement, ne conclut pas. Il trace, en fin de parcours, des “perspectives” qui laissent penser que le péché originel, comme le salut christique, relève d'une écriture après coup de l'événement en tant que tel, événement qui détermine le procès de “vérification” en quoi consiste la théologie. »

Le Catéchisme de l’Église catholique : pour le peuple

En 1986, le Pape Jean XXIII a confié à une commission de 12 cardinaux et évêques, présidée par le Cardinal Joseph Ratzinger (le futur Pape Benoit XVI), la rédaction d’un catéchisme « comme une norme sûre pour l’enseignement de la foi ». Ce travail a été publié en latin en 1997 et en français aux éd. du Cerf l’année suivante. Nous donnons quelques extraits pour montrer le contraste de la langue populaire avec la langue lacanienne.

  • 390 Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme. La Révélation nous donne la certitude de foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents.
  • 402 Tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam. S. Paul l’affirme : “Par la désobéissance d’un seul homme, la multitude (c’est-à-dire tous les hommes) a été constituée pécheresse” (Rm 5, 19). “De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché...” (Rm 5, 12). À l’universalité du péché et de la mort l’apôtre oppose l’universalité du salut dans le Christ : “Comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul (celle du Christ) procure à tous une justification qui donne la vie” (Rm 5, 18).
  • 403 À la suite de S. Paul l’Église a toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est “mort de l’âme”. En raison de cette certitude de foi, l’Église donne le Baptême pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n’ont pas commis de péché personnel.

Avec le lacanisme le mystère s’épaissit

L’Église enseigne que la liberté accordée par Dieu à Satan et la transmission génétique du péché originel sont des mystères. Il est écrit dans le Catéchisme (1997) :

« Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu (cf. Gn 3, 4-5) qui, par envie, les fait tomber dans la mort. L’Écriture et la Tradition de l’Église voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable » (§ 391). « La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère » (§ 395). « Par l’“unité du genre humain” tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam, comme tous sont impliqués dans la justice du Christ. Cependant, la transmission du péché originel est un mystère que nous ne pouvons pas comprendre pleinement » (§ 404).

Pour une partie des gens du peuple, Panier et Sublon sont des « Sujets supposés savoir ». Les lacaniens disposent d’un Savoir réservé exclusivement à des élites, car, comme disait le Christ, « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les piétinent » (Matthieu VII 6)

Le lacanisme fonctionne comme la religion : il fait croire que les Écrits canoniques énoncent des vérités, rien que des vérités. Ces vérités ne sont pas à remettre en question mais seulement à interpréter et réinterpréter à l’infini. L’Américain Stuart Schneiderman, qui a été le principal représentant du lacanisme aux Etats-Unis dans les années 1980 et qui s’est ensuite déconverti constate :

« Dans l’Église freudienne, les paroles de Lacan sont devenues l’objet d’un rituel sacré — une sorte de communion — où des autorités sacerdotales récitent ses paroles comme si elles étaient son corps et son sang. […] Si vous assistez à une réunion dirigée par les grands prêtres du mouvement lacanien, vous entendrez des discours servant à s’épancher avec des paroles de Lacan. Toutes les sentences commencent par “Lacan a dit” ou par “Mais Lacan a dit” ».

« Dans la Sainte Église lacanienne quasi personne ne comprend réellement l’enseignement de Lacan. Ainsi l’ignorance est une glu qui unifie les membres. La plupart des membres sont capables de marmotter quelques formules et citations vides, mais dans l’ensemble ils ignorent et ont toujours ignoré ce que Lacan essayait d’enseigner. Ils sont unis par la passion, non par la raison. […] Cela ne choquait pas Lacan. Il savait que la plupart de ses disciples ne comprenaient pas ses idées. S’il l’avait voulu, il aurait pu recalibrer son enseignement pour qu’on puisse le comprendre. Il ne l’a pas fait. Cela n’a pas semblé le préoccuper » [3].

lacan-psyche-de-lique-blog-francetvinfo

[1] Pour l’histoire des versions du péché original, voir l’ouvrage extrêmement bien documenté de Georges Minois : Les origines du mal. Une histoire du péché originel. Fayard, 2002, 440 p. Pour un compte rendu: https://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1057

[2] 1997, 47 : 247s - http://www.droitcanon.com/recensions.html

[3] The last psychoanalyst, Amazon Digital Services, 2014, p. 228 ; 234.

Pour en savoir plus sur Schneiderman :

https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/210217/un-deconverti-du-lacanisme-stuart-schneiderman

http://www.stuartschneiderman.com/about-stuart-schneiderman/

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.