Il était proposé au conseil métropolitain du 5 décembre 2025 d'approuver le budget primitif 2026 du budget principal.
J'interviens au nom du groupe écologiste :
Les élections approchent et c’est la panique ! Alors que nous sommes censés voter un budget, vous inventez la notion de « budget projeté ». Alors même que le compte financier unique 2025 n’est pas disponible, vous prétendez être en capacité de prévoir le contenu du compte financier unique 2026…
Donc, vous nous demandez de voter un budget qui ne serait pas bon puisque vous prévoyez déjà de ne pas le respecter. Et, bien évidemment, selon vous, cet hypothétique budget projeté serait bien meilleur… Mais nous n’en aurons la confirmation qu’après les élections municipales ; cela tombe bien !
Du coup, volontairement, vous mélangez tout : les chiffres du budget et ceux de votre « budget projeté ». C'est de l’enfumage. Nous sommes ici pour voter un budget et non un budget fictif et fantasmé. Nous commenterons donc exclusivement les chiffres du vrai budget et non ceux qui vous arrangent pour votre communication électorale.
Vous évoquez une stabilité fiscale sans augmentation des taux « depuis plusieurs années »… Pourquoi ne pas être plus précis ? Pourquoi ne pas dire depuis 3 ans puisqu'en 2023 vous avez augmenté le taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères de 24 % ?
À ce propos, Pierre-Paul Leonelli a déclaré, il y a moins d’un mois, dans Nice Presse (je cite) : « le montant perçu au titre de cette TEOM n’est pas versé dans le budget général de la Métropole. On ne peut pas le mobiliser pour nos autres dépenses que celles liées aux déchets. Alors quand j’entends les écologistes dire qu’on l’aurait augmentée pour financer tel ou tel chantier, je me dis qu’ils n’ont rien compris au fonctionnement de la collectivité. »
Nous sommes désolés de ne rien comprendre…
Il y a néanmoins quelque chose qui nous turlupine : la lecture de la page 73 du rapport fait apparaitre quelque chose qui ressemble à flux interne entre le budget annexe de la régie pour la gestion des déchets et le budget général de la métropole. En effet, il est mentionné que cette régie a versé 8,1 millions au budget général au titre du remboursement des charges.
Nous rappelons que le remboursement des charges de cette régie au budget principal était de 3,7 millions jusqu’en en 2023. Et ce montant a ensuite mystérieusement doublé juste après que la taxe d’enlèvement des ordures ménages a augmenté.
Les gens qui, comme nous, ne comprennent rien pourraient penser que vous avez artificiellement gonflé le montant des charges à rembourser pour ponctionner en douce 4 millions d’euros du budget de la régie au budget général, ce qui n’est normalement pas possible puisque la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ne peut servir qu’à payer le service de gestion des déchets.
En plus, comme le budget 2026 prévoit une baisse de la dette de 3 millions et qu'on pourrait penser que vous ponctionnez 4 millions de trop, les gens qui ne comprennent rien pourraient être tentés de conclure que vous parvenez à baisser la dette de la métropole grâce aux contribuables assujettis à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Dans tous les cas, selon budget 2026, la capacité de désendettement de la métropole atteindra 13,6 ans, ce qui est un niveau communément qualifié de « préoccupant ». Avec une telle durée, nous obtiendrions auprès d’une agence de notation la note « bbb+ », soit un 13/20 (il n'y a même pas besoin de passer par Klopfer).
Quoi qu’il en soit, vous prétendez (je cite) « maintenir une politique d’investissement élevée »…
Permettez-moi de vous dire que vous ne maintenez rien du tout puisque les dépenses d’équipement baissent ! Elles baissent de 65 millions par rapport au budget 2025, soit 22 % de moins (227,1 millions contre 292,2 millions). On peut même raisonner sur l’ensemble du mandat : la moyenne des dépenses d’équipement sur 6 ans était de 300 millions par an. Donc avec 227 millions, encore une fois, le compte n’y ait pas pour prétendre maintenir le niveau d’investissement.
Dans le détail, les dépenses liées à la transition écologique baissent de 12,3 million par rapport au budget 2025, soit une baisse de 16 % (on passe de 77,6 à 65,3 millions). Notons que les investissements du plan vélo passent de 3,3 millions à 2 millions, alors même que les objectifs en la matière sont très loin d'être atteints.
Les dépenses liées à l’attractivité économique diminuent de 10,1 millions par-rapport au budget 2025, soit une baisse de 33 % (elles passent de 30,6 millions à 20,5 millions).
Les grands investissements sur la voirie principale et les espaces publics baissent de 36,5 millions par-rapport au budget 2025, soit une baisse de 52,3 % (ils passent de 69,8 millions à 33,3 millions).
Quant aux dépenses liées au logement social et au renouvellement urbain, elles stagnent (elles passent de 11,8 millions à 11,6 millions) alors même que le reversement à la métropole d’une partie des pénalités SRU augmente pour atteindre désormais 6,5 millions d’euros.
Concernant le Centre des Congrès au port qui devait, aux dernières nouvelles, être amorti en 2 ans, vous me répondez aujourd'hui, par courrier, qu'il sera amorti finalement en 10 ans, à compter du 1er juin 2025 ! Or, nous ne sommes pas encore assurés que cette structure temporaire qui doit, selon le permis de construire, être démontée au plus tard le 5 décembre 2027 soit maintenue aussi longtemps.
Nous ne serons pas plus long puisque, de toutes façons, ce débat ne sert à rien : les élus de la majorité se sont engagés courageusement et avec beaucoup de dignité à voter par avance et les yeux fermés tous les budgets donc ce budget 2026 sera évidemment plébiscité.