Le PS : les choix difficiles
Nous avons souligné l’une des raisons fondamentales de laperte de crédibilité du parti socialiste et de la social-démocratie : iln’y a pas de politique sociale possible sans remise en cause et rupture avec lapensée économique dominante : le monétarisme et la politique de l’offre.
De même la social-démocratie ne retrouvera pas sacrédibilité, et son électorat l’électorat populaire et les classes moyennes, sielle continue à soutenir ou accepter sans critique de fond la mondialisationlibérale.
La mondialisation libérale n’est heureuse que pour une infime minorité : dirigeantsd’entreprises, gros actionnaires, technocrates. Pour tous les autres elle estsynonyme de régression sociale. Les enfants des classes moyennes ne trouventpas d’emplois ou mal payés.
Le mythe d’Anthony Giddens et sa triste troisième voie,comme le mythe du programme de Lisbonne : faire de l’Europe la société dela connaissance en 2010 ont fait long feu. Tout esprit un temps soit peucritique l’avait compris, imaginer que notre société serait une société d’ingénieur,de cadres supérieurs et de serviteurs.
La mondialisation libérale signifie destruction massived’emplois dans le secteur industriel, et le secteur des services ne prend pasla relève, et derrière service il y a beaucoup de petits boulots, et peud’emplois fondés sur la connaissance.
La question des délocalisations se pose pour trois raisons,L’Europe, la France ne peuvent devenir des déserts industriels car cela signifierait perte d’indépendance,chômage massif et les délocalisationssont écologiquement couteuses en transport.
Dans le domaine agricole le même raisonnement prévaut :l’indépendance alimentaire est stratégique, la poursuite d’une agricultureintensive est polluante et importer massivement des tomates d’Afrique du nordn’a pas de sens écologiquement et économiquement parlant.
Pour briser le cercle de la concurrence fiscale et sociale,une autre mondialisation est nécessaire.
Pour revenir à un partage équilibré des richesses entre lecapital et le travail, pour sortir nos pays du chômage massif qui les affectedepuis prés de 30 ans, une autre politique économique est nécessaire, une autremondialisation est indispensable.
Pour redonner aux services publics leur rôle social, et pourstopper leur privatisation, il faut redonner à l’état un pouvoir au planéconomique et industriel. Une autre vision de la société est nécessaire,L’Europe pourrait jouer ce rôle là, la grande faute de la social-démocratie estd’avoir succombé aux délices du pouvoir en oubliant ses électeurs.
Nouvelle économie, autre mondialisation et projet de sociétéhumain, au service de l’homme et non du capital, voilà le véritable enjeu de lagauche et du parti socialiste, le cadre une autre Europe.
Retrouver une audience dans les classes populaires etclasses moyennes passe par redonner l’espoir en un avenir meilleur, un aveniroù le progrès technique n’est pas accaparé par une minorité.
Cela nous semble plus important que de savoir s’il faut desprimaires ou pas, ou s’il fait s’allier au centre ou non. Mais c’est bienprécisément ce débat qui dérange, car il oblige à faire des choix, à voir loin.
Jean Bachèlerie