RADIO PARIS MENT...

Édifiante, l'écoute, non pas de BFM ou de TF1, mais du "service public" à l'occasion de l'acte 11 des gilets jaunes. Incompétence ? À ce point, ce serait gravissime. Censure ou autocensure ? On peut compter sur les concernés pour protester de leur totale liberté éditoriale ; et pourtant...

Revue de détail :

Samedi 18h, France Culture : 22 000 personnes selon la police à 14h. Aucun scrupule à relayer ce chiffre sans signification autre que celle de minimiser l'importance du mouvement. Pas un mot sur les violences policières à la Bastille au cours desquelles, Jérôme Rodriguez, un des leaders des gilets jaunes, reçoit une balle de défense dans l'oeil, un événement qui s'est produit 1h30 plus tôt.

Samedi 19h, France Inter : France Inter annonce des échauffourées. Toujours 22000 manifestants avec le commentaires "très inférieure à celle de l'acte précedent". Première information sur un leader des Gilets jaunes "blessé au visage après un tir de grenade de désencerclement" (information donnée par la police qui veut ainsi donner un caractère non intentionnel à la blessure qui aurait été provoquée par un éclat) . Le micro est tendu à des manifestants qui dénoncent les violences policières, violences que le journalistes n'a ni confirmées ni commentées.

Samedi 23h, France Inter : On est passé à 69 000 manifestants; la mobilisation en "forte baisse" est devenue "c'est un peu moins que samedi dernier". On a le nom de Jérôme Rodriguez et le journaliste continue à affirmer qu'il a été blessé par un tir de grenade de désencerclement.

Dimanche 7h, France Inter : Le site internet titre "Mobilisation en forte baisse mais toujours des violences", phrase reprise par la journaliste... rediffusion du reportage de la veille dans lequel le reporter reprend la version policière du tir de grenade.

Dimanche 7h, France Culture : présenté par Sophie Delpont ; pas un mot !

Dimanche 8h, France Inter : Un léger conditionnel commence à apparaître : "Jérôme Rodriguez a été blessé à l'oeil semble-t-il par une grenade". La journaliste a visionné enfin la vidéo que tout le monde peut consulter. Mais pour elle, l'image est "floue"!!! Chacun pourra se faire son idée mais on peut au moins s'étonner que la journaliste ne soit pas capable de faire la différence entre la détonation d'un LDB et l'explosion d'une grenade de désencerclement aussi appelée, je le rappelle, grenade assourdissante. Tout le monde peut également constater qu'il n'y a qu'une détonation, simultanée avec l'éclair qui sort de l'arme, alors que dans le cas d'une grenade, il y en a deux ; une première quand elle est lancée, une deuxième beaucoup plus forte, quand elle explose.

Dimanche 9h, France Culture : reportage sur la dispersion par la police de ceux qui voulaient participer à la "Nuit Jaune". Toujours pas un mot sur les violences policières, expression qui n'est évidemment jamais utilisée.

Par contre, la manif des "foulards rouges" est largement annoncée avec interview des organisateurs. On a les priorités qu'on peut...

Suite de la revue : toujours pas un mot au journal de 12h30. Par contre les foulards rouges, oui...

Dernière minute : menace de dépublication de cet article sous prétexte de "diffamation". La liberté d'expression En Marche ?

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