Debout et les ambiguïtés des médias

Tout nouveau mouvement politique de gauche antilibéral est présenté par les médias sous un angle négatif, souvent en soulevant des questions certes intéressantes, mais que l'on aimerait voir soulevée à l'égard de tout nouveau mouvement. Être contre le néolibéralisme est un gros défaut, il perturbe le jeu politique qui ne devrait opposer que le parti néolibéral et la droite extrême.

Debout et les ambiguïtés des médias

Vous pouvez lire les médias européens, français et allemands en particulier et vous trouverez toujours la même présentation de tout nouveau mouvement de gauche hostile au néolibéralisme :

-Les ambigüités sur l’Europe, les migrants ;

- La nature du mouvement ;

- son fonctionnement ; sera-t-il démocratique ?

-  mouvement « hybride » va-t-il pouvoir fédérer les espoirs d’une gauche allemande éreintée et divisée, ?

 ou relancer la concurrence entre les partis ?

-Réussira-t-il à tenir le pari du pluralisme et de la tolérance face aux sirènes du populisme ?

- sera-t-il un vrai mouvement démocratique, ou un simple instrument de pouvoir au service de… ?

Debout est un mouvement comme Podemos, comme la France Insoumise, comme Momentum qui a porté Corbyn à la tête du labour, Bernie Sanders et our revolution.

Debout vient réveiller un monde politique allemand anesthésié par la            faillite politique et électorale du SPD et des verts, qui en acceptant le néolibéralisme pour rester ou exercer le pouvoir ont abandonné leurs principes, leurs valeurs et leurs électeurs, pour se soumettre aux premiers de cordée ! Die linke comme d’autre partis de gauche reste divisée entre son goût du pouvoir et sa volonté de proposer une alternative au néolibéralisme.

Connaissant les fondateurs de debout Sarah Wagenknecht, Oskar Lafontaine, Simone Lange SPD, Ludger Volmer (les verts) nous ne voyons pas ce qui permettrait de douter de leur attachement à la démocratie et aux valeurs de la gauche, surtout si on les compare avec les dirigeants actuels du SPD et des verts, ralliés sans état d’âme au néo et à ordolibéralisme.

Affaiblir les partis que sont le SPD et les verts n’est pas un risque, c’est une chance pour la gauche. Quant à savoir si le mouvement Debout fonctionnera démocratiquement, nous ne voyons pas comment des personnalités politiques comme ceux que nous venons de nommer ne serait pas plus attaché au fonctionnement démocratique que ceux du SPD, des verts et autres partis similaires en Europe ! Qui peut oser sans rire dire que les débats au sein du PS, les votes lors des congrès n’étaient pas manipulés ? C’est pareil au SPD et chez les verts ! C’est d’ailleurs ce fonctionnement qui a permis tous les renoncements qui a conduit les dirigeants de Debout à fonder un nouveau mouvement !

Il est étonnant de voir les médias s’interroger sur les dirigeants du mouvement Debout, car lorsque  nait un mouvement aux dirigeants inconnus, ces mêmes médias lui reprochent de n’être pas crédible, puisqu’il n’ a pas rallié de de personnalités !

Quant à savoir si debout est une machine pour placer au pouvoir ses dirigeants actuels, nous hésitons entre l’envie de rire ou celle de se demander s’ils n’auraient pas mieux fait pour satisfaire leurs ambitions personnelles de se fondre dans le moule social libéral du SPD, ou écolo libéral des verts !

En fait Debout est la conséquence de l’échec du SPD, des verts et dans une moindre mesure de die Linke à répondre aux demandes des allemand(e)s.

Sur La question des migrants, il n’y a aucune ambigüité,

, Ludger Volmer s’élève contre une « tendance fatale » qui oppose deux solutions extrêmes. À savoir le maintien de frontières totalement ouvertes, défendu par une partie de la gauche et des Verts. Ou le repli sur soi à la mode de l’AfD, qui règle le problème en proposant d’expulser tous les étrangers « …  « Les partis ne doivent pas prendre les étrangers pour boucs émissaires de leurs problèmes. En matière d’asile et d’immigration, il faut simplement faire une loi qui pourra régler la plupart des cas existants »,

Faut-il rappeler que la situation actuelle en Allemagne résulte  des politiques néolibérales menées par Schroeder et son agenda 2010 (réformes de l’indemnisation du chômage, des retraites, baisse de la fiscalité des grands groupes,  fin de la banque industrie, élément central du capitalisme rhénan), poursuivies par Angela Merkel avec le SPD et les verts. Schroeder a mis fin à la social-démocratie allemande et au capitalisme rhénan, qui était différent du capitalisme anglosaxon.

Cette politique divise l’Allemagne entre l’Est et l’Ouest et les allemand(e)s entre eux, elle fait exploser la pauvreté, 16% de la population allemande est pauvre, conséquence des lois Hartz  (ex directeur des ressources humaines de Volkswagen(condamné pour corruption des syndicalistes) et conseiller de Schroeder, c’est le père des lois dites Hartz qui ont institué la précarité, les job à 1 euros et sont à l’origine de l’explosion de la pauvreté dans le pays le plus riche d’Europe et mis en place une contreréforme

 des retraites (faisant baisser les retraites de 70% du salaire à moins de 50%).

Le chômage a baissé au profit de la précarité, et ce chômage reste important 5,9% le double dans l’ex RDA, où les salaires sont très inférieurs (25%) à ceux de l’ouest, à l’allure actuelle il faudra 50 ans pour que les salaires soient les mêmes à l’est qu’à l’ouest. Les pensions sont aussi nettement inférieures, à l’est, grâce à Schroeder elles ont appauvri tous  les retraités qui gonflent les rangs des nouveaux pauvres.

Debout est dans la continuation de la lutte contre le néolibéralisme et l’ordo libéralisme qui a engendré  une Allemagne à deux vitesses, l’ex Allemagne de l’est à des salaires inférieurs de 25% (1) à ceux de l’Ouest, les pensions sont inférieures de plus de 10% et ne devraient  être au même niveau que celles de l’ouest en 2025 soit 36 ans après la réunification, le chômage est aussi beaucoup plus important prés de 11% contre 5,9% à l’ouest.

En Allemagne de l’ouest la pauvreté a refait son apparition, avec la montée de la précarité : le salariat pauvre conséquence directe des lois Hartz et de l’agenda 2010 de Schroeder, 16% de la population du pays le plus riche d’Europe  est pauvre !

C’est cela réalité allemande, tant vantée par E Macron et son prédécesseur, c’est ce modèle là qu’ils mettent en place, c’est ce modèle là qui partout en Europe est à l’origine de la renaissaznce de la droite dure et de l’extrême droite.

C’est aussi ce modèle qui en sous main met en valeur et finance les partis d’extrême droite pour assurer l’élection du moindre mal, comme chez nous l’an passé. En soutenant Macron et en appelant à voter Macron , les oligarques et leurs relais dans les médias ont installé le néolibéralisme pur et dur , autoritaire et liberticide. C’est l’honneur de la gauche restée à gauche de refuser ce choix mortifère, car au bout du compte nous avons l’autoritarisme néolibéral  qui n’a pas grand-chose à envier à celui des droites dures, qui comme les néolibéraux ne mettent pas en danger le capitalisme néolibéral.

1)Une différence considérable encore, donc, même si, depuis la réunification elle a reculé de 6 points. L'Ifo souligne cependant combien ce « rattrapage » est lent: 1,7% par an. A ce rythme, indique l'étude, il faudra attendre 2070, soit encore 56 ans pour que la différence passe sous les 10 %. C'est dire si la réunification des salaires reste encore à faire. Romaric Godin la Tribune 21/04/2016

 

 

 

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