mai 1981 mai 2021

Souvenirs de mai 1981 à et agonie du socialisme de gouvernement 1998 - 2017

Le 10.05.1981 :je me souviens avoir eu le résultat à la mi-temps d’un match   que nous disputions lors d’ un tournoi de Rugby à Dayton Ohio.

Le soir la télévision américaine annonçait l'arrivée des communistes au pouvoir en France, le lendemain le quotidien régional faisait mieux la France gouvernée par les communistes.

Dans le bus qui nous conduisit à notre prochain match à Cleveland, sur une quarantaine de joueurs seuls 2 ont déclaré avoir voté Giscard!

Après le match et le diner avec nos adversaires, un club très Wasp, nous avons été interpellé comment avions nous pu élire un président communiste ?

Nous avons essayé d’expliquer, souligné que les entreprises nationalisées comme Renault été très compétitives , Renault avait même racheté AMC, rien n’y fit nous avions voté communiste, la France était un danger pour le monde occidental.

Rentré à Paris , à la banque où je travaillais, une banque américaine, la très grande majorité des cadres avaient voté Mitterrand, le directeur général Américain ne comprenait pas , ces français sont un peu fou !

le congrès du parti en octobre 81 est triomphaliste, Paul Quilès   « fait allusion au cours de son discours à un épisode de la Révolution française – le 9 Thermidor – pour montrer qu’en politique il faut nommer ses adversaires, sous peine de coaliser contre soi tous ceux qui, à tort ou à raison, peuvent se sentir visés. La droite et une partie de la presse citent une phrase de son discours : « Il ne suffit pas de dire que des têtes doivent tomber, mais dire lesquelles et le faire rapidement », et lui donnent le surnom de « Robespaul ».(1)

Puis les législatifs partielles de janvier 1982 sont un échec, l’opposition de droite remporte les 4 sièges dès le premier tour.

Il y eut le long épisode de nationalisations, en particulier des banques, J. Delord ne se signala pas par sa loyauté, laissant fuiter des compte rendus secrets de la commission des nationalisations aux dirigeants de banques nationalisables !

Puis  la dévaluation, l’emprunt Mauroy, la pression des milieux d’affaires et en particulier bancaires…le tournant de la rigueur et le temps des désillusions. Il y eut de vifs débats au sein du PS concernant le tournant de la rigueur, mais la messe est dite par le Président de la république. Le parti commençait à être marginalisé.

Puis ce fut la défaite aux législatives de 1986, le changement de politique économique, avec les privatisations. 1988 réélection de F Mitterrand,  et virage au centre.

  • Ce virage au centre sera un virage à droite toute : libéralisation des marchés financiers, de 1986: acte unique européen (Art 16-4 « Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée [… Le Conseil] s’efforce d’atteindre le plus haut degré de libération possible. L’unanimité est nécessaire pour les mesures constituant un recul en matière de libération des mouvements de capitaux. ») ;
  • 1986 : loi Bérégovoy sur la dérèglementation financière (déréglementation, désintermédiation, décloisonnement, désinflation) ;
  • 1988 : la France accepte le principe de la fin du contrôle des changes et la liberté de circulation des capitaux – sans création de la moindre harmonisation fiscale européenne ;
  • 1988 : directive Delors-Lamy prévoyant la libéralisation complète du marché des capitaux pour 1990 ;
  • 1990 : forte diminution de la fiscalité sur les revenus du capital
  • 1992 : traité de Maastricht (« toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ») ;

Cette énumération à elle seule souligne la conversion de nos dirigeants de gauche au néolibéralisme.

  • Pire cela ne s’arrêtera pas là avec Lionel Jospin : 1998 : création d’un régime fiscal avantageux pour les stock-options par Dominique Strauss-Khan ;

 les deux tiers des lois de libéralisation sont le fait des gouvernements fabius, beregovoy et Jospin!

.Avec François Hollande, c’est la libéralisation du marché du travail loi El Khomri 2016,, c’est la conversion totale à une politique de l’offre, mettre l’état au services des grandes entreprises : l’état subventionne les grandes entreprises : le CICE 30 milliards par an, c’est l’accroissement des allègements fiscaux qui passent de 11 mrds à 35 mrds ! C’est la loi Santé  10 mrds d’économie, c’est une réforme des retraites en 2013, c’est la politique d’intervention militaire en Afrique, la soumission à l’OTAN confirmée, la soumission à l’ordo libéralisme du gouvernement Allemand,  c’est l’abandon, d’Alsthom à Général Electric, Technip , poursuite de la désindustrialisation.

Le pire fut que François Hollande par sa politique a permis et favorisé l'arrivée d'Emmanuel Macron néolibéral convaincu, opportuniste né, les oligopoles mondiaux et le CAC 40 sont au pouvoir depûis 2017 grâce à E Macron et à ses godillots de LaRem.

Cette faillite du Parti socialiste, est une faillite intellectuelle, morale et politique., Pourquoi sans doute par goût du pouvoir, car c’est la faillite de la social démocratie Européenne, tous les paris sociaux démocrates ont rallié le néolibéralisme au mépris de leurs électeurs, des valeurs socialistes.

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