Confiance, autorité, légitimité

La République et la démocratie nécessitent la confiance entre les citoyens, une majorité d'entre eux et leur président. Un président qui impose son pouvoir, son autorité, est un président faible, l'autoritarisme est un signe de faiblesse. le président Macron confirme les craintes évoqués par les esprits lucides. Les dérapages d'E Macron cache mal, son arrogance et son mépris de l'autre.

La confiance et l'autorité:

Il n'y a d'autorité que s'il y a confiance, l'autorité ne se décrète pas,  elle s'impose par la confiance, la reconnaissance de la légitimité.

" La confiance, c’est le refus de la résignation. C’est le contraire du fatalisme, l’antithèse du défaitisme…1 »Général de Villiers

Que penser d'un président qui traite ses concitoyen(ne)s par le mépris, il y a ceux qui réussissent et les autres ce sont les riens! Cela aprés avoir traité les ouvrières de chez Gad d'analphabètes, puis les ouvriers dans le Nord de la France qualifiées d'alcooliques, les  dérapages se multiplient, et vont se multiplier. La pensée "compliquée" d'E Macron, c'est un monde divisé entre les gagnants qui ont tous les droits et les autres: les perdants, les riens auxquels il faut rappeler qu'ils ne sont rien, soumis à son bon vouloir.

le portrait de Jupiter Macron se précise un peu plus avec la crise provoquée avec l'armée. Une crise voulue par le Président Macron, pour affirmer son autorité. L'ennui c'est qu'il a surtout soulignait les faiblesses de son caractère, son incapacité à gérer un conflit. D'abord respecter la personne qui conteste sa décision, l'écouter et  la respecter et non l'humilier.

Là comme avec la Loi travail, c'est le passage en force, le bon vouloir. E Macron a oublié que l'autorité ne se décrète pas. L'autorité, elle vient du pouvoir que lui a conféré son élection. Ses pouvoirs sont définis par la constitution. User du 49.3 pour faire taire l'opposition et empêcher le débat , n'est pas faire preuve d'autorité mais d'autoritarisme. C'est faire preuve de faiblesse.

Imposer une réforme fiscale qui concerne directement  le financement des collectivités territoriales, sans concertation, aprés avoir prétendu être girondin, est en fait être un  jacobin autoritaire, c'est vouloir soumettre les régions au bon vouloir de l'état et de son gouvernement.

Vouloir imposer sans concertation, sans débat, une réforme fiscale qui va modifier en profondeur la fiscalité, c'est mépriser la démocratie, le peuple et l'assemblée nationale et le sénat. C'est encore une fois faire preuve d'autoritarisme.

Vouloir sans débat réduire le nombre des élus à tous les niveaux de l'assemblée nationale en passant par les collectivités territoriales et le Sénat, c'est encore refuser le débat et vouloir passer en force, car le président le sait, il n' a pas la légitimité, la confiance du peuple sur ces questions. Il pense tenir ainsi ces élus! Manipuler par la communication, menacer, abuser de son pouvoir, voilà Macron tel qu'il est. Un autoritaire souriant, cynique et décomplexé.

Traiter le  chef d'état major des armées comme l'a fait le président Macron, le rappeler à l'ordre, alors que la question posée par le  général méritait débat , est un nouvel aveu de faiblesse, face à une position argumentée comme pour la Loi travail, la réponse est je suis le chef, c'est moi qui décide, taisez vous. C'est de l'autoritarisme.

La présidence Macron démarre bien mal et révèle au grand jour un personnage que quelques esprits lucides avaient considéré comme dangereux pour la république et la démocratie avant l'élection. Les faits leur donnent raison.

 

Penser que la communication, la rhétorique, la menace  font un président, c'est faire preuve d'une pensée simpliste à moins que ce ne soit du mépris . Penser qu'il va pouvoir durer 5 ans sans que son autoritarisme ne provoque une crise grave c'est faire preuve d'une pensée d' arrogance .

Les conséquences sont graves, la confiance dans ce président faible dés le départ, 18% des électeurs inscrits ont approuvé son programme,  s'érode rapidement  comme en témoigne les sondages. Sans confiance, sa légitimité fragile va être atteinte profondément. L'autoritarisme est le plus sur moyen pour susciter des révoltes,  une opposition de plus en plus large, qui pourrait déboucher sur une grave crise!.

 

Comme l'écrit fort justement Jacques Sapir: "Pour la première fois, depuis fort longtemps, se pose donc la question de la « dignité » ou de la « majesté » du premier magistrat de la République. On voit ici que cette crise a partie lié aux déclarations scandaleuses du Président Macron .... Cette crise découle directement du comportement d’Emmanuel Macron, depuis sa récente élection."

Ce que le Général de Villiers appelle la confiance n’est rien d’autre que la légitimité, un principe sans lequel il n’y a plus de démocratie[6].... S’il manquait à le faire, il ouvrirait de fait une période de grande incertitude quant au fonctionnement des institutions, y compris le mandat présidentiel qui pourrait, dès lors, s’en trouver dès lors abrégé."(2)

 

1/ général de Villiers 14.07.17 Confiance

https://www.facebook.com/notes/chef-d%8Etat-major-des-arm%8Ees/confiance/1548451188570705/

2) Jacques Sapir "Cedant Arma Togae et la démission de Pierre de Villiers   "http://russeurope.hypotheses.org/6154

 

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