L'art de l'autonomie subordonnée ou la nouvelle liberté pédagogique

Le printemps risque d'être froid pour les enseignants. Le ministre prépare une énième douche froide et celle-ci risque de glacer les enseignants pour longtemps. A moins d'un sursaut, de l'éveil d'une conscience politique plus que jamais nécessaire, les enseignants risquent d'être enfermés chacun dans ses propres peurs et ses propres intérêts au détriment des élèves et d'un espoir d'émancipation.

"C'est au mois de mars qu'on va pouvoir préciser certaines choses [...] On prépare le budget 2022 dans une perspective ambitieuse pour continuer la revalorisation. Il est important d'avoir une augmentation des salaires mais aussi une augmentation qualitative."

Jean-Michel Blanquer sur France Inter, le 2 mars

C'est donc dans les prochaines semaines que le ministre va dévoiler ses intentions. Le problème est que celles-ci risquent d'être floues, drapées comme habituellement dans du velours bienveillant. L'objectif étant de profiter de l'absence d'une conscience politique et de l'état de sidération d'une large part du monde enseignant pour faire avancer son projet. Or, la conscience politique n'est-ce pas justement ce qui nous permet de ne pas nous satisfaire de beaux discours bienveillants faisant la promotion de concepts flous tels le "vivre-ensemble", l'"égalité des chances", les "valeurs communes" ou encore cette "augmentation qualitative" (deux mots à connotation positive pour un projet destructeur)? N'est-elle pas ce qui nous fait nous questionner sur la réalité de ces concepts? Tentons ici de traduire dans le réel quelques concepts et idées "bienveillantes" avancées par le ministre et ses collaborateurs.

Nous disposons d'ores et déjà de plusieurs documents sur lesquels compte s'appuyer M Blanquer pour justifier ses propositions. En effet, pour calmer la "grogne"(1) des enseignants concernant leur rémunération objectivement très faible(2), le ministre a organisé le fameux "Grenelle de l'éducation". Mais en très bon tacticien il en a fait un outil de promotion de sa future réforme alors que la question de la revalorisation y est noyée dans une novlangue qu'il s'agit de décrypter pour pouvoir respecter notre objectif qui est de recoller au réel. 

Le "Grenelle" a rendu ses conclusions et ses propositions il y a plusieurs semaines et tout ceci est accessible en un clic.

Qu'est-ce que serait une lecture politique de ce document?

Premièrement, c'est déjà une lecture. Le degré zéro étant la formule "de toutes façons on n'y peut rien, ils feront ce qu'ils veulent" ou encore "moi, je fais mon métier, tout cela ne m'intéresse pas, c'est de la politique".  Or justement, comme on le verra plus loin, la politique est ce qui régit nos métiers (et nos vies de façon plus générale) et nous y avons toute notre place. Et pas uniquement pour construire un barrage tout à fait incertain tous les cinq ans. 

Ensuite ce serait une lecture qui ne survole pas le texte et qui ne se contente pas d'être flattée ou rassurée par l'omniprésence des mots tels que bienveillance, horizontalité, coopération, collectif, commun ou encore confiance mais qui cherche à savoir ce que tout cela représente réellement. Car tout est écrit. Encore faut-il le traduire ou le dénicher. Alors prenons notre plus gros Stabylo et commençons. 

Le Grenelle a pris la forme de 10 ateliers et chacun a rendu ses conclusions dans une note de synthèse. Malgré le fait que chaque atelier ait été composé de personnes différentes, ils convergent tous, ou presque, dans leurs conclusions vers quelques points clés. Et comme les choses sont bien faites, ces convergences correspondent miraculeusement(!) aux idées de notre cher ministre concernant le futur de notre métier. Le fameux "enseignant du XXIème siècle". 

L'idée directrice du ministre  est de transformer le métier en uniformisant les pratiques pédagogiques, en se focalisant sur les fondamentaux ("lire, écrire, compter et respecter autrui") tout ceci sous couvert des neurosciences chères à son comparse Stanislas Dehaene. Réduire l'école publique à ces fondamentaux appliqués de cette façon bien particulière c'est appauvrir l'école. Car pour reprendre la formule : "former des citoyens éclairés" ce n'est pas apprendre à "lire, écrire, compter et respecter autrui". Pas seulement. Tout comme apprendre à lire n'est pas apprendre à déchiffrer (à l'aide d'un algorithme élaboré par l'intelligence artificielle, faut-il le préciser).

Pour parvenir à faire passer ces objectifs, le ministre s'appuie sur des leurres que sont l'autonomie, la bienveillance, la coopération ou bien la proximité. Mais aussi la promesse d'une revalorisation. 

Tous les ateliers insistent sur ces leurres. Tout doit être mis en place pour que les établissements deviennent autonomes, gérés collectivement, au plus près du terrain. En survolant les synthèses on ne peut qu'adhérer à toutes ces mesures proches du "bon sens". Tout irait bien si de vraies contradictions n'y étaient pas introduites. Ainsi plusieurs ateliers insistent ( sans s'être concertés) sur l'importance d'une bonne gouvernance. Tout serait collectif mais avec des manageurs et des managés. D'ailleurs, dans le primaire, où les équipes pédagogiques sont actuellement composées d'un directeur et d'adjoints entre lesquels règne une égalité hiérarchique, on préconise de donner au directeur un statut de supérieur hiérarchique sur les enseignants. Le rôle du directeur d'école deviendrait ainsi essentiel pour diriger, évaluer et surveiller les pratiques des enseignants. Il deviendrait de fait un cadre intermédiaire chargé de montrer la voie à suivre à ceux qui aujourd'hui encore sont ses collègues et il disposerait des outils pour remettre sur le bon chemin d'éventuels récalcitrants. 

Six ateliers sur dix proposent ainsi de renforcer le rôle du directeur en lui accordant un statut spécial. Ils proposent de lui accorder différentes missions : initier et impulser les projets (qui sont pourtant censés être collectifs et provenir des besoins des enseignants et des élèves), évaluer et surveiller que chacun suive bien les recommandations, et même recruter les enseignants (pour plus de souplesse et lui permettre d'avoir une équipe soudée et adhérant au projet). Ce dernier point mettrait fin à l'équité dans le processus des mutations, le fameux "mouvement" des enseignants. Autant dire qu'il faudra être bien sage et appliquer les bonnes méthodes si on souhaite obtenir un poste pas trop loin de chez soi. Et sinon, le reste du temps ce sera la surveillance et l'évaluation permanente. Est-ce la meilleure façon de "libérer les énergies et les potentialités de chacun"? On peut en douter. Ce qui est sûr en revanche, c'est que peu oseront exprimer des doutes éventuels sur telle ou telle pratique jugée bonne par la hiérarchie.

Et tout ceci est encore plus insupportable car présenté dans une langue managériale faussement bienveillante. Exemple :

"il convient de consolider le lien d’encouragement, de confiance et d’évaluation entre le manageur et le managé, notamment en déjouant deux écueils : la fréquente péjoration de l’image du leader par le fait qu’il n’est que de passage, et le risque propre à la fonction publique qui tient à la possibilité réduite pour le chef de choisir ses équipes"

Le fait qu'un directeur (ou un chef) puisse choisir les enseignants (et donc les remplacer s'ils ne lui conviennent pas) consoliderait la confiance? L'absence de mots tels que domination, subordination ou encore peur est regrettable mais tout à fait compréhensible au vu des visées de la démarche. 

Concernant les pratiques il y en a des bonnes, n'arrête-t-on pas de nous dire dans ces notes de synthèse. Ce qui implique qu'il y en a qui ne le sont pas. Là aussi on propose de morceler encore un peu plus le corps enseignant en y créant différentes catégories. Ceux qui ont de bonnes pratiques et ceux qui n'en ont pas. Les premiers se verront dotés d'une fonction de tuteur auprès des seconds. Pour faire adhérer les enseignants on envisagera peut être une prime monétaire accolée à cette fonction de tuteur si toutefois la reconnaissance symbolique ne suffit pas. En faisant cela on crée une nouvelle couche de pseudo-cadres intermédiaires chargés eux aussi du guidage et de la surveillance. 

Pour résumer l'esprit des différents ateliers concernant cette thématique de la hiérarchie nous pouvons simplement observer ce passage qui se trouve dans l'atelier "Encadrement" :

Un leader doit manager avec des outils contemporains (collaboration, coopération, hiérarchie horizontale, agilité, confiance) et savoir conduire un groupe en mettant ses personnels en situation d’être des leaders eux-mêmes. Mais il importe, dans le même temps, qu’il sache conduire chacun à accepter la légitimité et la nécessité de la hiérarchie, trop souvent mise en cause, du pouvoir et de la verticalité qui lui sont corrélés.

Bref, chacun pourra être leader du moment qu'on respecte les décisions du vrai leader. Les enseignants pourront avec joie retrouver le goût de l'enfance en se remémorant ces instants ou leur papa les prenait sur les genoux pour qu'ils "conduisent" la voiture. Mais en créant ces fonctions de pseudo-cadres intermédiaires, le ministère offre à chacun la possibilité de prendre le rôle du papa de temps à autre, à condition de bien écouter celui qui est au-dessus. 

De plus, concernant les cadres (inspecteurs, chefs d'établissement...) les intervenants de l'atelier "Encadrement" proposent non sans ambiguïtés que ces fonctions soient exercées par des gens n'ayant jamais enseigné de leur vie. Tout d'abord ils insistent lourdement sur le fait que c'est un métier ingrat et pénible. Puis ils précisent :

"les "métiers" de l’encadrement sont en réalité des "fonctions", qui supposent la plupart du temps de renoncer au professorat. Or, les compétences intrinsèques de ce métier d’origine sont indispensables pour exercer avec succès en qualité d’inspecteur ou de chef d’établissement".

Mais leur vraie proposition arrive quelques lignes plus bas, en totale contradiction avec le constat ci-dessus :

"Les cadres administratifs de l’éducation nationale et les personnels originaires d’autres environnements professionnels peuvent parfaitement réussir dans le pilotage des politiques publiques d’éducation. Afin de leur faire toute la place qui leur revient, les voies d’accès aux fonctions d’encadrement mériteraient d’être rééquilibrées."

Mais aussi, au cas où on attacherait encore trop d'importance à la pédagogie et à la didactique dans un établissement scolaire, en conclusion de la note :

"La maîtrise didactique et pédagogique comme moteur principal du recrutement, des statuts et du pilotage à tous échelons a pu conduire à la sous-estimation de maintes autres capacités transversales qu’il s’agit de mieux intégrer. "

Gageons que ces "autres capacités transversales" sont l'écoute, le respect et la bienveillance. 

Ainsi, nous pourrons avoir des cadres qui initient des projets d'établissement, guident et évaluent les pratiques des enseignants sans forcément avoir enseigné soi-même ni ayant des connaissances didactiques ou pédagogiques solides. 

L'explication se trouve peut être dans le numérique et l'intelligence artificielle. En effet dans la note de l'atelier qui y est consacré nous pouvons lire :

"Promouvoir une ingénierie pédagogique en appui sur ce qu’apporte le numérique à une meilleure connaissance des élèves, par l’introduction de l’IA, l’analyse des traces d’apprentissage, dès la formation initiale des professeurs. Ces tâches pouvant être réalisées via ces outils numériques (personnalisation, parcours adaptatifs, …), le professeur assure des missions de transmetteur et d’accompagnant en présence de ses élèves en classe."

Transmetteur et accompagnant. L'enseignant ne serait plus chargé de construire lui-même la structure de son enseignement. La didactique serait une affaire déléguée à la machine savante qui établirait un protocole dont l'élève aurait besoin et l'enseignant se chargerait de l'accompagner. Le rôle du cadre bienveillant serait donc de vérifier que l'enseignant se contente de transmettre des contenus pensés par d'autres et d'accompagner les élèves avec le plus de bienveillance possible. Vu comme ça, les cadres n'ont effectivement pas besoin d'avoir des connaissances dans le domaine pédagogique ou didactique et les enseignants n'ont pas besoin non plus d'avoir une formation extrêmement poussée dans ce domaine ni une rémunération qui irait avec un statut d'expert. Une rémunération de transmetteur et d'accompagnateur n'a en effet pas besoin d'être très élevée. 

Pour bien huiler cette mécanique implacable nous devons justement jeter un coup d'œil à l'atelier "Revalorisation" lui-même(3). Ici, les intervenants commencent par établir qu'il doit y avoir une part fixe et une part variable. Concernant la part fixe, il nous est dit que les participants ont estimé qu'une revalorisation "sans conditions" devait avoir lieu, mais pour préciser immédiatement après qu'il y aura des conditions. Ils ont inventé une inconditionnalité conditionnée. Jugez-en par vous-mêmes :

S’agissant de la part fixe, les participants sont largement favorables à une revalorisation salariale durable de tous les personnels enseignants sans condition préalable. Toutefois dans le second degré, a été discutée dans la séance 5 la possibilité d’une « veille pédagogique » assurée par les enseignants en fonction de leur disponibilité, par exemple pour prendre en charge les élèves en cas d’absence courte d’un collègue...

Cette inconditionnalité n'a même pas tenu le temps d'un paragraphe. C'est vous dire si elle a des chances de passer le filtre de M Blanquer. 

Ensuite on nous précise que la prime pour les nouveaux enseignants (dont 69% d'enseignants ne bénéficieront pas) a été bien accueillie même si les syndicats (ceux qui sont restés) auraient préféré une augmentation indiciaire(4). Mais aussi que pour veiller à ce que cette revalorisation (mais laquelle?) soit durable on allait créer un "Observatoire des rémunérations complété par un axe bien être" 

Concernant la part variable, on applique là encore la formule "diviser pour régner". 

Tout d'abord, concernant les primes pour les enseignants exerçant en REP ou REP+ (Réseaux d'éducation prioritaires), on estime celles-ci suffisantes mais aussi qu'"il faut plus de souplesse et d’adaptabilité dans la carte des établissements bénéficiaires". Encore une fois, ça tombe bien, car tel est exactement le projet de réforme de Mme Elimas, secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire (5). En effet, en supprimant la carte des REP et en établissant des "contrats" entre les établissements bénéficiaires et les rectorats, le ministère disposera d'une carotte supplémentaire pour rendre les équipes en place dociles (6).

Enfin, apparait aussi la rémunération au mérite. Le plus difficile étant ici de "trouver des critères objectifs d’appréciation permettant une différenciation". Si je peux me permettre, le ministre devrait arrêter de tourner autour du pot et déclarer que les plus méritants sont ceux qui sont : le moins syndiqués (ou alors dans un syndicat intitulé "Avenir enseignant", il parait que ça existe!), volontaires pour transmettre et accompagner mais aussi encadrer, manager, surveiller, voire dénoncer les non-méritants. Bref, ceux qui ont le plus de open badges.(7) 

Nous ne nous attarderons pas sur les aspects les plus grotesques de cette bouillie managériale par décence et manque de temps (même si on aurait pu parler des propositions de l'atelier "Revalorisation" comme par exemple des séances de relaxation ou soutien psychologique ou encore la création d'une série "comme "l'instit" il y a quelques années"). On pourrait aussi parler du rôle des entreprises privées et des bénéfices que celles-ci pourront tirer d'un tel fonctionnement (on y trouverait les éditeurs et la fameuse EdTech (8)) mais aussi des écoles privées qui pourraient bénéficier de la réforme des REP (9) ou encore de bien autres aspects cachés entre les nombreuses lignes de ces documents mystificateurs.

Nous voyons donc comment le ministre arrive à créer une machinerie bien huilée qui lui permet de justifier ses réformes voire même de les rendre désirables à certains. 

La vraie question est que fait-on face à cela? Pensera-t-on juste à essayer d'avoir la meilleure place possible dans ce système qui en réservera quelques unes ou bien on aura une réflexion plus politisée? Celle-ci consisterait par exemple à nous demander ce qu'y deviendront nos élèves ainsi que la société tout entière. L'école à elle seule ne peut certainement pas rendre la société émancipatrice, mais elle peut y contribuer. Puisque nous devons enseigner les valeurs de la république (un atelier y a été consacré) nous pourrions par exemple nous demander ce que représente notre devise "Liberté, égalité, fraternité" dans le monde réel. Une fois que nous aurions vu qu'il ne s'agit de rien de plus que de trois noms communs nous pourrions nous interroger sur la meilleure façon d'y remettre du sens et du réel. Une régression comme celle qui s'annonce peut être une bonne occasion pour se mettre à réfléchir et à s'emparer de la politique car elle nous concerne tous. Elle est notre réalité, qu'on le veuille ou non.

 

 

 

1 - Terme animalier souvent utilisé par les responsables politiques et les journalistes pour parler des revendications salariales.

2 - Pour ceux qui ne les connaitraient pas encore : https://data.oecd.org/fr/eduresource/salaires-des-enseignants.htm

3 - Il faut préciser que les syndicats CGT éducation puis FSU avaient quitté cet atelier en cours de route pour exprimer leur désaccord avec le fonctionnement de l'atelier . Le paragraphe de la note de synthèse qui mentionne ces départs est tout à fait révélatrice :

 "il y a eu, lors des deux premières séances, un déséquilibre dans les représentations effectives des collèges, avec une sous-représentation de la société civile (élus locaux et monde économique) relativement au collège des syndicats. Le retrait de la CGT et de la FSU des ateliers au profit du seul agenda social du Grenelle a eu pour effet collatéral de rééquilibrer la composition du groupe, avec l’arrivée d’un représentant de la PEEP, d’une conseillère départementale du Cantal, ancienne professeur agrégée, puis du maire de Vannes."

En d'autres termes, il est bien plus aisé de discuter de la revalorisation des enseignants sans la présence de ceux-ci. Ca doit être ça, le fameux "dialogue social" du XXIème siècle.

4 - Mesure bien accueillie donc par ceux qui ne sont aucunement concernés par celle-ci. 

5 - Sur ce sujet : 

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2013/2013_12ReformePrioritaire.aspx

6- Ou étouffées : 

https://blogs.mediapart.fr/jadran-svrdlin/blog/251120/setouffer-avec-des-carottes-les-risques-du-metier

7 - https://blogs.mediapart.fr/pascale-fourier/blog/120720/les-open-badges-dans-leducation-nationale-le-mepris-et-le-controle

8 - https://blogs.mediapart.fr/christophe-cailleaux/blog/310520/educapital-la-pandemie-au-secours-des-marchands-deducation

9 - Comme l'affirme le secrétaire général de l'enseignement catholique lui-même :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/09/25092020Article637366162875579215.aspx

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