Mondialisation au nom de quoi ?
A la fin de la décennie 60, Alfred Grosser politologue, sociologue et historien, né en 1925 à Francfort, a publié son premier livre de philosophie politique : « Au nom de quoi ? fondements d’une morale politique, Seuil éd.1969 »
Ce livre n’a jamais été plus actuel. De quoi la mondialisation est-elle le nom ? Peut être formulée au nom de quoi la mondialisation ? Au nom de qui ?
La réponse devient un peu plus simple. La mondialisation est une idéologie qui prend ses sources dans les années trente, a pris forme avec la fondation du Mont Pèlerin en 1947 à Montreux. Son objet : » après la II° guerre mondiale, alors que beau coup des valeurs de la civilisation occidentale été menacée… 36 intellectuels la plupart économistes, et quelques historiens et philosophes furent invités par F von Hayek au Mont Pèlerin prés de Montreux pour débattre de l’état du libéralisme, au sens classique (économie classique) et l’avenir envisageable au plan des idées et de leur devenir au plan de la vié économique et politique » extrait du www.montpelerin.org/.
Pendant plus de 20 ans, ce club de réflexion et d’influences a réuni les hommes influents de la droite du centre et du centre gauche à des rencontres, financés les grandes entreprises américaines et européennes . le but : tester, affiner et diffuser l’idéologie néorétrograde, qui prit pour nom « néolibéralisme ». Un professeur de Philologie Viktor Klemperer a témoigné et analysé l’évolution, la perversion du sens des mots par le totalitarisme. Toute idéologie à vocation globalisante, totalisante s’approprie et modifie le sens des mots.
Le néolibéralisme en est l’illustration parfaite. Le nom de l’idéologie cultive l’ambiguïté avec le libéralisme du siècle des lumières, et le préfixe néo lui donne un air moderne….non de modernité. Néolibéral, pour néo rétrograde, néo droite des affaires, Contre réforme devient réforme, recul social devient refondation sociale, marché est le fétiche, TINA, il n’y a pas d’alternative, la concurrence, devient la concurrence libre et non faussée : la loi des oligarchies, la loi des plus forts des dominants, la loi de la jungle. Les conquêtes sociales sont des obstacles au marché, à la compétitivité, la modernité consiste encore une fois à inverser les rôles et le sens : les salariés qui se défendent sont des conservateurs, ils font du conservatisme, les progressistes sont ceux qui ne parlent plus de progrès, de partage de la valeur ajouté, « archaïque », comme dit Jean Pisani Ferry à Berlin en 2001 !….
Qui est derrière le Mont pèlerin, les penseurs héritiers de la révolution conservatrice allemande, les hommes de droite, la droite dure , de la droite des affaires, de la droite qui sait manipuler, jouer l’air de l’union nationale pour mener deux guerres mondiales une en 1914-18, ,l’autre en 1939-45..
Il ne s’agit pas d’une théorie complotiste, la documentation est suffisamment riche et accessible sur la toile, et la littérature scientifique : les sciences humaines.
Nous avons donc les milieux d’affaires effrayés par la crise de 1929, qui avaient recherché des solutions politiques : en Europe ce fut la montée des totalitarisme réactionnaires, le retour de l’autoritarisme, la régression et la suppression de la démocratie avec le fascisme, le national corporatisme, le nationalitarisme, le national socialisme et leurs émules.
La France connut cette période où la « réaction moderne » fut au pouvoir : la France de Vichy. Avec ses élites, ses synarques : les technocrates, qui se mirent sans état d’âme au service des dominants : l’industrie, la finance, l’administration, le retour de la droite des affaires avec Pompidou, son renforcement avec le moderne Giscard d’Estaing, en 2005, elle ,joua Balladur contre Chirac, trop modéré, trop rad soc , trop mou, le père spirituel de Sarkozy échoua. La droite des affaires dut attendre 2007 pour avoir enfin le pouvoir au nom de son idéologie et l’exercer avec une dureté avec les dominés qui n’a d’égale, que la faiblesse de ce pouvoir à l’égard des dominants, la poignée d’Oligarques et leurs amis 0,5% voire 1% de la population, mais la plus riche. Son mandant Sarkozy et sa bande Bling Bling du Fouquet’s étale son pudeur son arrogance, son admiration pour les riches, son culte du veau d’or.
La mondialisation, la globalisation, la mondialisation financière, c’est le retour de la droite dure, la droite des affaires, non à l’échelle nationale, régionale mais mondiale. Les activistes du Mont Pèlerin, voulaient remettre au goût du jour les valeurs de la civilisation occidentale : l’occident forcément chrétien, l’autorité forcément naturelle, le remplacement de cette horrible démocratie, qui avait été les narguer au cœur de la puissance montante avec Roosevelt et l’économiste Keynes.
Les même avaient jeté les bases du nouvel ordre mondial à Bretton Woods. (lire Jacques Sapir la démondialisation). Les dominants avaient senti le vent du boulet les régimes autoritaires étaient écrasés, le repli tactique vers les seuls affaires, n’empêcha le lobbying pour modifier et rendre incohérent l’esprit de Bretton Woods. (lire aussi L’Esprit de Philadelphie Alain Supiot , Seuil ed.).
« La foi dans l’infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l’échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l’exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial. » Alain Supiot
« Face à la crise globale du capitalisme… le FMI, des gouvernements ou des économistes célèbres brûlent ce qu’ils ont adoré- le marché- et réhabilitent l’état qu’ils honnissaient »…Pour sauver le système les plus combatifs des dominants réveillent de vieilles peurs : la peur de l’autre, Les guerres, font appel à la guerre : guerres civiles, guerre de religions, guerre de civilisation.
« Ces peurs ne sont que l’autre face du même mensonge… propagé par ignorance et intérêts »…. « Le mythe du doux commerce, la mondialisation heureuse,…. Devaient nous épargner »les conflits guerriers » que pensent les Irakiens, les Afghans, les Palestiniens, le peuple Israélien, les Libanais, les Kurdes, les peuples ex Yougoslaves, les africains qui fuient les guerres civiles du Congo, du Nigeria, de la Côte d’ivoire, du Nigeria, de Birmanie, … »Les puissances dominantes ont en permanence usé de la force pour s’ouvrir des marchés….Dans ce fétichisme de la mondialisation il y eut beaucoup de calculs et de mensonges3 Jacques Sapir, La Démondialisation ,Seuil éd.
Nous savons au nom de quoi et de qui : la création de valeurs pour les ré »actionnaires » et le plus grand profit des transnationales de l’Industrie, des services et de la finance et leurs alliés les politiques soumis à la mondialisation, qui vous disent, c’est la réalité, nous ne pouvons pas faire autrement, sans s’en apercevoir, certains ont repris le fameux TINA de Madame Thatcher, qu’ils raillaient alors, n’est ce pas les sociaux libéraux ou plutôt pseudos les libéraux « sociaux »…
Pour conclure et appeler au rassemblement de tous ceux qui sont les laissés pour compte : les salariés, ceux qui vivent uniquement de leurs travails, artisans, paysans, commerçants, fonctionnaires, mais aussi les PME, tous devenus les esclaves modernes des transnationales, des marchés , des marchés financiers.
La mondialisation rétrograde souhaite nous écraser, se débarrasser de la démocratie, comme leurs de ses essais en « laboratoire » en conseillant et mettant en place ce qui allait devenir la mondialisation rétrograde, la mondialisation financière.
Les idéologues et les bénéficiaires de la mondialisation rétrogrades, les oligarques et leurs serviteurs, leurs cours, n’ont de cesse de démonter l’état social, la démocratie, pour la remplacer par le nouveau scientisme, celui très dangereux des technocrates, des experts autoproclamés.
Rassemblons-nous comme l’a demandé Edwy Plenel et comme le propose la pétition contre la dictature financière : http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere-plus-de-16000.
Sinon nous risquons le scénario noir de l’après démocratie d’Emmanuel Todd :
« La désignation d'un bouc émissaire, l'ultime moyen de préserver la cohésion nationale quand les systèmes de valeur traditionnels se sont effondrés et que ne subsiste plus que la soif d'enrichissement sans limites de l'oligarchie et la crainte par celle-ci d'une révolte sociale. »
Herodote.net, présentation d’Après la démocratie d’Emmanuel Todd : Gallimard septembre 2008.http://www.herodote.net/articles/
Cela justifiera au nom de l’intérêt national, de l’unité nationale, pour sauver la patrie en danger, le ralliement des libéraux sociaux, ils veulent déjà voter la règle d’or, cette aberration et cette restriction décisive du droit des représentants du peuple de voter ou pas le budget..Cela signifiera le glissement progressif vers l’Etat autoritaire, l’état policier . Il sera trop ,tard pour se rassembler , trop tard pour avoir des regrets.
Dressons nous dés maintenant contre la droite extrême, les oligarques et leur représentant, Sarkoléon, futur Sakonochet