Emmanuel Macron sans adversaires?

Le président de la République est en forte baisse, après avoir réuni au deuxième 2 votants sur 3 ; aujourd'hui un peu plus d’un français sur trois approuve sa politique ! Est-il cohérent de disqualifier sans cesse le fer de lance de l'opposition ? La vraie bataille n'est-elle pas plutôt d’offrir une alternative à la mondialisation néolibérale et au capitalisme triomphant ?

 Emmanuel Macron sans adversaires ?

Emmanuel macron n’a-t-il pas d’adversaires ? n’est il menacé par aucun mouvement ou parti ? Dit autrement la mondialisation néolibérale serait elle acceptée avec joie par les françaises et français ? Le rejet des politiques de l’union Européenne n’est il pas lié au rejet du capitalisme néolibéral et ses conséquences : explosion des inégalités, enrichissement sans limite d’une poignée de dirigeants, actionnaires et leurs alliés technocrates et politiques ?

Rappel des batailles électorales depuis 1981.

1981 la tentative giscardienne (1974-81) de néo libéraliser en douceur le pays a échoué, F Mitterrand et l’union de la Gauche l’emportent largement. La droite était KO debout, et il a fallu attendre 1983/ 84 pour qu'elle  relève la tête lors  des législatives de 1986 pour que Chirac apparaisse comme le nouveau leader de l'opposition puis devienne  le premier ministre.

La mondialisation néolibérale se met en place (Thatcher, Reagan)

1988 Mitterrand défait Chirac , la droite s'est divisée (entre droite des affaires et droite conservatrice et bonapartiste), Chirac sort affaibli, le centre a été relancé par F. Mitterrand.

1995 Chirac a été choisi par Mitterrand pour lui succéder, Balladur le candidat de la droite des affaires est battu par Chirac au premier tour, l’emporte sur   Lionel Jospin entré tardivement en campagne. (désunion du PS entre sociaux libéraux et sociaux démocrates.)

1997 Chirac dissous l’assemblée nationale, la gauche plurielle menée par Lionel Jospin l’emporte sur un programme de gauche  contre le néolibéralisme et son allié le social libéralisme.

Le néolibéralisme à la conquête de la gauche la sociale démocratie devient sociale libérale : Blair, Schroeder, la social démocratie, allemande, Hollandaise, scandinave et finlandaise, italienne (P.D.), espagnole, portugaise, et en France : Strauss Kahn et Hollande

2002 Chirac sortant, Jospin est premier ministre, opposant de gauche et centre gauche, il échoue. Jospin rejette la 3° voie néolibérale, dite sociale libérale. Chirac a freiné la mondialisation néolibérale et s’est opposé à l’administration américaine et à un retour dans l’OTAN. Chirac est réélu sur une campagne de rejet de la fracture sociale et de défense des intérêts de notre pays,

L’enracinement  du néolibéralisme et son alliance avec l’ordolibéralisme :l’Europe mondialisée.

2007 la gauche n’a pas de candidat expérimenté, Sarkozy aidé par Balladur, sous-estimé et mésestimé par la Gauche l’emporte sur Ségolène Royale affaiblie par son propre camp,

 2012 Sarkozy a échoué à néo libéraliser la France, , il se représente et est battu par le candidat du changement pour que rien ne change, pire le changement c’est la contre-réforme  Blairiste et Schroeder : Hollande. La   gauche l’emporte aux législatives et dans la foulée devient majoritaire au Sénat, et gouvernent la plupart des régions et villes.

La percée du néolibéralisme/ordolibéralisme en France :

2017 Hollande comme Sarkozy a échoué, pire il a disqualifié le PS, porte atteinte à  la gauche en menant une politique de centre droit, mettant en place une société néolibérale. Le PS explose, Hollande ne se représente pas et laisse la voie à son ex secrétaire général puis ministre de l’économie Emmanuel Macron. Ce dernier  l’emporte, la droite s’étant déchirée avant le premier tour (20%), laisse la voie libre à Marine Le Pen (21%), avec l’aide des médias pour le second tour. JL Mélenchon échoue de peu (20%), malgré la campagne de presse tous médias et toutes tendances confondues ou presque.  Seul l’Humanité a fait campagne pour lui, et quelques hebdomadaires : Politis,

Les législatives amplifient la déroute et l’explosion du PS, confirment l’enracinement du FN, l’affaiblissement de la droite conservatrice : les Républicains (droite conservatrice et bonapartiste), et comme aux Présidentielles,   la droite orléaniste et atlantiste :droite des grandes entreprises et de leurs actionnaires et leurs alliés (La REM,) obtient une majorité introuvable, la France Insoumise crée la surprise avec une 20 de députés.

Nous sommes en 2018, les oppositions sont à Gauche France Insoumise et son leader J L Mélenchon, (12% à  20%), le PC 3 à 5%(en crise), au centre gauche  le PS( 5 à 8% ( leader inconnu),  centre droit Modem et  Bayrou, ( 5 à 8%) Macron centre droit et son parti en baisse rapide ( 40% après une élection « triomphale » (66%)* contre Marine Le Pen (34%).

 Après la défaite de Jospin, et son retrait de la vie politique en 2002, la gauche n’avait ni leader ni programme. Elle a échoué en 2007. En 2008 elle n’avait pas non plus de leader incontestable, faut il rappeler la bataille entre les éléphants du PS jusqu’en 2011 !

Aujourd’hui il y a un  chef de l’opposition de gauche et au-delà  JL Mélenchon et son mouvement  la France Insoumise, le centre droit Modem et Bayrou,  et il y a une droite divisée, avec Wauquiez patron des Républicains et Marine Le Pen Rassemblement national (droite bonapartiste) Faire comme si Jean Luc Mélenchon et la France insoumise n’existaient pas, ne représentaient pas une réelle possibilité d’alternative, jouer la division de la gauche, n’est ni une stratégie cohérente, ni réaliste, ni porteuse d’avenir.

J.B

* Rappelons que Jacques Chirac avait triomphé de Jean Marie Le Pen en 2002 : 82% contre 18% !

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