L'État d'Israël a finalement expulsé Salah Hamouri, au mépris du droit. L'écho international de ce bannissement montre qu'Israël s'isole lentement mais sûrement dans l'opinion de ceux pour qui le caractère colonial et impérial de cet État ne fait aucun doute. Saluons le combat inachevé de Salah et de ses camarades.
La chronique de l'acharnement cruel et par bien des côtés mesquins de l'État israélien contre Salah et sa femme, est maintenant bien connue. (Voir l'article d'Alice Froussard dans Mediapart du 18 décembre). Les persécutions qu'il a subies et aujourd'hui son exil forcé apparentent Israël à un État qui transgresse les standards du droit et de la morale des gens. On dira que cela ne date pas d'aujourd'hui et ne touche pas qu'un individu. C'est vrai, mais le sort de l'individu Salah concentre, et de façon exemplaire, les manoeuvres répugnantes d'un État qui opprime un peuple, occupe un territoire et se moque ouvertersment du droit malgré l'évidence de ses crimes ( récemment l'assassinat de la journaliste Shireen Abu Akleh). Il met en valeur le courage inouï des résistants, nos frères en internationalisme, qui vivent et luttent dans des conditions qui dépendent de la violence quotidienne des contrôles, des espions (humains et technologiques ), de l'arbitraire de la menace des détentions administratives et des embarras humiliants de l'occupation illégale. Nous en France, nous pouvons imaginer ce que c'est que de vivre sous occupation. Mais notre histoire est celle aussi d'un État colonial qui a mené de sales guerres contre des résistants, traités en ce temps de terroristes, comme les résistants français l'ont été par les nazis et la presse française collaborationniste.
Mais avons-nous idée de ce que représente le poids d'un État lorsqu'il abat ses appareils de répression sur un individu ? Pas une seule fois, mais en permanence, sous toutes les formes, et avec l'avantage de la violence graduée ? Avec le retrait de la résidence à Jérusalem-Est, l'État israélien a tout simplement voulu effacer l'existence de Salah, comme le régime antisémite de Pétain a commis le crime politique par excellence de retirer la citoyenneté aux Juifs de France et d'Algérie.
Seulement, même les pouvoirs répressifs les plus impressionnants sont faibles, car là où il y a oppression il y a résistance, toujours des femmes et des hommes qui n'acceptent pas le destin qu'on leur impose et leur voix finit par avoir plus de valeur que les mensonges des occupants. L'État hébreu n'a pas été capable de produire une seule preuve de ce dont elle accuse Salah, avoir des "liens" avec le FPLP et d'être ainsi suspecté d' être un terroriste, comme le clament les sionistes d'extrême droite ici et là bas. Il est vrai aussi qu'on n'attend pas d'un État répressif qu'il dise la vérité. On dénonce sa cruelle malfaisance.
On est appelé à être solidaire de ceux qui comme Salah, luttent pour la reconnaissance de la souveraineté de la Palestine, la fin de l'occupation et de la colonisation et pour le droit au retour. Pour mettre fin à une injustice de plus de soixante-dix ans, tout simplement.
Notre pensée accompagne Salah qui retrouve une partie de sa famille et qui a été contraint d'abandonner l'autre partie. Nous lui souhaitons de reprendre des forces et avec lui, nous disons: " L'an prochain à Al Quds, à Jérusalem !".