Glyphosate le défendre grâce à une nouvelle mission d’évaluation parlementaire !

Le gouvernement Macron a demandé une rapport parlementaire à l 'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques . un rapport qui porte sur les modes de fonctionnement des différentes agences d'évaluation des produits sanitaires, au niveau français et européen. Où comment conforter l'idée que le glyphosate fait débat, car rien ne prouverait qu'il serait cancérigène!

Glyphosate :  Comment  le défendre grâce à une nouvelle mission d’évaluation parlementaire !

La Dépêche du Midi, organe officieux de la Macronie a ouvert ses colonnes dimanche 12 mai au sénateur Pierre Médieville,(UDI) de la Haute Garonne, originaire d’une circonscription à vocation agricole., et mardi 14 mai à Cédric Villani, député de l’Essonne,,  vice-président de l’ L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (1). (OPECST)

 

Pierre Médieville un des vice-présidents de la mission de l’OPECST a déclaré : « que la cancérogénicité de la molécule n'est pas démontrée par la science, mais encore qu'en l'état actuel de nos connaissances, le glyphosate est moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge". 

L’émotion suscité par de tels propos de la part d’un vice-président de la commission chargé de l’enquête parlementaire sur le glyphosate souligne si besoin était les contradictions de la politique gouvernementale. Chacun sait que le Parlement européen a voté (27.11.2017 )  l’abandon du glyphosate d’ici à 2022 ! la Commission venait d’accorder une autorisation du glyphosate pour 10 ans,  pour « faire semblant de tenir compte de la décision modérée du parlement européen », elle autorise le glyphosate pour une période de 5 à 7 ans  (2025) ! sans doute au nom du principe de précaution !

Cette commission parlementaire qui a enquêté pendant 15 mois sur le sujet a clairement pour but de justifier le choix du gouvernement de reporter l’interdiction à 2023 contrairement aux promesses du Président Macron : interdiction en 2021 ! Mais Macron « en même temps » a changé d’avis, sa capacité d’écoute des lobbies industriels est exemplaire. Tout comme son autisme aux demandes sociales.

Une commission pour justifier le report était nécessaire. Les déclarations du vice-président de la commission Pierre Médieville viennent souligner, que cette interdiction fait débat, et comme les climatosceptiques, il faut semer le trouble dans l’opinion, malgré la multiplication des études scientifiques reconnaissant que le glyphosate est cancérigène. Le groupe majoritaire LAREM par la voix de Cédric Villani ,1er vice-président de la commission d’études tente d’éteindre l’incendie dans les colonnes de la Dépêche du Midi du 14 mai.

Cédric Villani nous explique : « "Ce n'est pas un rapport sur le glyphosate. C'est un rapport qui porte sur les modes de fonctionnement des différentes agences d'évaluation des produits sanitaires, au niveau français et européen. Ce rapport rappelle ce qu'il y a dans la controverse sur le glyphosate, mais ne tire pas de conclusions sur le fond. Ce qui intéresse le rapport, c'est comment améliorer la communication, la transparence des processus, sa fiabilité, bref comment faire en sorte que les agences soient au mieux au service de la société. »

Cédric Villani nous rassure, ce n’est pas un rapport sur le glyphosate, mais sur comment noyer le poisson avec une énième étude devant montrer qu’il y a toujours débat sur la dangerosité du glyphosate !

A la question sur l’influence de Bayer Monsanto ? « Pierre Médieville s’est probablement laissé aller à exprimer des convictions personnelles » (les convictions par nature sont toujours personnelles !)

La question plus pertinente aurait été l’influence du lobby agro-industriel. Il ne faut pas faire de peine aux agriculteurs friands de glyphosate, ni à leurs fournisseurs !

Mieux tout au long de l’entretien Cédric Villani n’exprime jamais son opinion sur le glyphosate et encore moins ses convictions ! Peut être souffre -t-il d’un manque !

Ces déclarations confirment que ce rapport n’a qu’un but souligner contre toute évidence que le glyphosate n’est pas cancérigène, qu’il fait débat, mais que rien n’est prouvé scientifiquement !Pour mémoire : . La justice vient pourtant de donner raison à des agriculteurs victime de glyphosate, tant aux Etats Unis qu’en France.

En temps que scientifique, il aurait été bienvenu que Cédric Villani souligne que les recherches ( de ses confrères),  sur le glyphosate montre qu’il est cancérigène. En tout cas au nom du principe de précaution, son interdiction ne devrait plus faire débat. Cédric Villani a oublié qu’il était un scientifique, il a oublié le principe de précaution, pour laisser la place a un député godillot, chargé d’éteindre la polémique, qui gênerait la politique de Macron et de son gouvernement.

 

1°L’OPECST a pour mission d'informer le Parlement français des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d'éclairer ses décisions ! Wikipedia

 

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