Voyage au bout de l'enfance par Makenzy Orcel

En avril dernier, l'association Passagers des Vents a procédé à l'inauguration de la première résidence artistique et littéraire en Haïti, plus précisément dans la région de Port-Salut, une résidence qui se veut «sans failles», dans le but d'offrir l'hospitalité aux imaginaires du monde en entier. Dans le cadre de cette expérience pilote, quatre résidents ont été accueillis pour prendre le poul de l'espace et des visages dans ce site,

En avril dernier, l'association Passagers des Vents a procédé à l'inauguration de la première résidence artistique et littéraire en Haïti, plus précisément dans la région de Port-Salut, une résidence qui se veut «sans failles», dans le but d'offrir l'hospitalité aux imaginaires du monde en entier. Dans le cadre de cette expérience pilote, quatre résidents ont été accueillis pour prendre le poul de l'espace et des visages dans ce site, situé près de la mer cristalline, loin du bruit et de la fureur de Port-au-Prince. Les quatre premiers résidents sont: la romancière Yanick Lahens, le photographe Paolo Woods, le romancier-poète Makenzy Orcel et le romancier Marvin Victor.

Une équipe de France Télévisions est venue pour le tournage, avec Christian Tortel et Jean-Pierre... Ils viennent de terminer à l'heure actuelle un documentaire de 13 min au titre: «Haiti Pays rêvé/Pays réel». Appréciez le clin-d'œil fait à Glissant, le magnifique que nous saluons au passage. Nous vous tiendrons au courant des différentes diffusions, dont une bientôt ce week-end du 14 mai dans l'hebdo Caraïbe de France Ô. «Voyage au bout de l'enfance», de Makenzy Orcel, est le premier témoignage que nous publions, un mois après cette expérience féconde. Bientôt la chronique de Yanick Lahens et celle de Marvin Victor.

Voyage au bout de l'enfance par Makenzy Orcel

Ça a commencé un 1 avril dans une petite maison à Port-Salut, un petit paradis situé à 226 km de Port-au-Prince, cette blessure béante, où flotte des tentes au-dessus des têtes recroquevillées dans leur désespoir et leur honte, où le palais danse sur le même pied depuis bientôt deux ans, et les ONG pataugeant dans leur fiction d'aides... une petite maison d'une étonnante vibration au milieu d'un beau jardin, avec des chambres qui portent toutes des noms de vents. Quand elle ne s'appelle pas Nordé elle s'appelle Harmattan, Sonde Miwa ou Brise de Mer. Avec une grande salle au milieu, comme une espèce de nombril interstellaire qui sert de points de ralliements aux passagers : Paolo Woods, Yanick Lahens, Marvin Victor, Makenzy Orcel, Christian Tortel, Jean-Pierre Magnaudet.

 

Makenzy Orcel © Paolo Woods Makenzy Orcel © Paolo Woods
En avril dernier, l'association Passagers des Vents a procédé à l'inauguration de la première résidence artistique et littéraire en Haïti, plus précisément dans la région de Port-Salut, une résidence qui se veut"sans failles", dans le but d'offrir l'hospitalité aux imaginaires du monde en entier.Dans le cadre de cette expérience pilote, quatre résidents ont été accueillis pour prendre le poul de l'espace et des visages dans ce site, situé près de la mer cristalline, loin du bruit et de la fureur de Port-au-Prince. Les quatre premiers résidents sont: La romancière Yanick Lahens, le photographe Paolo Woods, le romancier-poète Makenzy Orcel et le romancier Mavin Victor. Une équipe de France télévision est venue exprès pour le tournage, avec Christian tortel et Jean-Pierre Magnaudet. Ils viennent de terminer à l'heure actuelle, un documentaire de 13 min au titre: Haiti Pays rêvée/Pays réel. Appréciez le clin-d'oeil fait à Glissant, le magnifique que nous saluons au passage.Nous vous tiendrons au courant des différents diffusions, dont une bientot ce week-end du 14 mai dans l'hebdo Caraïbe de France Ô."Voyage au bout de l'enfance"de Makenzy Orcel, est le premier témoignage que nous publions, un mois apreès cette expérience féconde.Bientôt la chronique de yanick Lagens et celui de Marvin Victor.

 

 

Voyage au bout de l'enfance par Makenzy Orcel

Ça a commencé un 1 avril dans une petite maison à Port-Salut, un petit paradis situé à 226 km de Port-au-Prince, cette blessure béante, où flotte des tentes au-dessus des têtes recroquevillées dans leur désespoir et leur honte, où le palais danse sur le même pied depuis bientôt deux ans, et les ONG pataugeant dans leur fiction d'aides... une petite maison d'une étonnante vibration au milieu d'un beau jardin, avec des chambres qui portent toutes des noms de vents. Quand elle ne s'appelle pas Nordé elle s'appelle Harmattan, Sonde Miwa ou Brise de Mer. Avec une grande salle au milieu, comme une espèce de nombril interstellaire qui sert de points de ralliements aux passagers : Paolo Woods, Yanick Lahens, Marvin Victor, Makenzy Orcel, Christian Tortel, Jean-Pierre Magnaudet.

Une éternité qui allait durer quatre jours. Quatre jours à contaminer positivement la ville en vrais titans de l'imaginaire, à changer les questions de place comme pour bouleverser l'ordre des choses, à regarder avec les yeux du futur toutes les potentialités dont dispose un pays comme Haïti pour pouvoir le mettre sur les rails, à se positionner en écrivains par rapport à la question « que peut la littérature ? » Ce serait bête de la part des écrivains s'ils pensent qu'ils peuvent changer quelque chose avec leurs écrits, mais ce serait encore plus bête de dire que la littérature ne sert à rien.

 © Paolo Woods © Paolo Woods
Port-Salut. Deux mots aux couleurs de voyages et de lumières. Deux mots aux paysages verdoyants, aux champs de cocotiers à perte de vue, aux plages de rêves comme on n'en a jamais vu, aux enfants à qui il faut dire qu'ils sont beaux, qu'ils peuvent devenir des femmes et des hommes puissants s'ils le veulent, parce qu'ils ne le savent peut-être pas, parce qu'il n'y a personne pour le leur dire. Enfin deux mots remplis de chants d'oiseaux, d'évasions et d'éternités.

Voilà où je suis quand je suis à Port-Salut : dans un autre temps

Je me souviens plus du nom de ce grand malin qui a écrit ce magnifique vers disant qu'il faut naitre avec le chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse. Si la poésie fusionne le temps et l'espace, mais son lieu est celui de ce chaos, celui de l'enfance, parce qu'on écrit aussi et surtout de là.

Pendant tout le déroulement de cette résidence inaugurée par le comité des passagers des vents dont l'écrivain James Noel est le maître d'œuvre, l'enfance était au rendez-vous dans sa plus simple expression : j'ai souvenance du marchand de chapeaux qui avait tout bonnement laissé ce dernier partir avec ses chapeaux avec la garantie d'être payé lorsqu'il en aura ramené d'autres. Il devait passer récupérer son argent quelque part dans le quartier, chez un certain Miche Monnin, l'auteur du roman Manes Descollines récompensé par le prix littéraire Henry Deschamps, qu'il trouvera sûrement parce qu'il est très connu dans la zone pour ses actions civiques et sociales. L'acheteur, un homme aux poings chauffés à blanc, aux cheveux tirés vers le ciel comme un musicien de rock que ce marchand de chapeaux avait sans doute rencontré pour la première fois. J'ai aussi souvenance des rires d'aube de Yanick Lahens lors qu'elle s'était faite rabrouer par une de ces vagues spécialité Pointe-Sable, de la somme de Christian Tortel adossé à ce petit bateau de pêche, son képi légèrement enfoncé, les tresses de Marvin Victor qui auraient bien servi à tirer ce petit bateau en mer et envoyer le journaliste de France-Télévision balader sur l'immense route salée, s'il se tenait en place, ce petit garçon qui ne peut pas dormir seul pour des raisons qu'on ne peut citer dans un article, de l'œil espion de l'appareil de Paolo Woods qui fige tout, sauf la fameuse chute du cheval...

4 avril. Date du retour. On voudrait rester encore un petit peu, ou toute la vie si possible. C'est ce que j'ai pu lire dans les yeux de Christian à l'heure du départ, en montant dans la voiture. Sur le chemin, moi et Gaby, un jeune homme assez sympathique dont James prétend être le frère, on perdait notre temps à commenter, à se demander comme de vrais gamins qui sera le prochain président ou la prochaine présidente de la première république nègre. Sur la banquette arrière il y avait Anne, la plus grande cuisinière du monde, que je remercie au nom de tous les passagers, de plus en plus sereine, plongée dans ses profondes pensées d'octogénaire. Président ou présidente, elle n'avait rien à cirer, elle. Comme si pour elle toute cette histoire se passait sur une autre planète.

 

Port-au-Prince, le 9 avril

 

Les premiers résidents de Passagers des vents Les premiers résidents de Passagers des vents

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette initiative a reçu le soutien de l'Institut Français en Haiti et de l'écrivain Michel Monnin.

 

 

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement des activités de l'association

Passagers des Vents

 

Le vendredi 1er avril 2011, l'association Passagers des Vents a inauguré sa première residence artistique et littéraire à Port-Salut, Haïti.

À l'initiative de l'écrivain James NOËL et de la peintre Pascale MONNIN, l'association Passagers des Vents s'est créé dans un but d'animer un carrefour artistique et culturel en Haïti, où se côtoient écrivains et artistes toutes disciplines confondues, de l'intérieur comme de l'extérieurs, accueillis en résidence.

Ce projet pilote et innovant pour Haïti, souhaite répondre à un besoin urgent de rendre à la population haïtienne et plus particulièrement aux jeunes un espace qui fomente imaginaire et espoir.Cette initiative sera un moyen efficace pour inscrire la vitalité créatrice haïtienne au cœur du mouvement et des palpitations du monde. Manifester l'hospitalité littéraire et artistique à des voix issues de différents imaginaires, ne saurait que nous élever et nous conduire vers d'autres déploiements.

 

À l'occasion de l'inauguration, une résidence de courte durée (du 1er au 4 avril) a été orchestrée. Celle-ci a accueilli les romanciers Yanick LAHENS, Makenzy ORCEL et Marvin VICTOR et le photographe Paolo WOODS.Au cours de leur séjour, ils sont amenés à écrire une chronique et sont allés à la rencontre des jeunes et du club des amis du livre.

Une équipe de France Télévision, composée de Christian TORTEL et Jean-Pierre MAGNAUDET, était là pour le reportage au moment de cette session inaugurale des activités de l'association Passagers des Vents.

 

Contacts :

James Noel - jamespluma@yahoo.fr

Pascale Monnin - pascalemonnin@gmail.com

Liens utiles:

http://fokalnews.blogspot.com/2011/04/rencontre-dartistes-la-bibliotheque-de.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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