Histoire d'Otages et de casseurs !

Il paraît que nous sommes des otages des grévistes. Il paraît qu'il faut sévir contre les casseurs, les caillasseurs et autres vandales.

A-t-on demandé aux jeunes séquestrés pendant plusieurs heures place Bellecour à Lyon, jeudi 21 Octobre, ce qu'ils en pensaient ? A lire les témoignages bouleversants que l'on trouve sur ce site en particulier , je me suis demandé de qui on parlait car en fait d'otages j'ai compris que plusieurs centaines de jeunes dont la moyenne d'âge ne devait pas dépasser 20 ans (c'est beau d'avoir 20 ans, mais pas en prison) avait été otages des forces de l'ordre sur ordre de la préfecture de Lyon pendant 5 heures environ dans le mépris le plus total des droits élémentaires de la République et de la plus simple humanité.

Des jeunes dont certains, si j'en crois leurs témoignages accablants, bouleversants, effrayants, auront bien besoins des secours de la psychologie pour dépasser ce qui ne saurait devenir pour eux autre chose qu'un traumatisme grave. Pas de CUMP (Cellule d'Urgence Médico-Psychologique) à la sortie, pas de débriefing, mais des robotcops contents de leur sale besogne. C'est cela la République Sarkozienne, détruire le mental des jeunes, démolir la sécurité intérieure, la confiance que notre jeunesse peut encore avoir envers ses ainés, envers le pays qui les a vu grandir ?

Je trouve que cet évènement mériterait bien une bonne petite enquête de terrain de Médiapart. Dés fois qu'il y aurait quelque chose à comprendre dans ce qui relève à mon avis plus du déli d'état qu'autre chose. S'il vous plaît Médiapart, éclairez vos lecteurs sur ce qui s'est passé là, vous réduirez mon ulcère, car il faut absolument que cette honte, cette abjection, soit connue de tous, de tout les électeurs, de tous les citoyens.

Résistance contre la barbarie fasciste !

Je ne vois pas quel autre slogan je pourrais gueuler devant cet attentat d'état. C'est un Préfet français qui a ordonné le massacre des innocents. Encerclés pendant des heures, réduits à la colère. Humilées, les jeunes filles qui voulaient aller pisser et auxquelles on interdit d'assouvir ce qui est un des premiers besoins fondamental de l'homme : éliminer (confer Virginia Henderson, théoricienne des soins infirmiers). Humiliées par les rires paillards des soudards en armures qui trouvent ça franchement très drôle. Jeunes filles dont les nuits à venir retentiront longtemps des détonations des lacrimos, du vrombissement incessant de cet hélicoptère qui les a tous survolés pendant tout ce temps de rétention ; nuits à venir peuplées de matraques, de casques et de peurs, de canon à eau et de courses sans but à travers l'espace vérouillé.

Il faudrait que j'arrête mais ce que je ressens ne me le permet pas. C'est comme si j'avais été là aussi, dans ce piège. Que doit-on se dire alors, au prise avec l'incompréhensible ; impuissant à partager quelque chose d'humain avec un oppresseur dont on se met à douter qu'il n'en veut pas à votre vie, à votre corps, à votre virginité même ! Tout est-il possible ? Oui, l'histoire nous a montré qu'il y avait même un au-delà insoupçonné du possible, un outre-possible qui défait l'humain, un outre-possible qui transforme le prochain en machine à broyer l'âme.

Il faut débriefer tous ces jeunes gens comme disent les psychologues !

Un possible est de rendre très visible ce que cet état criminel leur a fait ce Jeudi 21 Octobre, place Bellecour, à Lyon, France.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.