Le Théâtre des Expositions de la Villa Médicis

Manon Recordon, transformant le plafond de la loggia en écran pour une double projection vidéo © (c)Giovani De Angelis Manon Recordon, transformant le plafond de la loggia en écran pour une double projection vidéo © (c)Giovani De Angelis

Commissaire / A cura di : Alessandro Rabottini

 

Le Théâtre des Expositions a eu lieu la semaine derniere à la  Villa Médicis le 2 et le 3 0ctobre.

Il s’agit d’une série de manifestations couvrant potentiellement tous les champs de la création et de la recherche sur celle-ci (histoire de l’art et histoire de la musique), organisée avec et par les pensionnaires de l’Académie de France à Rome. Le travail de ces derniers est exposé à la perception d’autrui, sans privilège indu accordé aux seuls arts visuels : la peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo et la photographie sont exposés, mais aussi la composition musicale, le théâtre, la création littéraire et cinématographique, la réflexion d’histoire et d’histoire de l’art (y compris l’histoire de l’institution elle-même, avec ses objets concrets), voire la réflexion théologique.

C’est dans cet esprit qu’est née cette troisième édition du Théâtre des Expositions pour valoriser l’activité de recherche des pensionnaires de l’Académie de France, créant une nouvelle occasion d’ouvrir la Villa Médicis et d’inviter la ville de Rome et ses institutions à découvrir le travail de ses résidents. Cette composante interdisciplinaire, qui porte à la superposition et à l’hybridation de différents milieux culturels, constitue l’aspect le plus original du projet et peut être considérée comme un modèle pour l’activité de l’Académie de France. C’est également une nouvelle façon de faire des expositions, en cherchant à impliquer des publics variés et hétérogènes.

 Selon Eric De Chassey, directeur de la Villa Médicis, Le Théâtre des Expositions a été organisé pour permettre aux pensionnaires de la Villa Médicis de travailler ensemble, de s’exposer les uns aux autres et au public, en montrant la diversité des pratiques et des recherches d’aujourd’hui. 

Nous aurons l'occasion de revenir sur cet évènement, riche en temps forts. Pour l'instant, nous publions ce beau texte d'Anne-Camille sur "La migration des murs", une collaboration de Fanette Mellier et de James Noel.Cette publication a fait l’objet d’une lecture-scénique, interprétée par Gaïa Riposati, Mia Lecomte (la traductrice du livre en italien) et James Noël.

 

 © La migration des murs. couv:Fanette Mellier © La migration des murs. couv:Fanette Mellier

 Par Anne-Camille Charliat 

Texte poétique de James Noël
Écrivain et poète, pensionnaire à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis

Ouvrage issu d’une collaboration avec Fanette Mellier, designer et graphiste pensionnaire à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis, édité à l’occasion du « Teatro delle esposizioni » en octobre 2012.

          « Quel que grand que soit un mur, il est conduit à faire faillite en nous, à s’effondrer dans un de nos moindres tremblements intérieurs
Toutes proportions gardées, les murs ont la vie dure
Il est de toute urgence de les porter comme inquiétude, au mieux comme métaphore 
»

Déplacer les limites imposées par les murs et déployer les horizons, ouvrir des champs de réflexion et d’existence comme des éthers infinis,  telle est la force de l’écriture de James Noël dont les mots résonnent contre les stèles impérieuses, les perçant par la puissance du langage poétique, l’ardent écho de voix et de chants mêlés.
La migration des murs n’est pas un manifeste visant à détruire ce qui est construit, c’est une invitation à transcender ce qui paraît immuable et inexorable afin de créer de nouveaux espaces mobilisant notre être au monde, exaltant la vulnérabilité des murs parfois en ruines.

de gauche a droite: Gaia Riposati, james Noel, Mia Leconte de gauche a droite: Gaia Riposati, james Noel, Mia Leconte

Érigés et froids, les murs se délitent lorsqu’ils se confrontent à la virulence des mots, à l’acuité de la pensée et à la profondeur du langage s’abattant comme la foudre sur ces vastes et imposantes enceintes de silence délimitant de suffocants enclos.
Ce texte peut être lu comme un hymne à l’humanité et à la liberté contre le chaos organisé, inepte et cadastré, ressenti tel un souffle empreint de dignité pour « en finir avec l’arrogance de tous ces murs qui prennent des barbelés pour des colliers d’argent. »

 

 

Les Participants au Théâtre des Expositions:

Philippe Adam*, Noriko Baba, Nanni Balestrini, Katinka Bock*, Ulla von Brandenburg, Juan Pablo, Carreño*, Clément Cogitore*, Dario D’Aronco, Laurence Durand, Jeanne Faust, Francesco Filidei*, Giovanni Giaretta, Charlotte Guichard*, Sören Hermansson, Jacob Jessen, Jan Kopp, Mia Lecomte, Magic Malik, Fanette Mellier*, Camille Michel*, Thibault de Montalembert, Laurent Montaron*, Pascale Monnin, James Noël*, Jörgen Pettersson, Fabrice Ravel-Chapuis, Manon Recordon*, Mary Reid Kelley, Gaia Riposati, Pierre Senges*, Leilei Tian*, Olivier Vadrot*, Emmanuel Van der Meulen*

*pensionnaires de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis (2012-2013)

 

-Vous pouvez accéder aux descriptifs des différents projets disponibles ici dans le fichier word.

 

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