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Billet de blog 17 septembre 2013

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Le théorème de François Hollande

Nous connaissons tous le théorème de Schmidt, l’ancien chancelier allemand, selon les profits d’aujourd’hui, font les investissements de demain et les emplois d’après demain.

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Nous connaissons tous le théorème de Schmidt, l’ancien chancelier allemand, selon les profits d’aujourd’hui, font les investissements de demain et les emplois d’après demain. Chacun sait que ce beau théorème est resté lettre morte. La mondialisation libérale est passée par là.

François Hollande nous explique :

Les subventions et les baisses d’impôts, et la flexibilité du marché du travail augmentent les profits des entreprises, demain elles investiront et après demain elles créeront des emplois.

La politique de l’offre considère que le travail est un coût qu’il faut réduire, les  grandes entreprises réduisent leur masse salariale, en licenciant massivement et en délocalisant. Aucune entreprise du CAC 40 ne crée d’emplois, elles en détruisent au nom de la rentabilité, ou plutôt de la rémunération du capital, toujours plus gourmand.

Alors le théorème de François Hollande est un monument de cynisme et se lit en fait comme suit :

Baisser le coût du travail à coup de subventions (100 milliards d’euro dont 25milliards (passage aux 35 heures et 20 milliards de CICE), augmente les profits : les dividendes, qui accroissent les inégalités,  précarise l’emploi et  accroissent le nombre de salariés pauvres,  les investissements se font ailleurs (délocalisations), en conséquence il faut encore réduire la masse salariale, l’avantage et qu’il est plus facile de licencier et moins coûteux  grâce à l’ANI !

Qu’un président de gauche ose se  considérer comme le président des entreprises, en dit  plus  qu’un long discours, sur la politique de ce gouvernement soumis au Medef et  aux marchés financiers. La politique de l’offre est antisociale par essence, par nature, elle s’attaque au travail considéré comme un coût, elle est donc opposée à toute augmentation de salaires, c’est l’austérité à perpétuité, la baisse des revenus du plus grand nombre assurée.

Chacun sait pourtant que seul le travail est créateur de richesse, le capital sans le travail ne produit rien.

L’avantage de la politique de l’offre est qu’elle focalise sur le travail, les cotisations sociales  et les impôts, mais oublie soigneusement d’évoquer le coût du capital, toujours plus élevé : les marchés exigent  15% par an ! Ce qui représente un doublement du capital tout les cinq ans.

Que font les entreprise de leurs bénéfices, elles le distribuent sous forme de dividendes, de salaires astronomiques aux dirigeants, de stock options, retraites chapeaux,  et rachètent leur capital, ce qui donne du cash aux actionnaires et fait monter le coût de l’action.

Que vont faire  les dirigeants d’entreprise   des subventions accordés par François Hollande ?  Elles vont augmenter les bénéfices, et cerise sur le gâteau, l’ANI, la flexisécurité (flexibilité pour les salariés,  sécurité pour les entreprises) accordée par François Hollande aux entreprises, va permettre de réduire encore la masse salariale, licenciement plus facile, cela va augmenter le nombre de chômeurs, qui ne trouveront leur salut pour les plus chanceux que dans la précarité e, ils viendront grossir le nombre des salariés pauvres.

Cette politique de l’offre est un succès pour les entreprises, une catastrophe pour l’état (moins de revenus, moins cotisations) et pour les salariés.

Comment les dirigeants sociaux démocrates ont-ils pu se rallier à une telle politique, qui est celle que conseillait Helmut Schmidt et qui a généra l’enrichissement sans fin des actionnaires sans jamais investir et encore moins créer d’emplois durables.

Le président des entreprises réussit pour le patronat et les grandes entreprises, après tout c’est ce qu’il veut. Le président des français échouent, mais au fait cela n’a aucune importance, François Hollande est avant tout le président des entreprises, parce qu’elles le valent bien !

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