La difficile lutte contre l'antisémitisme

Les réponses aux récents actes et paroles antisémites peuvent nous réjouir. Mais si on considère les chiffres donnés par le Ministère de l'Intérieure, il faut reconnaître qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans la lutte contre l'antisémitisme. J'avance des hypothèses discutables pour essayer d'y voir clair.

 

La difficile lutte contre l’antisémitisme

 

 

On se réjouit que la quasi unanimité des politiques ait répondu aux récentes manifestations d'antisémitisme. On passera sur les tiraillements des uns et des autres, sur leurs intentions de tirer la couverture à soi, avant les élections européennes. Mais nous ne pouvons pas ne pas regarder la réalité en face: malgré les réponses indignées, les mobilisations rapides contre les marques de racisme antisémite et contre les crimes bouleversants, malgré les rappels vigoureux des "valeurs" de la République, malgré enfin les campagnes à moyen et terme menées pour "sensibiliser" les jeunes générations et rappeler aux plus anciennes ce que l'antisémitisme a produit, la destruction des Juifs d'Europe, malgré tout cela, on vient d'apprendre que les manifestations d'antisémitisme ont augmenté (74% en 2018, d’après le Ministère de l’Intérieur) et nous avons été témoins d'une agression verbale contre Alain Finkielkraut, avant de nouvelles profanations de sépultures. Malgré le cri unanime, "plus jamais cela!", nous pouvons craindre de nouveaux actes antisémites et la persistance de ce poison dans l’opinion.

 

Qu'est-ce qui ne va pas avec la lutte contre l'antisémitisme? La question est vertigineusement difficile, mais ne pas se la poser serait une faute politique grave. Sans prétendre, évidemment, savoir ce qu’il faut faire pour arrêter ces actes et faire reculer durablement, en profondeur, la désinhibition  raciste antisémite. 

 

Dans ce qui suit je vais essayer de comprendre quelles sont les limites de la lutte contre l'antisémitisme, en avançant des hypothèses, sans doute fragiles et discutables.

1) Tout d’abord voyons comment s’exprime l’opposition à l’antisémitisme. Après des actes antisémites, on relève le même ensemble d’actions et de mesures: protestations, indignation, manifestations de l’émotion, appels à légiférer et à faire de l’éducation le fer de lance contre ce fléau, le tout soutenu par le chef de l’État, les ministres, les partis, les associations, des personnalités. Les discours rappellent les « valeurs » de la République et font appel à l’histoire de la destruction des Juifs par les nazis et leurs collaborateurs. Enfin, inévitablement, des commentateurs sont appelés pour « expliquer » l’antisémitisme, analyser ses formes et, pour la plupart, ils développent les mêmes thèmes: les effets en France du conflit Israël-Palestine, le sionisme prétendument alibi de l’antisémitisme, la confusion des « extrêmes », droite et gauche, qui se rejoindraient dans ce racisme.  

On peut déjà faire deux remarques: il a déjà été souligné que l’appel à légiférer dans ces conditions (il en est de même avec le terrorisme, les crimes sur enfants), volonté de répondre à une forte émotion, se traduit par une inflation législative, alors que le droit pénal existant suffit pour poursuivre et condamner l’antisémitisme. On attend de la loi qu’elle marque fortement l’interdit de l’antisémitisme - et de tout racisme, et qu’elle en dissuade les manifestations. Le moins qu’on puisse dire est que la menace de la loi ne dissuade pas ceux qui se livrent à ce genre d’actes. Il n’est pas facile de savoir pourquoi. Soyons pragmatiques et disons que pour que la loi joue son rôle elle doit être secondée par la police. Nous manquons de données pour savoir quelle est l’efficacité de cette dernière. En tout cas, il existe des mesures pour prévenir et mieux poursuivre les auteurs de ces actes: pourquoi ne pas installer des caméras près des synagogues, des écoles fréquentées par des élèves juifs, dans les cimetières? Plus grave, nous savons qu’il existe dans notre pays des groupes ouvertement nostalgiques du fascisme et du nazisme et qui, sans être inquiétés, peuvent célébrer le souvenir de crapules antisémites et collabo. Je renvoie à un article effrayant de France Info du 24 février, « Qui fleurit encore la tombe de Robert Brasillac, figure de l’antisémitisme français? ». 

Pour sa part, le recours à l’histoire a longtemps reposé sur cette idée qu’il suffit de rappeler l’horreur de l’antisémitisme d’État et la destruction des Juifs en Europe pour que naisse un rejet sans ambiguïté de l’ antisémitisme. On attend de l’histoire qu’elle soit, d’elle-même, éducatrice  de la conscience, de la sensibilité, de la réflexion. Confier à l’École l’éducation civique à la tolérance et au rejet de toutes discriminations et tout racisme, est sans doute une bonne chose. Mais a-t-on raison de croire que l’ antisémitisme est une affaire qui relève des opinions et qu’il suffirait de critiquer les opinions antisémites, voire de simplement les discréditer, pour qu’elles disparaissent ou du moins ne se développent pas, ne prennent pas consistance? Demandons-nous si on combat des préjugés, surtout quand ils sont criminels, en visant une « prise de conscience » . Savons-nous bien comment s’opèrent les « prises de conscience »? Les programmes de « déradicalisation » (sic!) montrent en tout cas ce qu’il ne faut pas faire. Certaines manifestations hostiles qui ont été observées le jour où à l’École, les élèves ont été appelés à marquer le rejet des meurtres à Charly-Hebdo et à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, (mais nous ne savons pas quelle fut l’ampleur de ces manifestations) montrent les limites d’ actions visant à « sensibiliser » les consciences. Ce devrait être l’occasion de ne pas penser trop vite que confier à l’École cette tâche suffit pour être à la hauteur de cette agression contre nous tous.   

 

1) La première des résistances aux mobilisations et aux actions "pédagogiques" contre l'antisémitisme et le racisme viennent de ce fait paradoxal et dont on ne voit pas d'issue:  les dénoncer revient à leur donner une visibilité publique et, compte tenu des effets puissants de la visibilité médiatique, à cause des réseaux sociaux et du matraquage des médias, leur accorder une forme de "légitimité", à donner de l'importance à des crétins. Pire encore, quand on pense que le racisme doit être réfuté, on en fait un phénomène digne d'un examen intellectuel ou moral. Pour essayer d'y voir clair, nous devrions rappeler - et tenir ferme là-dessus - que les paroles racistes, dont les antisémites, ne sont pas des opinions mais des délits. Il revient à la justice d'évaluer la gravité du délit et de punir en conséquence. Mais, il faut affirmer qu’au-delà du droit pénal, l'antisémitisme n'est pas, ne peut pas, ne doit pas être objet de discussion, qu’il faut refuser de l'élever au statut d'un objet de débat: un antisémite est un salaud et l'antisémitisme une imbécillité (cf. August Bebel, l'antisémitisme est le socialisme des imbéciles) qui se nourrit de délires sur la "race", le "sang" et le conspirationnisme qui est une forme d'affaiblissement de la pensée. Les paroles antisémites et les actes antisémites ne méritent, outre la répression, que le mépris: nous ne voulons pas vivre (parler, échanger, avoir aucun commerce) avec des racistes. Au risque de choquer, je rappelle ce que disait, à peu de choses près, le maître espion Leopold Trepper de l’Orchestre rouge: entre les nazis et nous le combat n’est pas idéologique, il est biologique.

 

Certes, on peut objecter à ce que je viens de dire qu'il serait pire d'invisibiliser l'antisémitisme, de faire comme s'il n'existait pas. En outre, si on pense qu'il est du devoir de l'école et de l'État de le prévenir et le combattre par l'instruction et l'acquisition de la pensée critique rationnelle, comment ne pas le reconnaître et éviter d'en faire un "objet" de la pensée? Il faut dire alors que ce dont il s'agit c'est d'éveiller ou de construire une conscience morale et civique propre à une société laïque où la tolérance - quelles que soient les formes qu'elle peut prendre - est le principe de la vie sociale. O, devrait dire, en conséquence, que cela impliquer d'adopter une indifférence absolue à l'égard des particularités de couleur de peau, de religion et de signes la manifestant, de cultures, coutumes, langues, des sexes et de genres. Mais alors, on voit que ce travail prend les choses de plus haut et de plus loin: il y est question du rapport égalitaire à l'autre, de l’affirmation de l’universel contre toute réduction des personnes à leur supposée appartenance à une communauté. On n’a jamais fini de commenter la devise républicaine. C’est seulement dans ce cadre que la référence à l'histoire a des chances d'être efficace. Je pense que c'est une illusion de croire que raconter la destruction des Juifs d'Europe, même renforcé par des images d'atrocités, peut changer un antisémite ou prévenir contre ce préjugé criminel. À moins d’aborder l'antisémitisme d'État nazi et pétainiste comme phénomène politique, et non comme une réalité métaphysique où se déchaînent les éternelles forces du Mal dans la « nature humaine ». La lutte contre le racisme anti-juif est politique. Il ne suffit pas de dire et répéter que l'antisémitisme est « mauvais », voire « le mal », car on ne se donne par là aucun moyen pour le prévenir et le combattre. 

Personnellement, je ne suis pas convaincu que reconnaître la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs et leur extermination soit une attitude juste, si on ne précise pas que ce fut Pétain et sa clique qui remplacèrent le régime de la République française avec sa triple devise, par celui, fasciste, de l’État avec sa sinistre devise. C’est cela qu’il faut dénoncer comme le responsable de l’ignominie de l’administration dans la persécution de nos compatriotes juifs et des Juifs étrangers: comment ce régime a-t-il élaboré ce premier crime politique que fut le « Statut des Juifs » (octobre 1941, juin 941), quels furent les intellectuels, les juristes, la presse qui le soutinrent? D’où provenait l’antisémitisme de l’ « État français » ? Comment se conduisirent les institutions de l’ »État français » (justice, préfectorale, police, gendarmerie), quelles furent les groupes auxiliaires de tueurs qui secondèrent avec zèle la police dans la traque des Juifs - zèle que nous ont rappelé les groupuscules « identitaires » qui ont aidé, en toute illégalité, la Gendarmerie dans l’arrêt de migrants dans les Hautes-Alpes en avril 2018.  Ce n’est que si cet ensemble de faits est rappelé, que l’antisémitisme est reconnu comme phénomène politique, conséquence de politiques soigneusement et systématiquement appliquées, et s’enracinant dans un terreau intellectuel et politique, se développant avec l’Affaire Dreyfus pour ressurgir avec hystérie au moment du Front Populaire, que l’antisémitisme peut être compris par les jeunes générations, et non pas si on pense avoir fait un grand geste en incriminant la continuité de l’État français, en essentialisant l’État, et pire, en essentialisant la France par cet État esssentialisé L’histoire contre les mythes. Ce n’est qu’à cette condition que l’héroïsme de ceux qui au sein des institutions ont aidé les Juifs prend toute sa valeur, contre le ressassement du Chagrin et la pitié, qui arrange bien les collabos et les antisémites. On attend que l’École glorifie, à côté des Résistants, ceux qui ont désobéi au sein de l’administration collaborationniste. 

 

 

2) À côté de la banalisation et de la perverse légitimation du racisme, il est possible que la résistance d'une partie significative de la population aux protestations contre leurs manifestations, soit du même type que le discrédit qui frappe la « classe politique », la France « officielle », les « élites », les « médias ». Les messages des politiques et des médias sont disqualifiés proportionnellement à la disqualification (méfiance, rejet, hostilité, haine) qui affecte tout ce et tous ceux qui sont tenus pour responsables de l'état du pays et qui sont suspectés de mentir, de manipuler l’opinion ou d’avoir une indignation sélective. Si cette hypothèse est juste, on voit qu'on se trouve devant une crise de la parole publique qui affecte les maîtres-mots de notre tradition politique libérale et démocratique, démocratique et révolutionnaire. Est significatif le contraste spectaculaire entre les phrases bien construites qui dénoncent la "peste" antisémite, qui utilisent des mots attendus et qui reviennent inlassablement ("barbarie") et les aboiements de ceux qui ont apostrophé Alain Finkielkraut. D'un côté un discours, de l'autre des mots-coups; d'un côté le rappel d'abstractions et de symboles censés être au fondement de notre identité nationale, de l'autre des incriminations (« sioniste ») et l'exclusion (« à Tel-Aviv! », sic!) et la déchéance de nationalité (« ici c'est la France »). Indépendamment de la violence de ces propos, nous devons, quelle que soit notre répugnance, y reconnaître le point sur lequel l’affrontement politique peut être mené, car ce point est politique. Ce discours consiste à dire: « Nous sommes la France, et à ce titre nous avons le droit de décréter qui est dedans et qui est dehors, de tracer la délimitation entre ce qui est intérieur et ce qui est extérieur à la nation ». L’affrontement est entre deux idées de la nation et ce combat n’est pas mené par les plus haut responsables politiques. On voit ici comment les initiatives irresponsables d’agiter « l’identité nationale » (Sarkozy et Macron qui a fait marche arrière …) ont fini par miner toute parole directe et vraie. Et là nous passons au troisième problème.

 

3) L’antisémitisme qui motive et soutient les paroles violentes contre Alain Finkielkraut est évident.   Comme dit plus haut, elles ne méritent aucune considération autre que la justice. Comment alors « réagir »? En repérant l’idée politique qui s’exprime et en se demandant si les dénonciations sont à la hauteur de ce qu'il faut répliquer à cette idée politique. Cette idée est celle de la nation, incontestablement proche de celle que défend l’extrême droite en Europe. Cette extension en Europe confère à cette idée une respectabilité à laquelle il faut répondre. Si on ne répond pas politiquement, si on n'expose pas une autre conception de la nation, on laisse se diffuser dans l'opinion une conception de la nation qui repose sur l'exclusion de ceux qui sont considérés comme lui étant par essence étrangers. Aujourd'hui les Juifs, ou les sionistes (qu'est-ce que cela signifie?), demain les musulmans, ensuite les non catholiques, les athées? Or je me demande si notre gouvernement a une idée claire de ce que doit être la nation dans le cadre de l'UE, comment articuler citoyenneté et nationalité, comment affirmer une laïcité d'inclusion et non d'exclusion. En fait j'en doute fortement. Il faudrait affirmer que la nation française est celle de tous ceux qui y vivent et y travaillent, que ce n’est pas une clôture « culturelle » ou « religieuse » qui dit où elle commence et finit, qui elle inclut ou exclut. Ce qui la constitue est le mouvement incessant de reconnaissance de l’égalité qui se réalise d’abord par la citoyenneté pour qui est indifférent toute différence. Il faut se battre intellectuellement pour dire que c’est cette nation que nous voulons, sans se laisser intimider par l’extrême droite.

4) Enfin il faut parler des confusions de notre Président qui se retournent contre les intentions affichées de la lutte contre l’antisémitisme. Je relèverai deux confusions. Première: en associant systématiquement le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu aux protestations contre l’antisémitisme en France, il « dénationalise » la lutte contre lui, il « dénationalise » les Juifs de France. Que certains d'entre eux fassent de leur judéité un trait qui les rattache à l'État israélien comme d'une puissance protectrice, est leur affaire, bien que regrettable. Qu'en outre ils se sentent tenus, pour les mêmes raisons, de défendre la politique du gouvernement israélien, cela est leur affaire et ne doit pas regarder l'État laïque français. Mais en faisant de Netanyahu le chef des Juifs du monde, Macron cautionne non seulement une réalité que beaucoup de Juifs en France ne partagent pas, mais il cautionne la décision récente de réserver aux seuls Juifs l'appartenance à l'Etat israélien, qui est une décision franchement ségrégative (et qui encourage le racisme anti arable répandu en Israël). Deuxième confusion: j'irai vite puisque cette scélératesse a été déjà parfaitement dénoncée; il s'agit d'inclure « l’anti sionisme » dans l'incrimination d'antisémitisme. Je préfère souligner que cette inclusion mélange deux choses absolument hétérogènes. Le sionisme est une doctrine, qui a comporté dans son histoire des variantes et des ruptures, et qui est utilisé comme instrument idéologique pour justifier des politiques de colonisation et d’expansion, lesquelles signent « la fin du rêve sioniste » ( cf. Jean-Pierre Filiu, Main basse sur Israël. Netanyahu et la fin du rêve sioniste, La Découverte) La critique du sionisme se situe sur le plan de la doctrine et de la politique, chose évidemment légitime et partagée par de nombreux Israéliens et Français juifs et non juifs. L'antisémitisme relève d'un plan tout à fait différent, comme je l’ai avancé, et en les reliant on criminalise l'exercice légitime de l'examen critique; on insulte les opposants à la politique du gouvernement israélien et on donne raison aux antisémites: la politique israélienne est une politique juive! On peut s'étonner du renfort inespéré que des politiques, sincèrement hostiles à l’antisémitisme, apportent à l'un des fondements des fantasmes racistes: la « race », la religion expliquent une politique  … 

Or il est urgent de traiter, de parler d’Israël de façon séculière, ce qui signifie que l’État israélien est un État comme les autres, susceptible des mêmes jugements que ceux qu’on porte sur la politique des autres États. En 2008, Mahmood Mamdani dans Good Muslim, Bad Muslim, réclamait qu’on mette fin au cultural talk (bavardage sur la culture) pour affronter le terrorisme islamiste comme question intégralement politique et non manifestation de la « culture » islamique ». On devrait renoncer au religious talk (bavardage sur la religion), c’est-à-dire ne pas accepter de se placer sur le terrain des fanatiques religieux, qu’ils soient Musulmans, Chrétiens ou Juifs. Juger politiquement est tout autre chose que faire un travail de science sociale ou politique, où la prise en compte du religieux s’impose souvent. En politique, seule la référence au sionisme est pertinente quand les dirigeants israéliens le brandissent pour justifier leur politique. Rappelons que le sionisme a été fondé pour répondre à l’antisémitisme en Europe centrale et orientale et en France (l’affaire Dreyfus), pour lui opposer un projet politique. C’est brouiller la lutte contre l’antisémitisme que d’y compromettre la critique du sionisme.

Il est nécessaire de faire comprendre qu’on peut critiquer Israël, en étant indifférent au religious talk, qu’on peut être Juif et être hostile à la politique désastreuse d’Israël, qu’on peut être Juif et anti sioniste, qu’on peut aimer ce pays et ses habitants et militer pour le BDS. Les confusions crées par le Président Macron, après ses prédécesseurs, n’y aident  pas. 

L’exercice est terriblement difficile, mais il faut l’engager: lutter contre le racisme et l’antisémitisme doit être politique, sans leur faire l’honneur d’une reconnaissance. Pour cela il faut non pas leur « répondre », mais affirmer fortement, c'est-à-dire avec des actes politiques, une idée de la citoyenneté et de la nationalité rigoureusement laïque et séculière, une citoyenneté ouverte, en constante reconfiguration. Ce n’est pas la direction que prennent la plupart des partis politiques et le gouvernent avec son Président. 

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