A en croire les éditos de ce début février 2022, une nouvelle menace chinoise pèse sur le sol américain. Heureusement, les G.I. ont abattu le « ballon espion » en pleine mer et Jo les félicite pour leur courage.
Jusqu’où nos médias iront-ils dans le test de crédulité des populations ?
Faut-il encore des preuves de soumission des peuples au narratif « nous sommes en guerre » ?
La planète des singes deviendra-t-elle une réalité ou les primates que nous sommes réagiront avant la catastrophe ? Si l’on en croit la facilité avec laquelle une majorité a suivi les directives contre un virus ou contre Poutine, il est fort probable qu’Elon Musk parti pour Mars revienne un jour sur terre dans le rôle de Charlton Heston.
Un pigeon voyageur viole-t-il les espaces aériens ?
C’est pourtant sur ce principe que l’administration américaine a manifesté sa colère lorsqu’un ballon menaçant a franchi les frontières étasuniennes. La « menace » était bien là et pour en apporter la preuve on l’a filmée pour la montrer à toute la planète avec l’avidité naturelle des médias qui servent l’évènement sur leur plateau sans plus de réflexion. S’il fallait abattre tous les pigeons porteurs de messages l’espèce aurait probablement disparue.
Antony Blinken n’ira donc pas en Chine. La tension monte.
L’océan hérite d’un nouveau volume de matières polluantes et on ne saura jamais ce qu’elles transportaient (sauf à ce qu’on nous fasse encore le coup de la fiole récupérée en plein vol par Topgun). Le champ imaginaire reste donc ouvert à toutes les hypothèses plus terrifiantes les unes que les autres. Le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné l’archiduc d’Autriche, en février 2022 c’est un ballon sonde qui met le « feu aux poudres ». Manifestement les prétextes à la guerre ont perdu en gravité.
Un espion libre comme l’air et des journalistes sans réaction.
N’y a-t-il pas une certaine contradiction à utiliser un moyen incontrôlable (le vent) pour aller épier des secteurs stratégiques censés être maintenus à l’écart de toute information ? Si les chinois doivent avoir une piètre opinion de la capacité des américains à se poser des questions pertinentes, jusqu’ici, on pouvait imaginer qu’il n’en était pas de même pour les européens. A n’en pas douter, ils doivent se dire que le virus de la connerie a franchi l’Atlantique.
La Chine n’a-t-elle pas accès à Google Street View ? Ne possède-t-elle pas de satellites suffisamment performants pour obtenir des informations plus précises sans qu’il soit nécessaire de se prendre pour Gambetta ou Jules Verne? Si c’était le cas, ce pays représenterait-il une menace réelle pour le monde ? Si ce ballon était un « espion » pourquoi Jo ne l’a pas fait abattre sur le Pacifique (les radars US sont-ils si peu fiables) ? Autant de questions qui restent en suspens en attendant que l’éclairage nécessaire soit donné par nos « spécialistes » en stratégies météorologiques, mouvements aérauliques et autres sciences approuvées par nos laboratoires mis à contribution pour animer des débats sans fin qui feront l’audience nécessaire en attendant de savoir si on va donner des chars à l’Ukraine.
On nous dira probablement que la boule blanche pouvait renfermer un virus et que sa destruction côté Pacifique aurait pu contaminer la côte Ouest. L’explosion au large de la Caroline du sud éloignait donc le risque vers l’Europe ou l’Afrique, deux continents qui ne présentent plus aucun intérêt pour les « gardiens de la démocratie ».