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Billet de blog 24 juin 2018

300 jours en prison pour Salah Hamouri.

Après 300 jours d'incarcération, à la fin de ce mois, Salah Hamouri devrait retrouver la liberté. Mais rien n'est moins sûr. À la détention s'ajoute l'incertitude complète sur son avenir proche. Pendant ce temps, l'Élysée reste muet. Or, Salah Hamouri est un prisonnier politique.

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À la fin de ce mois, Salah Hamouri devrait retrouver la liberté. Mais rien n'est moins sûr. À la détention s'ajoute l'incertitude complète sur son avenir proche. Combien faudra-t-il de mois pour qu'en France les autorités montrent qu'elles font et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir sa libération? Ne l'ont-elles pas fait auparavant pour d'autres concitoyens pris en otage ou incarcérés par des polices?

Que se passe-t-il avec  Salah Hamouri? Depuis son arrestation, sa famille, son Comité de soutien, ses camarades de résistance, ses amis ont insisté fortement sur l'arbitraire que constitue la "détention administrative" (DA). Nous avons souligné le déni de justice que celle-ci représente pour Salah. Nous avons fait remarquer le mépris dans lequel les autorités israéliennes tiennent la France. Salah Hamouri a bénéficié de l'aide consulaire, chose tout à fait normale. Le gouvernement français a émis des déclarations s'émouvant du sort fait à notre compatriote et, finalement, demandant sa libération. Puis, silence, la femme de Salah attend d'être reçue par le Président Macron, celui-ci reçoit à Paris Netanyahu, trois fois depuis son accession à la présidence, et rien. On nous dira que des discussions existent, mais que pour qu'elles soient efficaces il faut maintenir une certaine réserve. Admettons. Mais trois cents jours de détention, ce n'est pas rien, pour lui qui est totalement innocent des charges, officiellement non communiquées, qui pèsent contre lui, pour sa femme et leur petit garçon, pour ses parents et amis. 

Or, il faut cesser de dénoncer son incarcération à cause de son arbitraire. Car objectivement il est un prisonnier politique en Israël. Prisonnier pour ce qu'il pense, ce qu'il fait, ce qu'il veut pour les Palestiniens. Rien de ce qu'il fait n'est illégal, y compris dans un pays de colonisation et d'occupation. Soucieux de donner l'impression qu'il respecte les formes du droit et des droits, l'Etat israélien agit par la menace et le chantage, laissant planer sur les militants l'épée de Damoclès de la DA et, de ce fait, criminalisant les luttes sociales et politiques.

Prisonnier politique, Salah est également privé de droits relevant des droits humains: vivre en famille, avoir droit à un procès équitable et public, travailler dans son pays de résidence, jouir des diplômes acquis, etc., etc.

C'est maintenant non une victime d'une mesure d'exception scandaleuse (la DA), mais un prisonnier politique et un individu privé de ses droits humains dont la France doit exiger la libération sans condition ainsi que le droit de sa femme et de son fils de le rejoindre et agir pour cela. Le gouvernement pourrait, pour commencer, prendre l'initiative d'une campagne dans les grands médias, rappelant chaque jour le nombre de jours qu'un  Français a passé en prison pour ses idées.

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