CE QUE DIT LE 11 JANVIER: N°1 NOUS SOMMES PHYSIQUEMENT LÀ

Ces marches, cette levée en masse, semblent être sorties de la conscience individuelle de millions de français au même moment comme une génération spontanée. Un mouvement physique irrépressible d'abord, précédant les premières et timides mises en mots qui n'ont pas finis, loin de là, de se déployer. Et on touche là aux enjeux fondamentaux de cet évènement imposant: LA SUITE en mots. On a d'ailleurs assisté à une (très) lente et prudente "expression écrite" au sein de la manifestation autour de ces trois mots fédérateurs "je suis Charlie", élargie progressivement aux juifs, policiers. Cette marche fut d'abord une marche physique, elle n'a pas résulté de ce qu'on nomme habituellement la MOBILISATION autour de slogans, de mots d'ordre et leurs déclinaisons préparées sur des banderoles et pancartes. Certes les réseaux habituels du militantisme politique, syndical, humaniste, se sont manifestés. Mais ces réseaux n'ont pas été les mobilisateurs, les fédérateurs de cette longue marche essentiellement et prudemment silencieuse.

 

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