Concurrence : non faussée ?
Le marché pour fonctionner doit s’appuyer sur certaines règles dont la fameuse concurrence libre et non faussée.
Qu’est-ce qui fausse la concurrence, pour l’OMC, la Commission européenne, l’OCDE, le FMI..ce sont les barrières à l’importation : taxes, réglementation, ….Tout cela concerne les biens et services en circulation.
La concurrence libre et non faussée ne concerne-t-elle que les biens et services ? Les hommes seraient-ils exclus de la liberté et d’une concurrence non faussée ?
Si la réponse est non, nous aimerions que l’on nous explique en quoi le dumping social : absence de protection sociale, salaires de misère, … ne fausse pas la concurrence, là où elle devrait aussi être une garantie pour les femmes et les hommes qui vivent de leur travail ? Où est leur liberté dans cette pauvreté ?
Le dumping fiscal ne fausse t il pas la concurrence ? En quoi la concurrence fiscale, les impôts réduits ne faussent ils pas la concurrence, les impôts et les la fiscalité indirecte servent à faire fonctionner l’état, les services publics : la justice, la police, l’armée, la santé : les hôpitaux, l’enseignement …tous les services publics.
En quoi priver un état de revenus(le dumping fiscal) lui permettant d’éduquer ses citoyen(ne)s, de leur assurer une bonne protection sociale, des hôpitaux, des soins partout, des services accessibles à tous comme la poste, les chemins de fer…ne fausse pas la concurrence ?
A moins que pour les admirateurs inconditionnels du marché les biens et services soient plus importants que les hommes et les femmes qui les produisent ?
A moins qu’en fait seul compte l’entreprise et ses propriétaires, leurs revenus ? Dans ce cas là la concurrence libre et non faussée l’est au profit d’une poignée de gros actionnaires et dirigeants et au détriment de 99% de la population.
Nous sommes en démocratie, croit on vraiment qu’un tel système est viable, sans parler de justice ? Rappelons que les états ayant pratiquer massivement le dumping fiscal et ou social sont particulièrement touchés !
La crise, qui a déferlé sur le secteur bancaire et financier, avant d’atteindre l’économie et le social dans leur ensemble, fournit une réponse claire, ce n’est pas cette concurrence libre et non faussée qui nous permettra de sortir de la crise.
La vie en démocratie suppose le respect de l’intérêt général, sinon nous ne sommes plus en démocratie.
Jean Bachèlerie