Il était proposé au conseil municipal de Nice du 18 décembre 2025 d'approuver le budget primitif 2026 du budget principal.
J'interviens au nom du groupe écologiste :
Comme pour la métropole, vous mélangez les chiffres du budget primitif avec ceux d’un « budget projeté » aussi hypothétique que fantasmé puisque vous anticipez une exécution évidemment favorable du vrai budget...
C’est un budget trumpien, qui se situe dans une réalité alternative. D’ailleurs, lors du dernier conseil métropolitain, vous avez créé la surprise en affirmant que vous n’aviez pas augmenté la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères de 24 %, en 2023. Dans votre réalité, la délibération 21.21 dénommée « Vote des taux de fiscalité locale 2023 » du 27 mars 2023 n’existe donc pas.
Vos chiffres sont aussi beaux que faux puisque nous sommes ici pour discuter et voter les vrais chiffres du vrai budget et non ceux que vous allez présenter aux journalistes et aux électeurs.
Que disent les vrais chiffres ?
La dette baisse de 2,1 millions d'euros (de 521,2 à 519 millions d’euros), soit une baisse de 0,40 %. La capacité de désendettement atteint désormais 8,7 ans, mais cela reste en dessous du seuil d’alerte fixé à 12 ans. Nous étions passé de 16,1 ans en 2023 à 6,8 ans en 2024. Vous le dites vous-même dans votre rapport : « L’amélioration constatée à partir de 2024 se poursuit. » Il s’est passé quelque chose de particulier en 2024 ? Pas dans votre rapport qui est muet sur la question, donc pas dans votre réalité a priori… Mais dans la mienne, il existe une délibération n° 25.10 dénommée « Vote des taux de fiscalité locale 2024 » du 11 avril 2024 selon laquelle les impôts locaux ont augmenté de 19,2 % ! Et vous avez cru utile de payer le cabinet Klopfer pour constater une évidence : si on augmente les impôts, les recettes progressent et, par voie de conséquence, la capacité de désendettement de la ville s’améliore !
À ce propos, j’ai vu que le rapport du cabinet Klopfer financé avec l’agent des contribuables était utilisé dans votre propagande électorale… Mais c’était sans doute le but de cette dépense inutile. Par contre, j’ai lu avec étonnement une phrase entre guillemets : « Nice est parmi les villes les mieux gérées de France ». C’est curieux parce que cette phrase ne figure pas dans la rapport Klopfer et pour cause : ce rapport n’avait pas pour objet d’évaluer la qualité de la gestion de la ville mais uniquement sa capacité de désendettement puisque c’est ce critère, et uniquement ce critère, qui conditionne les notes attribuées par les agences de notation. Bref, encore une fois, vous vous situez dans une réalité alternative.
Comme à la métropole, vous prétendez (je cite) « maintenir un haut niveau d’investissement »… Vous avez raison d'aborder ce sujet puisque vous aviez augmentez les impôts en faisant la promesse suivante : « La politique d’investissement atteindra en 2024 un niveau inégalé pour se porter à 120 millions d’euros. » Bon, en 2024, le compte n’y était pas puisque les dépenses d’équipement ont stagné à 98,8 millions d’euros. Même niveau en 2025. Et, pour 2026, la magie de Noël n’opère pas puisque vous annoncez seulement 100 millions d’euros ! Bref, nous attendons encore le niveau d’investissement « inégalé » qui a justifié l’augmentation des impôts !
Dans le détail, les dépenses liées au verdissement de la ville diminuent de 20,8 millions d’euros par rapport au budget 2025, soit une baisse de 55,3 % (on passe de 37,6 à 16,8 millions d’euros). Dans le même temps, les dépenses liées à la prévention et à la sécurité augmentent de 3,9 millions d’euros, soit une hausse de 33,6 % (de 11,6 à 15,5 millions d’euros). C’est vraiment un budget trumpien !
Le Tableau des autorisations de programme confirme ce que l'on avait appris lors du dernier conseil municipal : la future patinoire olympique dans la plainte du Var – vous savez : celle qui ne devait rien coûter aux Niçois selon la promesse que vous avez faite il y a deux ans – coûtera aux Niçois la modique somme de 27,1 millions d’euros. Et ce n'est pas tout puisque, interrogé par mes soins lors du dernier conseil métropolitain, vous aviez répondu que la métropole allait aussi mettre la main à la poche pour financer cet équipement. Avec beaucoup de pudeur, vous n’avez pas souhaité préciser le montant de la future participation alors même que le plan de financement doit certainement être bouclé.
Quoiqu’il en soit, après le Centre des congrès au port qui devait être payé par l’ONU et qui a fini par nous couter 23,5 millions d’euros, voici un nouvel exemple d'un équipement gratuit qui coûte cher.
Bref, nous prenons acte non pas de ce « budget projeté », mais de ce budget provisoire puisqu’il a vocation à être modifié par le prochain maire de Nice.