Miracle ou mirage Allemand ?

Le miracle allemand dont on nous vante les qualités, est un mirage. On peut dire la même chose du modèle suédois, ou nordiques. Le renoncement à affronter la mondialisation libérale, s'est traduit par l'acceptation de contre réformes néolibérales qui détruisent le modèle social, mais aussi certaines structures économique (secteur bancaire allemand, service publics, ...).

Miracle ou mirage Allemand ?

Depuis les début du siècle, les gouvernements allemands ont modifié le modèleéconomique et social, faisant exploser le compromis social démocrate.

Tout a commencé avec les gouvernement Gerhard Schroeder octobre 1998-Octobre 2005, et son agenda 2010: flexibilisation du marché du travail, réforme des retraites, réforme du modèle économique allemand(banque et industrie), libéralisation du marché financier et renforcement du rôle de la bourse, et réforme fiscale: réduction de la fiscalité sur les plus values, baisse de l'impôt sur les société.

Ces contre réformes ont fait exploser la société allemande: explosion des inégalités , explosion du système bancaire, qui ne s'est jamais remis de la financiarisation: rupture de la banque industrie, qui  stabilisait l'actionnariat, et favorisait les financements industriels et à long terme, c'est à dire les besoins de leurs actionnaires industriels. Le résultat: disparition de la deutsche banque, faillite de la WestLB, faillite de Hypovereinsbank,  nationalisation partielle de la Commerzbank, affaiblissement des banques régionales, et affaiblissement de la Deutsche Bank, qui n'a jamais retrouvé son équilibre, pire la fuite en avant vers les marchés financiers en fait une des banques les plus fragiles de l'Union Européenne. C'est la grande  banque malade de l' Europe. La résolution de la crise Grec imposée par Merkel Schaüble  avec le soutien du gouvernement Hollande, avait notamment pour but de sauver la Deutsche Bank et les deux principales banques françaises.

Toutes ces contre réformes ont bouleversé le paysage économique et social allemand.

La peur du déclassement  résulte des dégâts de la politique économique austéritaire menée par le Duo Merkel Schäuble, faisant suite aux politiques néolibérales de Schroeder et son tristement célèbre agenda 2010, qui a produit les lois Hartz: flexibilisation du marché du travail, baisse des indemnités chômage, 1 euro job, la baisse des retraites ,qui ont créé une nouvelle catégorie d'allemands le salarié pauvre, la pauvreté touche 15% de la population active, et un enfant sur 4.

Les infrastructures publics sont réduites ou mal entretenus: fermeture de bibliothèque, piscines, crèches, services publics, infrastructure routière et ferroviaire  se dégradant. C'est  le résultat de la politique forcenée d'équilibre budgétaire qui a dynamité la structure  économique et sociale: explosion des inégalités, nombreux   millionnaires d'un coté et  une classe moyenne et populaire qui se sent menacé par le chômage, les petits boulots, la perte de revenus, et les pauvres : chômeurs et temps partiels, petits jobs.

Le patronat allemand a suscité l'AFD, dont un des membres éminents Henkel fut membre fondateur de l'AFD, pour affaiblir le parti de gauche, et détourné la colère des gens  devant la montée des inégalités, en leur expliquant que c'était la faute aux immigrés. Phénomène classique et qui marche dans de nombreux pays.

Le modèle allemand n'est pas celui qui est présenté, 51,5% de la population active travaille, (statistique due l'agence pour l'emploi Bundesagentur für Arbeit). Malgré toutes les lois pour favoriser le retour à l'emploi! En France 50,8% de la population en âge de travailler à un emploi.

C'est cela la réalité, masqué par les jobs précaires et sous payés, cette réalité n'est que rarement présentée.

Le modèle allemand n'est plus celui du compromis social démocrate , mais celui d'un ordolibéralisme pur et dur qui  crée une société à 3 vitesses, les trés riches, qui n'ont jamais été aussi nombreux, la classe moyenne et populaire salariée, menacée ou connaissant le chômage, et les précaires: temps partiel et chômage.

Ce sentiment de  déclassement les allemands de l'est l'avait vécu lors de la réunification, cela avait permis au NPD de faire une percée et au néonazisme de s'implanter durablement.

Enfin la politique étrangère de Merkel allant chercher le soutien du sinistre Erdogan amplifie le rejet de la politique actuelle. On ne peut d'un coté se réclamer de la démocratie et de l'autre faire d'un dictateur islamiste soutenant l'EI et la politique américaine dans la région.

Comme le veut l'administration américaine le gouvernement Merkel courtise les tyrans saoudiens, Qatari et égyptiens, en contradiction avec une politique respectueuse des liberté et de la démocratie.

Le miracle allemand apparait de plus en plus comme un mirage, qui au nom d'un modèle économique ordolibéral  soumet l'UE à une politique économique récessive et développant les inégalités,  tout en favorisant les grands groupes allemands qui profitent de la désindustrialisation que provoque ces politiques austéritaires en Europe. L'abandon  des compromis socio-démocrates a transformé la social démocratie en parti d'accompagnement de la mondialisation libérale. Cela vaut partout en Europe, y compris dans les pays nordiques comme la Suède.

Le résultat est la perte d'influence de ces partis de majoritaires 35% ou plus, ils sont devenus des partis minoritaires ( (20 %à28% de l'électorat en Allemagne au lieu de 30à 40%)). En Suède longtemps dominant et quasi majoritaire, les sociaux démocrates (de plus de  45% en 192, il est tombé à  31% en 2014). Cette perte d'influence a laissé le champ libre à une extrême droite (Démocrates de Suède)  qui progresse régulièrement.(13% des voix et 49 députés sur 350!

 

 

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